• 2022, ou 2021 ? Imaginons... (eva)

    ATHENA-DEFENSE

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    T 80 Russe

    Et si l'apocalypse l'an un n'était plus une hypothèse  ?

    8 4 21 https://www.athena-vostok.com/et-si-lapocalypse-lan-un-netait-plus-une-hypothese-1?btm_medium=email&btm_source=notifications&trck=notif-12938563-1456088-12HJu

     

    L’année 2022 était largement entamée, l’ensemble du Moyen-Orient et de l’arc méditerranéen avait basculé dans le chaos. L’armée russe après une campagne éclair occupait l’ensemble du Donbass, les oblasts de Donetsk et de Louhansk et la partie est de l’Ukraine. La maitrise du ciel ayant été acquise par des bombardements préventifs et ciblés, l’aviation ukrainienne avait été soit détruite soit clouée au sol, soit paralysée par des attaques électroniques.  

    Les colonnes blindées appuyées par une artillerie pléthorique et puissante, par des essaims de drones tueurs et des munitions rodeuses et préalablement éclairées par des éléments spetsnaz, s’étaient arrêtées à une soixantaine de kilomètres de Kiev sur une ligne approximative passant par Chernihiv – Brovary- Uman et Odessa. 

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    T 64 Ukrainien

    L’Occident avait réagi en envoyant une série d’ultimatum à Moscou pour faire cesser son avancée et avait menacé d’une frappe nucléaire sur les éléments de commandement russe qui avait immédiatement répondu que toute frappe nucléaire serait suivie de riposte de même niveau sur le territoire européen.  La Chine, dans l’attente d’une analyse plus poussée de la situation, avait assuré, à titre provisoire, de sa neutralité.

    L’état d’urgence avait été décrété par l’ensemble des pays européens, rendant impossible les mouvements sur les territoires et toutes les liaisons aériennes furent interrompues. Les super- marchés, les pharmacies, les commerces de vêtements chauds étaient pris d’assaut par des populations apeurées et de nombreux pillages et incidents graves étaient signalés un peu partout dans les territoires. 

    La Turquie avait décrété la mobilisation générale, les réservistes avaient été rappelés partout en Europe et les troupes placées en alerte maximale.

    Ainsi, la Russie avait franchi la ligne qu’elle s’était fixée, répondre aux provocations occidentales et donner suite au feu vert donné à l’Ukraine pour son entrée dans le saint des saints, le graal des pays faibles, l’OTAN. Certains se demandaient si la crise sanitaire du covid qui avait duré plus de deux ans et dont les conséquences sociales étaient catastrophiques n’étaient pas un élément déterminant pour précipiter ce monde dans le chaos.  

    Plus localement, l’Ukraine avait crié à l’agression tout en ayant répondu à des « provocations » russes dans le Donbass et détruit en vol un Sukoï russe qui aurait violé l’espace aérien et en mer Noire un navire hydrographique russe aurait été coulé au large de la Crimée  par un missile à l’origine non identifié.   

    Une division blindée de la garde était déployée à la frontière géorgienne au sud. L’équivalent d’une armée blindée, la 3° armée de choc récemment recréée en souvenir de la grande guerre patriotique et de sa présence en RDA jusqu’en 1992, menaçait la Roumanie et la Moldavie à l’ouest si celles-ci ne se retiraient pas de l’alliance atlantique à laquelle elles avaient adhéré, l'une en 2014 et l’autre en 2018.

    La Chine profitant du déséquilibre à l’ouest avait prononcé un ultimatum contre Taïwan après la reprise en main de Hong Kong et avait débarqué sur les îles Spratleys, les îles Paracels, les îles Pratas, le récif de Scarborough et le banc Macclesfield en mer de Chine.

    En Roumanie, les renforts américains affluaient dans le port de Constanta. La Pologne avait mobilisé en masse et réclamait à cor et à cri un débarquement américain.

    La France, comme l’Allemagne avaient décidé d’envoyer chacune une brigade blindée en Pologne en puisant sur ses maigres réserves et une escadre de bombardiers et d’intercepteurs sur les bases de Gdynia et d’Olsztyn en Pologne. 

    A l’Assemblée nationale française, l’opposition qui avait participé à l’affaiblissement des armées françaises demandait pourquoi nous ne possédions qu’un seul porte-avions et de 6 sous-marins d’attaque nucléaire, 4 opérationnels en réalité, l’un étant en arrêt technique majeur et l’autre en cours de reconstruction.

    Le chef d’Etat-major des armées avait démenti la rumeur selon laquelle à cause de ruptures d’approvisionnement en munitions et en missiles ainsi qu’en pièces détachées une partie du potentiel des armées était inopérant. 45 pour cent des intercepteurs, hélicoptères de combat et chars étaient soit cloués au sol soit indisponibles. Pire encore, on prenait conscience de la faiblesse de nos effectifs et de nos moyens. Aucun pays européen n’était à l’abri d’un raid aérien massif mixtes missiles, bombardiers et drones tueurs.

    Au large de Brest, on signalait un essaim de sous-marins nucléaires d’attaque russes dont la mission évidente était de paralyser la sortie de nos SNLE démontrant ainsi notre faiblesse en nombre de frégates anti-sous-marines et anti-aériennes.

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    SNLE français 

    La base de l’île Longue abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Force océanique stratégique.© ARCHIVES OUEST-FRANCE/THIERRY CREUX 

     

    La situation en Allemagne était similaire, tout comme au Benelux. Seule l’Italie parvenait à maintenir en Méditerranée un semblant de puissance navale mais des manifestations pacifistes poussaient à la neutralité, à Rome, Milan et Turin.

    Les Etats-Unis débarquaient des renforts en matériels et en logistique à Gdansk. En représailles, la Russie avait décrété la moitié de la mer Noire comme zone exclusivement réservée au déploiement de sa flotte et le Bosphore comme zone de libre accès. Toute tentative de contrôle du Bosphore par l’Otan serait considérée par la Russie comme casus belli.  Les navires américains, britanniques et turcs se croisaient donc en Mer Noire avec le risque constant de déclencher des incidents majeurs.    

    L’Allemagne, après de nombreuses controverses, avait décidé d’augmenter son budget de la défense à 2,5% du PIB tout comme la France, l’Espagne et l’Italie, ce qui était un leurre compte tenu de l’effondrement du PIB de l’ensemble de ces Etats et de toute façon beaucoup trop tardif.  La Grande-Bretagne avait demandé aux EU de déployer des missiles nucléaires tactiques sur son sol et ouvert ses bases aux B52.       

    Les faucons du congrès américains appuyés par William Joseph Burns, le tout nouveau patron de la CIA nommé par Biden, et les lobbies de l’armement poussaient à crever l’abcès en entrant dans une confrontation majeure en Europe.  A la Maison Blanche, on soufflait le chaud et le froid tout en estimant la situation proche du cataclysme ultime.   Le monde occidental prenait conscience de sa faiblesse, l’apocalypse l’an un n’était plus une hypothèse.

    L’agit-prop, les attaques informatiques menées par des hackers, les fausses informations, la logorrhée des chaines d’information en continue, prenaient le pas sur toute tentative d’analyse objective de la situation.

    Le monde politique était partagé entre les radicaux prêts à l’affrontement, les conciliateurs tenant du règlement diplomatique envers et contre tout et les analystes conscients de notre incapacité à tenir plus de huit jours si une affrontement majeur devait avoir lieu.

    Parmi ceux-ci de nombreux généraux tenus au devoir de réserve mais qui en aparté confiaient leur désarroi.

    D’ailleurs, les sondages non diffusés en France indiquaient que le pourcentage de  partisans russophile comprenant ou excusant, voire encourageant l’intervention de Poutine était à 50%, et de 15% en Allemagne.  

    En pleine campagne présidentielle, Marine Le Pen jouait la carte de l’apaisement et Macron, en qui plus grand monde n’avait confiance depuis les déconvenues de la lutte contre la covid, s’agitait en faisant croire à son influence tout en se rangeant derrière l’Allemagne, payant ainsi ses reculades incessantes au nom d’un européanisme sectaire déconnecté du monde réel.    

    Après 74 ans de guerres et de conflits périphériques incessants et d’illusions de paix en Europe, la situation chaque jour filait vers la chute d’un empire en lambeau,  dont cette fois-ci le monde occidental ne pourrait se relever.

    L’Asie et le monde arabo-musulman attendaient sa revanche, nous étions mûrs pour cette disparition que certains appelaient de leur vœux.

    Et puisqu’il fallait mourir que cela vienne vite !

    Une frange infime de la population se préparait à la résistance….

    A suivre.

    Je rappelle que l'objectif de mes billets est celui de provoquer le débat, en respectant l'opinion de chacun.  Cela est respecté dans 99% des cas. Je vous remercie tous de continuer dans ce sens. R.Pi


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    Des Balkans à la Baltique: faut-il s’attendre à un conflit Otan-Russie?

    Par Alexandre Lemoine

    Mondialisation.ca, 12 février 2021
    Observateur continental

    Région : États-Unis, L'Europe, Russie et CEI

    Thème: Guerre USA OTAN, Militarisation


    Cette année, deux machines de guerre gigantesques, l’Otan, d’une part, et la Russie et la Biélorussie, d’autre part, entreront en mouvement pour s’élancer l’une en direction de l’autre pratiquement de front. Ce scénario militaro-politique dans littéralement quelques mois est déjà exposé dans les plans des QG des dizaines de pays, et il est pratiquement inéluctable.


    Le général américain Tod Wolters, commandant des forces de l’Otan en Europe, a fait part de l’envergure des manœuvres prévues – Defender Europe 2021.


    Les plus importantes manœuvres de l’Alliance en 2021 se tiendront en mai-juin sur le territoire de 12 Etats des pays baltes au nord jusqu’à la péninsule des Balkans au sud. A Defender Europe 2021 participeront près de 31.000 hommes de 26 pays membres et partenaires de l’Otan.


    En prévision des exercices les Etats-Unis projetteront un grand contingent depuis la partie continentale du pays en Europe.


    Selon le plan initial, ces exercices devaient être d’une moindre ampleur compte tenu des manœuvres Defender Pacific 2021 prévues pour cette année dans l’océan Pacifique. Le report de ces dernières à 2022 a permis d’accroître le nombre de participants européens aux exercices Defender. De plus, à cela a contribué la décision d’annuler le retrait d’Allemagne de 12.000 soldats américains.


    De leur côté, Minsk et Moscou ont déjà entamé la préparation des manœuvres stratégiques de commandement conjointes Ouest 2021 sur le territoire biélorusse.


    Trop de choses montrent que nous n’assistions à rien d’autre qu’au scénario le plus probable d’une grande guerre sur le continent. En d’autres termes, d’une Troisième Guerre mondiale.


    Le journal polonais Polityka dans un article intitulé « La Pologne devra maîtriser ses nerfs en observant la confrontation entre l’Otan et la Russie » écrit à ce sujet ceci: « Defender Europe 2021 et Ouest 2021 vont pratiquement s’effleurer. Et bien qu’on les qualifie de « simples manœuvres », comme nous l’avons déjà vu, elles seront orientées sur des ennemis concrets. Les Etats-Unis avec l’Otan s’entraîneront forcément une nouvelle fois à défendre le flanc Est contre la Russie, alors que cette dernière avec la Biélorussie préparera un exercice de contrattaque ».


    Comment les généraux des deux côtés perçoivent-ils le scénario de ces activités gigantesques de par le temps et l’espace?


    L’Otan a l’intention de placer ses troupes en état d’alerte en mai et en juin. Du moins, dans un premier temps les principales activités, telles que Bruxelles et Washington les imaginent, se dérouleront en Europe de l’Est au bord de la mer Noire et de la Méditerranée. Dans ce cas, il serait logique de supposer que la mèche de la Troisième Guerre mondiale serait allumée par l’Ukraine, qui se consume depuis longtemps.


    La veille ou immédiatement après le début des événements tragiques les Etats-Unis entameront la projection de leurs forces par l’aviation et la mer (via la Grèce et les ports dans la mer Adriatique) dans les Balkans: en Croatie (le polygone de Slunj), en Bosnie-Herzégovine (polygone de Manjaka) et en Macédoine du Nord (polygone de Krivolak). Une partie des exercices est également prévue au Monténégro, au Kosovo et en Albanie. En Bulgarie et en Roumanie auront lieu des manœuvres de défense antiaérienne et des tirs de missiles sol-sol. Une grande partie des manœuvres se déroulera en Hongrie, qui servira de ligne arrière de la « guerre ».


    Avec les troupes des alliés de l’Otan, au sud du continent, aux exercices participera la 82e division aéroportée des Etats-Unis, qui sera projetée depuis la base américaine de Fort Bragg par l’aviation de transport militaire. De plus, dans une bataille d’entraînement dans les Balkans participera la 173e brigade aéroportée américaine (stationnée à Vicence, en Italie) et la 53e brigade d’infanterie de la Garde nationale de Floride. Ainsi que des unités plus réduites.


    En parallèle des tirs retentiront bien plus au nord, en Pologne. Personne ne cache que l’objectif de l’Alliance consiste à travailler une offensive contre Kaliningrad et la base de la flotte de la mer Baltique. Ce qui affectera forcément la Biélorussie.


    Selon le plan de Defender Europe 2021, avec des chars Abrams et des véhicules de combat d’infanterie Bradley de la 1ère division de cavalerie, la 33e division d’infanterie italienne participera à « l’assaut » de Kaliningrad. Ainsi que des forces d’appui comprenant la 12e brigade d’aviation militaire (déployée depuis mars 2013 en Bavière, Allemagne), la 41e brigade d’artillerie avec des lance-roquettes multiples M270 (qui attend son heure depuis 2018 en Bavière), ainsi que la 372e brigade de génie (Minnesota).


    Si ces forces ne suffisaient pas, les Etats-Unis pourraient également envoyer en Estonie une autre brigade aéroportée. Cette éventualité a été annoncée l’été dernier par le commandant des forces américaines en Europe Christopher Cavoli.


    L’ampleur de ce plan et le coût exorbitant des jeux militaires à venir de l’Alliance près des frontières russes sont impressionnants.


    Les experts supposent que Moscou réagira en organisant toute une série d’exercices sur l’axe stratégique occidental. Le point culminant sera le lancement de missiles intercontinentaux sur le polygone de Koura au Kamtchatka.


    Quel est le plus grand danger dans ces deux scénarios? Etant donné que des batailles d’entraînement se dérouleront dans une zone sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale des Balkans à la mer Baltique, et que ces événements impliqueront des centaines de milliers de personnes sur tout le continent et une grande quantité de matériel militaire, la probabilité d’accidents fatals montera en flèche. Qui plus est au vu des contacts mutuels pratiquement suspendus entre les militaires à Moscou, à Bruxelles et à Washington. Par conséquent, la probabilité de la dernière guerre pour l’humanité augmente elle aussi. Alors que personne des deux côtés de l’Atlantique ne semble la souhaiter.


    Alexandre Lemoine

    La source originale de cet article est Observateur continental
    Copyright © Alexandre Lemoine, Observateur continental, 2021

     

    https://www.mondialisation.ca/des-balkans-a-la-baltique-faut-il-sattendre-a-un-conflit-otan-russie/5653617

     

     


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    Lettre ouverte à l’Amiral Christophe Prazuck,

    chef d’état-major de la Marine

     

     

    Monsieur,

    Je vous écris pour vous faire part de mon indignation, si ce n’est de ma révolte la plus totale en ce qui concerne le silence des armées, et particulièrement de notre État-major, concernant les trahisons en cours actuellement au sommet de l’État. Il me semble cependant opportun en préambule – puisque vous incarnez à vous seul tout un pan de la dissuasion nucléaire française – de rappeler la tradition française concernant la stratégie de défense voulue par le Général de Gaulle, définie et portée en son époque, par le Général Charles Ailleret.

    Ce dernier en 1966, organise le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN, afin de permettre à notre pays, de rester indépendant dans la maîtrise de sa stratégie de défense en cas de conflit entre blocs alliés. J’oserais vous rappeler que les derniers plus grands conflits mondiaux dans lesquels la France a été impliquée (Guerre de Crimée, 1ère et Seconde Guerre Mondiale), découlent de la logique des alliances militaires qui ont verrouillé la destinée de millions de nos compatriotes à des volontés de guerre qui ne concernaient pas notre pays au premier chef.

    Aussi lorsque le Général de Gaulle en 1968, évoque le fait que notre dissuasion nucléaire doit être comprise comme une stratégie de défense « tout azimuts », il s’explique le 27 janvier de la même année devant les membres de l’institut des hautes études militaires de Paris de la façon suivante :

    « Je voudrais profiter de mon passage ici pour traiter de la stratégie qu’on a dit tout azimuts, dont on a parlé ces derniers temps. Nous faisons oui, un armement atomique. C’est un armement complètement nouveau, qui implique une refonte militaire et une refonte de puissance, sans comparaison avec tout ce que l’on a pu connaître auparavant. C’est une affaire de longue haleine. On ne le fait pas pour demain, mais pour des générations, dans un système de défense et de dissuasion complètement nouveau. Et dans ce long espace de temps, qui peut dire ce que sera l’évolution du Monde ? Dans 20 ans, qui gouvernera les États-Unis et avec quel système ? Qui gouvernera l’URSS ? L’Allemagne ? Le Japon ? … et la Chine ? Qui peut dire ce qui se passera en Amérique du Sud et en Afrique ? Personne sans aucun doute. En fonction de toutes ces incertitudes, nous faisons notre armement nucléaire. Et ce n’est pas la première fois dans notre histoire qu’il en est ainsi ! Vauban, en son époque, a fortifié toutes les frontières de la France, les Pyrénées, les Alpes, nos ports et même la Belgique. Nous sommes allés partout, nous avons fait la guerre partout, nous sommes entrés à Madrid, Berlin et Moscou. Nous avons fait la guerre en Europe, en Orient, en Amérique, en Asie. Il n’y a pas de raison que cette stratégie qui de tout temps nous a protégé contre tout, ne se perpétue pas. Par définition même, notre armement atomique doit être tout azimuts. Il faut que vous le sachiez, que vous le voyiez et que vos études et votre état d’esprit s’y habituent ».

    Monsieur,

    Si je suis bien conscient que nos « élites » politiques sont aussi capitulardes et enclines à l’esprit de trahison que celles qui ont trahi Napoléon III à Sedan alors que Gambetta venait de trouver des renforts dans l’Ouest de la France, ou encore celles qui ont accordé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en vue de faire cesser les combats alors qu’un petit nombre de généraux et d’officiers étaient prêts à poursuivre la lutte, je ne me résous pas à considérer que notre commandement militaire soit en train de laisser l’État français être démantelé de sa puissance et des moyens de son indépendance, alors que « la Maison brûle ».

    Je ne prendrai appui que sur des questions militaires et diplomatiques les plus récentes pour en témoigner, tout en notant que le seul fait même d’être sous la tutelle de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, est en soi un ensemble d’atteintes considérables et intolérables à notre souveraineté et à notre indépendance nationale.

    Le 5 Juin 2014, un article du journal « Le Monde » nous alerte que M. Obama, président d’une puissance paraît-il « alliée » de la France, souhaite que nous suspendions (annulions) la vente de navires de type « Mistral » à la Russie. Outre les énormes capitaux engagés dans ce contrat, les milliers d’emplois dont il est question, ou encore les considérations diplomatiques sous-jacentes, cette vente avait été négociée moyennant des transferts technologiques, notamment sur des équipements radars dont la France avait la seule maîtrise technologique. Cette vente sera donc annulée par M. Hollande, ce qui outre porter gravement atteinte à nos relations diplomatiques avec une puissance alliée de deux guerres – et parfaitement fiable et utile à nos intérêts soit dit en passant – a permis à cette dernière de finalement jouir de l’acquisition de brevets et données qui ne pouvaient être concédés par la France que sous condition que la transaction soit honorée par les deux parties. A-t-on entendu un seul responsable militaire de haut rang s’indigner de la situation ? Sommes-nous les vassaux des Américains ou sommes-nous souverains sur nos affaires diplomatiques, militaires et commerciales ? N’y a-t-il pas des intérêts fondamentaux que nous nous devons de préserver ?

    Poursuivons Monsieur, avec la guerre subie par la Syrie. D’abord rappelons que nombre de terroristes ayant tué des centaines de nos compatriotes sur notre territoire se sont AGUERRIS EN SYRIE. Ce qui n’a pas empêché François Hollande, mais aussi par l’entremise du Secrétariat Général de Défense et de Sécurité Nationale, son Ministre des Finances de l’époque Emmanuel Macron, d’autoriser la livraison d’armes de guerre à des « rebelles » qui combattaient le gouvernement légitime syrien. M. Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, n’hésitait pas à dire à l’époque que le front Al Nosra faisait « du bon boulot » en Syrie. Je le martèle et vous le rappelle, des citoyens français ont été tués sur notre sol par des combattants que la France a soutenus et armés en Syrie. Cela relève du financement du terrorisme d’une part au sens de l’article 421-2-2 du Code Pénal, mais aussi purement et simplement de la haute trahison ! Y a-t-il eu un officier de haut rang pour s’indigner de ces « prises de décisions » par des politiciens félons ? Non, la grande muette est restée imperturbablement silencieuse. Y compris lorsque M. Hollande, puis plus tard M. Macron, en réponse à de pseudo-attentats chimiques attribués au gouvernement syrien sans même que des autorités internationales aient eu le temps d’investiguer et rendre un rapport d’enquête établissant de telles conclusions, ont engagé nos forces navales et aériennes dans une série de bombardements sur le territoire syrien. Non seulement ces opérations militaires violent expressément notre constitution, mais aussi l’article 2 de la Charte de l’ONU ou encore l’article 8bis des Statuts de Rome sur l’établissement de la Cour Pénale Internationale, qui dispose que :

    Aux fins du présent statut, on entend par « crime d’agression », la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies

    Cela signifie Monsieur, que ce n’est pas seulement leur responsabilité qu’ont engagée Emmanuel Macron, François Hollande et leurs ministres dans ce crime. C’est la votre aussi ! Vous auriez dû refuser de contribuer à un tel crime, et vous ne l’avez pas fait !

    Poursuivons encore, car nous nous rapprochons de l’objet et de la conclusion de ce courrier. Malgré les incantations angéliques de nos politiciens, il n’y a pas, il n’y a jamais eu, et IL N’Y AURA JAMAIS « d’amitié franco-allemande ». Les Américains comme les Allemands ont des considérations parfaitement anglo-saxonnes sur la France. Du fait que nous représentons une puissance diplomatique et économique pouvant contrarier leurs propres desseins sur le monde, il s’agit pour l’Allemagne et pour les Etats-Unis de nous affaiblir par des prises de contrôle de notre outil industriel stratégique (Nexter, Alstom, etc), ou encore en jouant de la propension à trahir de nos politiciens sur les considérations diplomatiques. D’ores et déjà, veuillez expliquer aux sous-mariniers français qu’en cas de conflit futur avec les USA, les données relatives au bruit de cavitation et à la vitesse de nos SNA et SNLE ne sont plus inconnus des Américains (je vous félicite pour ne pas avoir donné votre démission à ce titre lorsque M. Macron a cédé la branche industrielle qui fabrique les turbines de nos SNLE à General Electric). Depuis le 22 Janvier 2020, nous avons cédé en outre à l’Allemagne, des pans entiers de notre indépendance militaire et diplomatique, en acceptant que nos politiques extérieures soient soumises aux considérations allemandes en vertu du Traité d’Aix la Chapelle ; en leur octroyant gratuitement une place conjointe au Conseil de Sécurité de l’ONU ; et que des Ministres Allemands puissent venir directement au sein même des plus hautes instances de l’État, participer à des réunions ministérielles concernant nos propres affaires intérieures. Depuis la collaboration sous le Régime de Vichy, jamais nous n’avions été si loin dans notre asservissement à l’Allemagne.

    Désormais, ces derniers ne cachent plus leur volonté de voir la France partager son outil de dissuasion nucléaire avec eux, et Macron, tel « un cabri », n’a pu s’empêcher de faire un discours avalisant cette requête allemande portée par le député Johann Wadephul, le 7 février dernier, à l’École de guerre à Paris :

    « Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ».

    Combien d’officiers Monsieur, ont rappelé au TRAÎTRE Emmanuel Macron, que la stratégie de défense de la France, et en particulier sur le plan nucléaire, est « tout azimuts » et que nous avons eu par le passé suffisamment de guerres avec l’Allemagne, pour qu’il n’y ait absolument rien à négocier à ce sujet ?

    Combien Monsieur ?

    Depuis bien longtemps l’Armée aurait dû réagir à ces trahisons constantes de nos politiciens ayant débuté sous Jacques Chirac, et ayant crû nettement en puissance depuis l’ère Sarkozy jusqu’à nos jours. En mai 1958, des militaires de haut rang avaient « porté leurs couilles » face à la démagogie de nos politiciens, et avaient su leur rappeler, quelle institution porte réellement l’État et dispose dans les faits du « monopole de la violence légitime ». En Tunisie récemment, lorsque le peuple s’est insurgé contre son dictateur, c’est l’Armée qui a fait pression sur ce dernier pour qu’il s’en aille, en laissant la constitution de ce pays décider des autorités civiles de remplacement. En France, pendant que le peuple se fait matraquer et éborgner par un gouvernement qui le trahit sans cesse, que fait l’Armée ? RIEN !

    Pendant que le Gouvernement cède tous nos fleurons industriels les plus stratégiques à des puissances étrangères, que dit notre Armée ? RIEN !

    Lorsque le Gouvernement envisage désormais de partager notre dissuasion nucléaire avec l’Allemagne ou la Pologne, que fait notre Armée ? RIEN !

    Je croyais nos militaires plus pragmatiques, légitimement patriotes, et pour le moins plus soucieux de notre indépendance nationale que nos politiciens, mais visiblement, je me trompais. Même lorsque le Général de Villiers a donné sa démission au gouvernement, nos chefs de corps et officiers de l’État-Major ne se sont pas montrés solidaires.

    Alors que dans nos hôpitaux, les médecins donnent leur démission collectivement. Dans nos régies de transports ou dans la rue, les Français sont solidaires pour lutter contre une réelle tyrannie menée par des traîtres à la patrie. À l’inverse, notre Armée est finalement dirigée par une cohorte de capitulards qui sont en train de laisser nos politiciens dépecer l’État français par lambeaux tout entiers !

    C’est une honte ! Un scandale digne des heures les plus sombres de notre Histoire !

    Aussi Monsieur, à titre symbolique, je réclame votre démission pour restaurer la dignité de nos Armées, et particulièrement les corps ayant à charge de gérer la dissuasion nucléaire de la France. Je réclame le soutien de tous les officiers qui ont encore de l’honneur à votre démission. J’exige en tant que citoyen français, que la France reste LIBRE et INDÉPENDANTE pour les siècles à venir, et que « la grande muette » cesse de nous faire honte en n’étant pas capable de reproduire ce qu’elle a su faire durant l’année 1958.

    Nous sommes gouvernés par des TRAÎTRES, j’insiste à ce sujet et peux le justifier par des faits, et des références précises à du droit pénal et constitutionnel si nécessaire, et il est hors de question que le cœur régalien de la France continue de servir des félons en col blanc qui démolissent avec une ardeur pathologique, notre souveraineté et notre indépendance nationale.

    Cette lettre sera publiée en ligne et envoyée à différents médias, pour vous obliger moralement à prendre position.

    Pour faire valoir ce que de droit pour notre peuple,

    Sylvain Baron

    source : https://sylvain-baron.blogspot.com/2020/02/lettre-ouverte-lamiral-christophe.html

    https://reseauinternational.net/lettre-ouverte-a-lamiral-christophe-prazuck-chef-detat-major-de-la-marine/

     

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    L’OTAN : artisane de paix ou fautrice de troubles et de chaos ?

     
    /16 novembre 2019 Général Dominique

    par le Général (2S) Dominique Delawarde.

    Le 4 avril 1949, le traité de l’Atlantique Nord est signé entre douze états nord-américains et ouest-européens.

    Pendant 41 ans, de 1949 à 1990, et jusqu’à l’effondrement de l’Union Soviétique, aucune bombe de l’OTAN ne viendra perturber la quiétude de l’Europe occidentale et celle de la planète.

    A l’inverse, de 1991 à 2019, pendant 28 ans, les bombes otaniennes ont commencé à pleuvoir de plus en plus fréquemment et de plus en plus nombreuses tant en Europe que hors d’Europe: Quelques centaines au début, puis quelques milliers, pour en arriver aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliers de bombes  larguées chaque année sur la planète par des pays membres de l’OTAN, agissant en coalition de circonstance.

    Les prétextes évoqués pour ces bombardements ont été et sont, le plus souvent, fallacieux, voire créés de toute pièce. Ces bombardements relèvent, presque toujours, de l’ingérence intéressée, nous le verrons plus loin. Droits de l’homme, démocratie, ingérence humanitaire, sécurité nationale, sont généralement des justificatifs mis en avant depuis 1991, alors qu’ils ne l’étaient pas avant. L’Europe, l’Afrique, l’Asie ont déjà été concernées par ces bombardements effectués par des coalitions de membres de l’OTAN, voire par l’OTAN elle même. L’ONU est souvent ignorée, contournée. Les résolutions du conseil de sécurité sont parfois outrepassées.

    Les questions qui se posent sont de savoir comment et pourquoi on en est arrivé là et peut être surtout, quelles sont les perspectives d’avenir ?

    *

    Première période 1949-1990: l’OTAN, artisan de paix

    Le texte du traité de l’Atlantique Nord conclu entre les douze cofondateurs de l’ Alliance est court: 14 articles, 500 mots.

    Deux des quatorze articles du traité de 1949 me paraissent refléter son caractère pacifique et respectueux de la légalité internationale incarnée par l’ONU. Je vous en laisse prendre connaissance.

    Article 1: Les parties s’engagent, ainsi qu’il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s’abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

    Article 5 : Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord.

    Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

    Chacun peut le constater lui-même, le texte de ce traité est inattaquable Les références au cadre de l’ONU sont omniprésentes. Cette alliance est une alliance défensive qui ne prévoit d’agir qu’en légitime défense . Elle ne s’applique qu’aux seuls territoires des états membres de l’Alliance.

    Au cours de la période 1949-1991, l’Alliance n’a que peu évoluée dans sa structure. Quatre pays sont venus la rejoindre (Grèce, Turquie, Allemagne de l’Ouest et Espagne) portant de 12 à 16 le nombre de ses membres. La France a quitté l’organisation militaire intégrée en 1966 sans pour autant se retirer de l’alliance. De l’aveu même des américains, ce retrait de la France de l’organisation militaire intégrée lui a donné «une position particulière qui lui a valu une influence internationale plus importante que celle de n’importe quel autre pays européen.»

    Comme une loi voit ses modalités de mise en œuvre précisées par un décret d’application, le Traité de l’Atlantique Nord voit ses modalités et son cadre d’application précisées par un document nommé «Concept Stratégique». De 1949 à 1990, ce document est classifié «NATO Cosmic Top Secret». Il est rédigé par des militaires qui n’aiment pas les guerres inutiles et s’en tiennent à l’esprit du traité de 1949. Il est approuvé par des politiques et réactualisé tous les dix ans.

    Le résultat de cet OTAN 1 «défensif et dissuasif» est clair : Pas la moindre bombe larguée en 41 ans en Europe. La dissuasion et son «équilibre de la terreur» ont joué leur rôle. La paix a régné sur l’Atlantique Nord.

    Vous noterez avec moi que l’OTAN dont on a toujours dit qu’elle s’opposait au Pacte de Varsovie a été créée plus de 6 ans avant cette alliance militaire des pays de l’Est de l’Europe. De là à penser, non sans raisons calendaires, que le pacte de Varsovie  a été créé le 14 mai 1955 «en réaction» à la création de l’OTAN et à son élargissement le 6 mai 1955 à l’Allemagne de l’Ouest, il n’y a qu’un pas que certains observateurs de bonne foi peuvent franchir.

    Par ailleurs, lorsqu’on apprend par des documents officiels US déclassifiés que la création de l’Union Européenne a été initiée par des hommes politiques européens qui émargeaient, à titre personnel, à des organismes officiels US (CIA, Département d’État), lire à cet égard le livre enquête très factuel de Philippe de Villier (J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu), on peut se demander si ces hommes d’état européens, Jean Monnet et Robert Schuman pour la France en 1949, et Walter Hallstein pour l’Allemagne en 1954, n’ont pas joué également un rôle moteur dans la création et l’extension de l’OTAN au profit de leur commanditaire: les USA . C’est bien Robert Schuman qui va signer ce traité au nom de la France …….

    L’OTAN a-t-elle été créée en 1949, 4 ans après la fin de la 2ème guerre mondiale uniquement pour faire face à la menace soviétique qui existait pourtant depuis 1945 ? Ou l’OTAN a-t-elle été créée concomitamment avec l’UE pour servir une vision ou des intérêts américains de long terme en Europe ? Ce sont des questions auxquelles il sera plus facile de répondre demain lorsque d’autres archives déclassifiées parleront.

    *

    En Novembre 1989, c’est la chute du mur de Berlin. L’effondrement de l’Union Soviétique est d’abord économique, son PIB tombe au niveau de celui des Pays-Bas. Chacun réalise que, sans un niveau de puissance économique suffisant, la puissance militaire va évidemment s’évaporer rapidement. Le pacte de Varsovie est dissout le 1er juillet 1991. Les pays de l’est, satellites de l’Union Soviétique, reprennent donc leur autonomie.

    D’août à octobre 1991 les quinze républiques de l’ex-URSS font sécession et proclament leur indépendance. La dislocation de l’URSS sera  définitivement actée en décembre 1991.

    Un tel bouleversement géostratégique signifie une quasi disparition de la menace telle qu’elle existait encore en novembre 1989. Que va faire l’OTAN ? Va-t-elle se dissoudre en geste d’apaisement alors que la menace qui justifiait son existence a disparu ? Va-t-elle, au contraire, tenter de tirer parti de l’opportunité qui lui est offerte pour essayer d’imposer une hégémonie militaire totale, indiscutable, sans partage et durable sur l’ensemble de la planète, au seul profit de ses membres et surtout du premier d’entre eux: les USA?

    C’est la deuxième solution qui va être choisie.

    *

    De 1991 à 2019, les dérives de l’OTAN

    En 1989, les néoconservateurs américains qui se sont infiltrés progressivement dans les cercles du pouvoir US depuis la présidence Reagan, avec l’aide de certains lobbies, bénéficient déjà d’un pouvoir d’influence considérable.

    Je vous l’ai dit lors de ma dernière conférence, le mouvement néoconservateur américain prône une hégémonie totale et sans partage de l’hyperpuissance US sur le monde. Il méprise les institutions internationales qu’il ne maîtrise pas complètement et, en particulier, l’ONU.

    Un homme va jouer un rôle considérable, en coulisse, dans la transformation de l’OTAN en outil offensif au service des intérêts et de l’hégémonie US.  Il s’agit de Paul Wolfowitz. De 1989 à 1993, sous la direction de Dick Cheney,  il est sous-secrétaire à la Défense chargé de la planification, où il élabore une nouvelle définition de la stratégie et de l’organisation de la force militaire américaine après la fin de la guerre froide. Il est alors numéro 3 du Pentagone à 48 ans.

    Dans une conversation de 1991 avec le général Clark, futur commandant en chef de l’OTAN, il déclare: « Nous avons 5 à 10 ans pour nettoyer tous les régimes dévoués à  l’ex-Union Soviétique avant qu’une nouvelle superpuissance n’émerge pour nous défier». 

    La révision du traité de l’Atlantique Nord serait trop longue et compliquée. En revanche, il est beaucoup plus facile et rapide de réactualiser le «Concept Stratégique» que j’ai qualifié de «décret d’application».

    Cette réactualisation va être mise en chantier dès la fin de 1990, alors même que l’effondrement de l’Union soviétique est en cours. Wolfowitz et ceux qui inspirent et/ou préparent le nouveau Concept stratégique de l’OTAN vont être servis par les circonstances.

    En réaction à l’invasion du Koweït en août 1990, les USA mettent sur pied une coalition de 35 états qui interviennent en janvier-février 1991 contre l’armée de Saddam Hussein.  Tous les états membres de l’OTAN, à l’exception du Luxembourg et de l’Islande qui n’ont pas d’armée, participent à cette 1ère guerre du Golfe de 1991. Plusieurs autres membres de cette coalition deviendront d’ailleurs membres de l’OTAN dans les années qui suivent. Certes, il ne s’agit pas d’une opération menée au nom de l’OTAN. Mais l’empreinte otanienne y est très forte, en tout cas aux yeux du monde et des Irakiens.

    Deux observations méritent d’être faites sur la conduite de cette campagne militaire qui influencera les suivantes.

    – La première concerne la technique des bombardements stratégiques qui privilégie la destruction des infrastructures matérielles civiles à celles des forces armées de l’adversaire en application de la théorie des cinq cercles. Cette technique qui pose évidemment un problème moral est efficace et entraîne peu de victimes collatérales directes. En revanche, le nombre de victimes indirectes, à moyen et long termes, est très important. En effet, cette campagne de bombardements a anéanti la plupart des infrastructures nécessaires à la survie de la société (eau, électricité, hôpitaux, etc.).

    Associés aux sanctions d’après guerre qui ont empêché la reconstruction du pays, ces bombardements stratégiques de l’OTAN auront entraîné la mort de plusieurs centaines de milliers de civils après les opérations militaires. 88 000 tonnes de bombes auront été larguées en 43 jours: presque autant que pendant toute l’année 1943 de la 2ème guerre mondiale….. En outre, l’utilisation de l’uranium appauvri par la coalition a eu des conséquences sanitaires non négligeables sur la population civile irakienne et sur les soldats des deux camps exposés à ses effets.

    – La deuxième observation concerne l’instrumentalisation d’opposants irakiens lors de la campagne. Pour faciliter leurs opérations et affaiblir l’adversaire, la coalition a poussé les kurdes  et les chiites irakiens à se révolter contre le gouvernement irakien. Ces alliés de circonstance seront abandonnés par la coalition après le cessez le feu du 28 février 1991. Ils seront massacrés par Saddam au printemps 1991.

    C’est dans ce contexte d’une OTAN triomphante, tant dans la guerre froide en Europe, que dans la guerre chaude du Golfe que se termine la première réactualisation post-guerre froide du concept stratégique de l’OTAN.

    *

    1ère réactualisation post -guerre froide du concept stratégique de l’OTAN.

    Cette réactualisation est adoptée le 7 Novembre 1991. Ce nouveau concept stratégique est un texte qui n’est plus rédigé par les militaires mais par les politiques. En l’absence de réelle menace militaire, ceux-ci tiennent désormais le haut du pavé. Le texte est très long: 7400 mots. La référence aux Nations Unies n’apparaît qu’une seule fois  dans l’article 34.

    Que dire de ce texte ? Sans entrer dans les détails, il élargit considérablement et sans surprise le spectre des menaces et les zones géographiques concernées. L’une de ses parties est même intitulée: «Une conception large de la sécurité». Il ouvre donc la porte à l’ingérence en multipliant les prétextes possibles. La zone d’intérêt n’est plus seulement l’Atlantique Nord et l’Europe occidentale. Elle s’élargit désormais à l’Europe centrale et à l’Europe de l’Est ainsi qu’aux Proche et Moyen-orients et à l’Afrique du Nord.

    Le texte de 1991 a une deuxième caractéristique essentielle. Il ouvre la porte à l’élargissement de l’OTAN à l’Est et à la modification profonde des grands équilibres géostratégiques qui ont prévalu entre 1945 et 1990 et qui, quoiqu’on en dise, nous ont apporté 45 ans de paix en Europe.

    Ce texte de 1991 va devenir la référence comportementale de l’OTAN entre novembre 1991 et avril 1999. Qu’avons-nous constaté entre ces deux dates ?

    1 – D’abord une première extension de l’OTAN à l’Est, en contradiction formelle avec les promesses faites par les américains aux russes en février 1990. A noter que ces promesses avaient été réitérées par Hemut Kohl et François Mitterrand en février de la même année.

    Ainsi l’Allemagne de l’Est en 1990, puis la République tchèque, la Hongrie et la Pologne en mars 1999 ont rejoint l’OTAN portant de 16 à 19  le nombre de ses membres.

    2 – La superbe opération états-unienne, puis otanienne de démembrement de la Yougoslavie, avec les premières bombes de l’OTAN qui ont commencé à pleuvoir sur l’Europe. Premières bombes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

    Cette opération est, en fait, très mal connue par l’opinion publique européenne qui s’est contentée de suivre le feuilleton très «romancé» par les médias mainstream de leur pays.

    Il faut donc s’y arrêter quelques instants car elle a eu des conséquences considérables. Elle explique,  pour une large part, les dérives de l’Alliance atlantique qui ont suivi et la situation géopolitique que nous connaissons aujourd’hui.

    C’est un sujet que je connais bien, pour avoir servi deux fois dans les Balkans dans le cadre de l’ONU (automne-hiver 1994-1995) puis de l’OTAN (2000), pour avoir préparé avec l’état major US, au Pentagone, fin 1995, le déploiement de l’OTAN en Bosnie et pour avoir suivi au première loge l’avant, le pendant et l’après bombardement de la Serbie en 1998, 1999, 2000.

    Le 5 novembre 1990, alors que les pays de l’est sont en situation de quasi faillite, le Congrès US adopte une loi sur l’octroi de moyens financiers à l’étranger (Foreign Operations Appropriations Law 101-513) décidant que tout soutien financier à la Yougoslavie serait suspendu dans les 6 mois, sans possibilité d’emprunt ou de crédit. Cette loi exige que des élections soient conduites séparément dans chacune des six républiques yougoslaves. Les résultats de ces élections devaient être présentés à Washington. Ce n’est qu’une fois cette condition remplie qu’on accepterait d’octroyer une aide financière séparée aux différentes républiques qui auraient bien voté.

    Cette procédure délibérée était évidemment dangereuse au point que, déjà le 27 novembre 1990, le New York Time citait un rapport de la CIA  prédisant, avec justesse, qu’une guerre civile sanglante éclaterait en Yougoslavie.

    Mises sous pression financière massive par la loi US, incapables de rembourser les dettes contractées envers l’Occident, les républiques yougoslaves n’ont pas tardé à se disputer. Les républiques les plus riches de Croatie et de Slovénie, estimant qu’elles contribuaient davantage à l’économie, ont demandé une part plus large des maigres ressources financières qui restaient. Les 4 autres républiques, plus pauvres, réclamaient davantage de moyens au titre du rééquilibrage, afin de garantir la cohésion de la Yougoslavie.

    Le résultat de cette pression financière US était logique et prévisible. Le 25 juin 1991, la Croatie et la Slovénie déclaraient simultanément leur indépendance. Le démembrement de la Yougoslavie, et la guerre civile meurtrière qui  ont suivi démarraient, réjouissant à n’en pas douter ceux qui les avaient planifiés, dont notre bon néoconservateur US Wolfowitz, chef «Plan-Stratégie post guerre froide» au Pentagone ……

    C’est le 25 mai 1995 que les premières bombes de l’OTAN tombent sur les positions bosno-serbes autour de Sarajevo. Aucun pays de l’Alliance n’est pourtant agressé et, en frappant, l’OTAN renonce au principe défensif  et devient partie prenante offensive dans une guerre civile bosniaque qui n’implique aucun des membres de l’OTAN.

    En Novembre 1995, les accords de Dayton mettent un terme à la guerre  de Bosnie dont on pourra parler plus en détail au moment des questions notamment sur l’affaire de Srebrenica  de juillet 1995.

    Le démantèlement programmé de l’ex-Yougoslavie est quasiment terminé. Pour réduire à néant ce qui reste de l’ex-Yougoslavie, c’est à dire la Serbie, il ne reste plus qu’à en détacher le Kosovo. Cette opération va suivre immédiatement les accords de Dayton. Elle a été également planifiée de longue date.

    De la position d’observateur privilégié qui était la mienne, j’ai pu suivre au jour le jour l’ampleur des mensonges souvent délirants de l’OTAN, relayés par les médias, avant, pendant et après cette opération de 78 jours du 23 mars au 10 juin 1999. Ces mensonges restent ignorés du grand public mais sont aujourd’hui reconnus jusque dans les médias mainstream. Dans un article d’avril 2019, Serge Halimi, directeur du journal «Le Monde Diplomatique» et Pierre Rimbert, rédacteur en chef adjoint de ce même journal co-signent un excellent article sous le titre: le plus gros bobard du XXème siècle. Ils écrivent:

    «Il y a vingt ans, le 24 mars 1999, treize États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), dont les États-Unis, la France et l’Allemagne, bombardaient la République fédérale de Yougoslavie. Cette guerre dura soixante-dix-huit jours et se nourrit de bobards médiatiques destinés à aligner l’opinion des populations occidentales sur celle des états-majors.

    Les Serbes commettent un «génocide», «jouent au football avec des têtes coupées, dépècent des cadavres, arrachent les fœtus des femmes enceintes tuées et les font griller», prétendit le ministre de la défense allemand, le social-démocrate Rudolf Scharping, dont les propos furent repris par les médias; ils ont tué « de 100 000 à 500 000 personnes» (TF1, 20 avril 1999), incinéré leurs victimes dans des « fourneaux, du genre de ceux utilisés à Auschwitz » (The Daily Mirror, 7 juillet).

    Une à une, ces fausses informations seront taillées en pièces — mais après la fin du conflit —, notamment par l’enquête du journaliste américain Daniel Pearl (The Wall Street Journal, 31 décembre 1999). Tout comme se dégonflera l’une des plus retentissantes manipulations de la fin du XXe siècle: le plan Potkova («fer à cheval»), un document censé prouver que les Serbes avaient programmé l’«épuration ethnique» du Kosovo. Sa diffusion par l’Allemagne, en avril 1999, servit de prétexte à l’intensification des bombardements.

    Loin d’être des internautes paranoïaques, les principaux désinformateurs furent les gouvernements occidentaux, l’OTAN, ainsi que les organes de presse les plus respectés.»

    Ce qu’il faut retenir de cette presque décennie 1991-1999, c’est que l’OTAN, sous l’influence incontestable des néoconservateurs US, est passée à l’offensive en profitant de l’état de faiblesse de la Russie et de la Chine.

    Elle est parvenue à démembrer la Yougoslavie en utilisant d’abord l’arme économique et financière pour mettre la pression et initier la division des républiques yougoslaves, en soutenant les parties sécessionnistes puis en pratiquant une guerre de l’information très efficace à base de mensonges et de prétextes fabriqués et enfin en utilisant une force militaire disproportionnée et aveugle, agissant du fort au faible, à 13 contre 1. La technique des bombardements stratégiques en application de la théorie des 5 cercles, privilégiant les cibles de l’infrastructure civile, ont compromis durablement l’avenir de la Serbie.

    Cela s’est produit dans l’indifférence totale des opinions publiques occidentales anesthésiées par les manipulations médiatiques.

    L’OTAN est donc sortie de son rôle, elle est sortie de l’esprit et de la lettre du traité d’Alliance de 1949, notamment de ses articles 1 et 5, elle est sortie de la légalité internationale en s’affranchissant du feu vert de l’ONU. Elle a  dégradé son image pour longtemps.

    Paradoxalement, alors qu’elle élargit toujours plus son champ d’action, l’OTAN qui ne se sent plus vraiment menacée, désarme à tout-va. La composante européenne de l’OTAN divise ses budgets de défense par deux, ses effectifs et ses matériels majeurs trois. Nombre de ces pays renoncent à la conscription pour passer à une armée professionnelle, croyant, peut être à tort, y gagner en efficacité et sans bien mesurer le risque pris sur leur cohésion nationale.

    Cette évolution de l’OTAN au cours de la période 1991-1999, évolution que l’on peut qualifier de dérive, sera in fine, contre productive si l’on examine l’histoire des deux décennies suivantes. Elle aura d’énormes conséquences sur l’ensemble des relations internationales.

    La Russie et la Chine, trop faibles à l’époque pour réagir efficacement, mais humiliées (la Chine par le bombardement de son ambassade à Belgrade, la Russie par la défaite d’un allié fidèle et le mépris des occidentaux, agissant sans mandat de l’ONU) ont décidés de s’organiser et surtout de se réarmer. Dès le 15 juin 2001, ce sera la création de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï), avec une coopération économique et militaire visant à assurer la sécurité collective de ses six membres fondateurs.

    Cette organisation, créée en réaction à la campagne otanienne du Kosovo, s’est élargie et compte aujourd’hui 8 membres dont 4 puissances nucléaires (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Elle prône la multi-polarité et la non ingérence dans les affaires d’états souverains. Elle constitue clairement, bien qu’elle s’en défende, une opposition désormais ferme et puissante aux prétentions hégémoniques de la coalition occidentale.

    *

    2ème réactualisation post-guerre froide du Concept stratégique de l’OTAN.                  

    En avril 1999, le concept stratégique de l’OTAN subit une nouvelle réactualisation alors même que les bombardements sur la petite Serbie sont toujours en cours. Sans surprise, on constate un nouvel élargissement du spectre des menaces, des centres d’intérêt, des zones géographiques. Ce nouveau texte ouvre des portes toujours plus grandes à l’ingérence pour une OTAN qui perçoit et présente son action en ex-Yougoslavie, et ses bombardements sur la Serbie comme une grande victoire.

    Cinq remarques sur le concept stratégique de 1999.

    1 – C’est un texte moins «néoconservateur» que celui de 1991. Les références à l’ONU y sont donc beaucoup plus nombreuses.

    2 – La volonté d’élargissement y est clairement  affichée. Comme il ne peut être qu’à l’Est, il viendra forcément en violation des promesses faites à la Russie en 1990 et sera perçu par cette dernière comme un encerclement toujours plus menaçant. Le Partenariat pour la Paix, antichambre d’une adhésion pleine à l’OTAN y est fréquemment évoqué.

    3 – La Méditerranée toute entière et ses pays riverains entrent dans le champ de préoccupation et d’action de l’OTAN.

    4 – L’Ukraine est l’État le plus cité dans ce concept stratégique 1999. (déjà…..)

    5 – La prolifération des armes de destruction massives NBC et les attaques possibles contre les systèmes d’information sont des menaces désormais prises en compte par l’OTAN.

    Le bilan des actions de l’OTAN lors de la décennie 2000-2010 est tout aussi désastreux que celui de la décennie précédente.

    Il y a d’abord les élargissements à l’Est, perçus par Moscou comme autant de violations des promesses de février 1990 et justifiant un réarmement russe à marche forcée, initié par Poutine dès 2001.

    Pas moins de 9 États est-européens rejoignent l’OTAN au cours de la décennie 2000-2010: La Bulgarie, les 3 pays baltes, la Roumanie, la Slovénie, la Slovaquie, la Croatie et l’Albanie. L’OTAN compte donc 24 états en 2010.

    Il y a bien sûr, l’opération en Afghanistan, très loin de l’Atlantique Nord, initiée en 2001 avec le feu vert de l’ONU. L’OTAN se retirera 13 ans plus tard, laissant seuls les Américains et sans avoir obtenu de résultats tangibles et durables.

    En 2003, sans accord de l’ONU, les USA échouent à faire participer l’OTAN à la guerre en Irak sous le faux prétexte des armes de destruction massive. Mais dans cette opération irakienne, il y a eu, tout de même, une très forte «empreinte de l’OTAN» représentée par les USA, chef incontesté de l’organisation militaire intégrée et par une dizaine de pays membres de cette organisation: le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, le Danemark, les Pays Bas, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque. Pour les populations victimes de cette agression, c’est bien un noyau dur «OTAN» qui était à la manœuvre  ……..

    A noter que le prêcheur en  chef US  de cette croisade ne s’appelait pas Pierre l’Ermite,  mais Paul Wolfowitz (encore lui) revenu aux affaires en 2001 après huit ans d’absence pour occuper la place de numéro 2 au Pentagone.

    Une moyenne de 800 sorties aériennes par jour pendant 4 mois, soit près de 100 000 sorties, des pertes humaines directes et indirectes (post conflit) considérables de plusieurs centaines de milliers de morts, la légalisation de la torture aux USA, les images détestables d’Abu Ghraib et de Guantanamo, des bavures à répétition dans les bombardements, la montée incontestable de la haine contre l’Occident chez les populations injustement agressées et la montée du terrorisme qui accompagne la haine, la création de l’organisation «État Islamique», les premières vagues migratoires ….etc:  voilà le résultat chaotique de l’action de l’OTAN lors de la décennies 2000-2010.

    Même si la France, l’Allemagne et le Canada ont refusé de participer à la croisade anti-irakienne, sauvant ainsi l’honneur de l’OTAN, onze des dix huit états membres de l’OTAN de l’époque ont accepté, sans discuter, de mentir et d’agir avec leur chef de meute US, presque autant que pour les bombardements de la Serbie. Ils ont sali durablement l’image de l’OTAN, devenue pour de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, une coalition d’états menteurs, d’états voyous, utilisant les sanctions économiques, la menace et la force sans modération, méprisant l’ONU.

    Toute action entraînant une réaction, la Russie et la Chine se sont réarmées à marche forcée, mais dans la discrétion,  au cours de la décennie 2000-2010. La Chine a bénéficié d’une montée en puissance extrêmement rapide de son PIB. L’OCS, créée en 2001 et les BRICS créés en 2008 ont constitué les deux premiers embryons d’opposition organisée à l’unilatéralisme hégémonique occidental.

    *

    3ème réactualisation post-guerre froide du concept stratégique de l’OTAN.

    Le 19 novembre 2010, un nouveau concept stratégique de l’OTAN voit le jour. Il constitue la nouvelle référence pour la période 2010-2020, donc celle qui est en vigueur aujourd’hui, et qui devrait être réactualisée l’année prochaine.

    C’est le concept stratégique le plus offensif jamais proposé aux membres de l’alliance.

    Il a été rédigé par une équipe clairement néoconservatrice. Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN en charge de l’élaboration de ce texte, était un ancien premier ministre danois, très proche de l’administration Bush. Il avait soutenu la guerre d’Irak de 2003 et y avait même envoyé des troupes danoises. Il a dû sa cooptation et sa promotion par les US à la tête de l’OTAN au fait qu’il était un « néoconservateur européen assumé ». Cela semble être d’ailleurs une condition «sine qua non» pour accéder au poste de Secrétaire général de l’OTAN depuis 1991 …

    Par ailleurs, c’est un groupe d’experts présidé par l’ancienne Secrétaire d’État américaine, Madeleine Albright, qui a été chargé de dresser un bilan des enjeux auxquels l’Alliance devait faire face. Ce même groupe d’experts a été chargé de rédiger des recommandations pour ce concept stratégique 2010. Pour rappel, Madeleine Albright a toujours été, elle aussi, une néoconservatrice pure et dure. En 1996, elle déclarait sur CBS news que « la mort de 500 000 enfants irakiens liée aux sanctions US contre l’Irak était un prix à payer qui en valait la peine ». Elle s’est  ensuite s’excusée de cette déclaration qui révélait, en fait, sa véritable nature.

    Sans entrer dans les détails de ce concept stratégique 2010, les deux premiers mots du titre, qui en compte quatre, constituent, à eux seuls, tout un programme : « Engagement actif ».

    L’OTAN n’a donc plus pour seule vocation de «défendre» ou de «dissuader», mais de         « s’engager activement ».

    C’est à l’évidence, une fois de plus, la porte grande ouverte aux ingérences dans les affaires des états souverains, au seul profit des intérêts américains. Il est aussi intéressant d’observer que sur un texte de 4800 mots, le mot «ONU» n’est plus prononcé que trois fois. C’est dire la considération que les rédacteurs du texte apportent désormais à l’instance qui représente pourtant la légalité internationale…

    Au cours de la décennie 2010-2020, les ingérences de l’OTAN se multiplient un peu partout sur la planète. On la retrouve dans les printemps arabes et en particulier dans la campagne libyenne qui a largement outrepassé la résolution onusienne, a fait sauter la digue retenant les flux migratoires venus d’Afrique et a engendré un chaos régional et une guerre civile toujours en cours avec, une fois de plus, un bilan économique et humain désastreux pour les populations locales. La déstabilisation des pays riverains qui  en a résulté a permis au terrorisme islamiste de s’y implanter toujours plus et a conduit la France à y empêtrer son armée.

    On retrouve aussi cet ingérence de l’OTAN en Ukraine, derrière le coup d’état pro-occidental visant à élargir toujours plus à l’Est, l’influence de l’Alliance Atlantique en violation des promesses de février 1990 faites aux russes par les occidentaux.

    On la retrouve aussi en Syrie, au Yemen ou en Afghanistan où, sous le faux prétexte de combattre le terrorisme qu’elle instrumentalise, la «coalition occidentale» cherche à imposer des changements de régime et/ou un remodelage des frontières qui lui profitent.

    On la retrouve au Venezuela, où les diplomaties des pays membres de l’OTAN s’accordent à soutenir l’opération de changement de régime initiée par les USA.

    On la retrouve dans la crise iranienne, dans laquelle, contraints et forcés, les pays membres de l’Alliance ont dû appliquer la politique de sanctions décidée par les seuls USA.

    Au cours de la décennie 2010-2019, ce sont de 300 à 350 000 bombes qui auront été larguées par des pays membres de l’OTAN sans pour autant régler le moindre problème sur la planète.

    Alors, que peut-on attendre aujourd’hui de la réactualisation du concept stratégique de 2020 ?

    *

    Trois hypothèses sont à envisager  pour ce concept 2020.

    1ère hypothèse : La fuite en avant

    Faisant preuve d’une assurance dépassant largement les moyens dont ils disposent, les responsables politiques de l’OTAN pourraient être tentés d’élargir davantage encore le spectre des menaces (cyberguerre, guerre de l’information …) et des zones d’intérêt à prendre en compte. (Asie de l’Est et mer de Chine, Afrique Sub-saharienne, zones polaires, espace). Le but serait de s’efforcer de conserver, par la puissance militaire, économique, financière, médiatique, technologique, numérique et spatiale, l’hégémonie qui est, encore aujourd’hui, occidentale quoique sérieusement contestée.

    Le problème posé par cette solution est d’abord un problème de moyens dans un occident en déclin économique. Comment faire toujours plus, avec moins ? A force de vouloir être partout le premier, ne risque-t-on pas de l’être nulle part ? Comment conserver la position du fort au faible partout avec des moyens déclinants et sur un échiquier de plus en plus vaste ? Quelles seront les priorités ? L’Europe orientale ou la mer de Chine ? L’espace ou le numérique ? L’Afrique subsaharienne ou les zones polaires ?

    Le deuxième problème posé par cette fuite en avant est celui de la cohésion de l’Alliance et celle des opinions publiques de chaque état membre.

    Si défendre son territoire ou le territoire d’un membre de l’Alliance pourrait peut être faire consensus entre les pays de l’Alliance, mourir au fin fond de l’Europe orientale ou de l’Asie, qu’elle soit Proche ou moins Proche, sous un prétexte douteux et pour des intérêts dont on percevra tôt ou tard qu’ils ne sont pas les nôtres, n’enthousiasmera probablement pas le soldat européen.

    On ne gagne pas avec des soldats qui ne croient pas en leur cause. A l’heure d’internet, et des réseaux sociaux, la propagande de guerre et la manipulation médiatique des foules ne marchent pas toujours aussi bien que prévu.

    Cette fuite en avant n’est pas invraisemblable. Les hommes politiques européens ont parfois tendance à surestimer la force de l’OTAN et à sous estimer celle de ses adversaires potentiels. Espérons qu’ils ne feront pas d’erreur d’appréciation.

    2ème hypothèse: le retrait unilatéral des USA

    La 2ème hypothèse d’évolution du concept stratégique de l’OTAN pourrait être liée à un retrait brutal et unilatéral des USA. Cette éventualité a été évoquée à plusieurs reprises par Trump fin janvier début février 2019. Elle correspondrait d’ailleurs au discours de campagne du locataire de la Maison Blanche qui qualifiait l’OTAN d’obsolète en 2016.

    Cette solution aurait, pour les européens, l’immense avantage de les mettre devant leurs responsabilités et de les contraindre à organiser et à assumer, eux-même, la défense de l’Union Européenne. Ils y retrouveraient une part de leur souveraineté et de leur indépendance. Ils y retrouveraient aussi des avantages économiques considérables avec la liberté de pouvoir commercer avec qui bon leur semble, la liberté de pouvoir concevoir et fabriquer eux mêmes leurs propres matériels majeurs de défense, sans se les voir imposer par l’oncle SAM au fumeux prétexte d’une meilleure interopérabilité.

    Il est toutefois peu probable que le Congrès US laisse faire. L’allié européen constitue un partenaire commercial captif très important et solvable pour les USA, notamment pour le marché de l’armement. Il est difficilement envisageable que les USA renoncent à leur position dominante sur ce marché d’autant que celle-ci leurs donne un pouvoir de veto sur toutes les opérations militaires avec emploi de matériels «made in USA».

    Par ailleurs, après 70 ans de soumission et de dépendance, la quasi totalité des pays de l’UE, à l’exception notable de la France, préfère le statut-quo au grand saut dans l’inconnu. Affecté d’un véritable syndrome de Stockholm, les dirigeants européens sont prêts à payer et à faire de nouvelles concessions aux USA, pour qu’ils continuent de «patronner» l’Alliance. Il n’y a donc pas grand-chose à attendre de ce côté là.

    3ème hypothèse: le rééquilibrage

    La 3ème hypothèse concernant le concept stratégique de l’OTAN serait celle d’un rééquilibrage de l’alliance qui serait constituée de deux piliers dont une composante européenne assumant une responsabilité beaucoup plus importante pour sa propre défense.

    Les USA ont besoin vital et urgent de reporter leur effort militaire sur l’Asie face à une Chine qui monte très rapidement en puissance et qui est nommément désignée comme adversaire principal dans les dernières analyses stratégiques US. Si rien n’est fait à cet égard, la place de première puissance mondiale économique et militaire sera gagnée par la Chine lors de la décennie 2020-2030.

    Les Américains, comme les Européens, n’auraient-ils pas intérêt, à rechercher un nouvel équilibre géostratégique mondial, seule source de paix, en associant les russes à l’OTAN, ce qui réduirait les tensions en Europe et tiendrait la Chine en respect pour quelques décennies au moins ?

    *

    Sans plus tarder, venons en à la conclusion, c’est à dire à la réponse à la question posée dans le titre de l’article.

    Incontestablement, l’OTAN a été un facteur de paix lors de la période 1949-1990. Aucune  bombe otanienne n’est venu perturber la quiétude de l’Europe ni celle de la planète pendant 41 ans. L’OTAN a imposé la paix par une dissuasion efficace, par un équilibre de la terreur et par l’idée d’une destruction mutuelle assurée en cas de conflit Est-Ouest.

    Incontestablement aussi, l’actualisation du concept stratégique de 1991 sous influence néoconservatrice US a changé la nature de l’OTAN et ouvert la porte aux ingérences tous azimuts et sous tous prétextes. En moins d’un quart de siècle 1995-2019, plus d’un million de bombes ont été larguées par des pays membres de l’OTAN agissant en coalition de circonstance. Plusieurs millions de victimes, directes ou indirectes, de ces ingérences et de ces bombardements sont à déplorer dans une indifférence coupable des opinions publiques occidentales. Il est d’ailleurs à craindre que nous payions un jour au prix fort le prix de la haine que nos ingérences meurtrières ont suscité.

    Les prétextes avancés ont souvent été fallacieux. Le mensonge a régné en maître, le plus souvent relayé par les médias mainstream. Que ce soit la fausse histoire des couveuses du Koweït en 1990, le faux massacre de Racak de 1999 pour le Kosovo,  la fiole de poudre de perlin pimpin présentée en 2003 par Colin Powell à l’ONU sensée représenter l’arme de destruction massive de Saddam Hussein, les faux massacres de Bengazi pour justifier l’intervention en Lybie, les attaques au gaz sous faux drapeau en Syrie pour justifier la ridicule frappe conjointe US-UK-FR de 2018, le faux combat contre un terrorisme que nous avons contribué à créer en Syrie, terrorisme que nous avons instrumentalisé, financé et soutenu, directement ou indirectement avec la collaboration de nos «bons alliés du Golfe», pour renverser Bachar et démembrer la Syrie au seul profit d’Israël.

    Alors oui, l’OTAN est devenue fautrice de troubles et de chaos depuis la fin de la guerre froide.

    Les Atlantistes forcenés, faisant abstraction de ces troubles, de ces chaos, et de ces victimes, me rétorqueront qu’après tout, nous n’avons pas connu la guerre en Europe depuis 1999, fin de la campagne aérienne de l’OTAN sur la Serbie. Je leur répondrai que l’action de l’OTAN a fait, et continue de faire, le lit des conflits de demain en suscitant le réarmement de la Russie et de la Chine, en provoquant des vagues migratoires qui déstabilisent l’Europe, en faisant naître et en entretenant la haine de l’Occident et la montée du  terrorisme qui l’accompagne.

    *

    Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare le 7 novembre dernier, en jugeant l’OTAN en état de «mort cérébrale»  dans un entretien avec le magazine «The Economist». Mais il ne l’a sans doute pas fait pour les bonnes raisons que j’ai pu évoquer ci dessus. Il l’a fait pour trois raisons: l’une bonne, l’autre discutable, la dernière mauvaise.

    1 – La bonne raison est celle de la dénonciation de l’unilatéralisme hégémonique des USA sur l’OTAN et, en raison sous-jacente, l’opposition à l’extraterritorialité du droit US qui minent l’indépendance et la souveraineté des états de l’UE.

    2 – La deuxième raison, plus discutable, est celle de son opposition à l’intervention turque dans le nord syrien au prétexte que celle ci, en contraignant les kurdes syriens à la soumission au gouvernement de Damas, vient réduire à néant le projet «occidental», pour ne pas dire otanien, de démembrement de la Syrie au profit d’Israël.

    3 – La troisième raison possible que je qualifie de mauvaise est de déclarer l’OTAN en état de mort clinique pour tenter de convaincre ses états membres d’entreprendre un effort de «réanimation». Chacun comprendra qu’un tel effort, s’il réussissait, ne pourrait conduire qu’à de nouveaux désastres.

    Si l’OTAN est en état de «mort cérébrale» alors qu’elle est plus que septuagénaire, considérons donc qu’elle a fait son temps. L’acharnement thérapeutique n’est pas souhaitable dans ce cas précis. Qu’elle repose en paix. Cela fera le plus grand bien à la planète.

    Je voudrais terminer par une petite devinette, en forme de boutade.

    Quel homme politique connu a déclaré récemment dans un amphithéâtre universitaire :

    «La devise de mon école de formation était: Ne mentez pas, ne trichez pas, ne volez pas et ne tolérez pas que d’autres le fassent. Dans le cadre de mes fonctions, nous avons menti, triché et volé. Nous avions des sessions d’entraînement entières consacrées à cela……. » ?

    C’est Mike Pompeo, actuel Secrétaire d’État US, ancien directeur de la CIA, major de sa promotion à West Point,  lors d’une intervention auprès d’étudiants de l’Université A&M du Texas, en avril dernier. Le pire, c’est qu’il a été applaudi par l’auditoire qui a trouvé cette déclaration très amusante…..

    Dominique Delawarde

     

    https://reseauinternational.net/lotan-artisane-de-paix-ou-fautrice-de-troubles-et-de-chaos/

     

     


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    Cinq leçons de la crise du Golfe Persique…

     

     

    Après la destruction d’un drone américain1 – jeudi 20 juin -, qui se trouvait bien dans l’espace aérien iranien, Donald Trump a réagi en deux temps : il a d’abord déclaré que l’Iran avait commis « une grave erreur », laissant entendre qu’il y aurait des . Dans un second temps, et pour faire baisser la pression, il s’est ravisé en estimant qu’une « erreur humaine », sinon un « acte stupide » était possible, ramenant la destruction du drone à une « décision possiblement individuelle ». Toujours est-il que, selon plusieurs sources militaires des plus crédibles (confirmées par le site du New York Times), la Maison Blanche a bel et bien donné son feu vert – dans la nuit de jeudi à vendredi passés – à une série de bombardements stratégiques sur l’Iran ; opération baptisée « Enduring Punishment ».

    Cette opération devait cibler différents sites militaires iraniens : stations radars, batteries de missiles et dépôt de munitions. Il s’agissait d’opérer de nuit afin de « minimiser les pertes humaines », reproduisant le même mode opératoire des bombardements occidentaux effectués sur la Syrie le 13 avril 2018. Au dernier moment, alors que les appareils allaient pénétrer dans l’espace aérien iranien, Donald Trump s’est à nouveau ravisé, annulant purement et simplement l’opération. Les sources militaires de prochetmoyen-orient.ch indiquent aussi que le téléphone rouge, reliant en permanence Moscou et Washington, aurait fonctionné dans l’urgence et « à diverses reprises » comme du temps de la des missiles de Cuba2.

    Un responsable du Pentagone a confirmé à l’agence de presse AP que l’armée avait bien préparé une telle attaque, mais s’était vu retirer l’approbation vers 1 h. 30/heure de Paris. Le conseiller à la sécurité nationale, John et le ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo, auraient été les plus chauds partisans de cette réaction militaire, ainsi que la directrice de la CIA, Gina Haspel. Le Pentagone, quant à lui, ainsi que plusieurs responsables démocrates du Congrès, auraient lancé une mise en garde contre un risque d’escalade incontrôlé.

    RHINOCEROS

    D’une manière plus précise, l’opération Enduring Punishment était – semble-t-il – coordonnée depuis l’état-major américain interarmées de Doha au Qatar, impliquant une trentaine de chasseurs-bombardiers, trois unités de « Système de détection et de commandement aéroporté » AWACS et une centaine de drones déployés à partir des bases de Diego-Garcia (archipel des Chagos dans l’océan Indien) et de Djibouti en mer Rouge. L’état d’urgence devait être instauré sur l’ensemble du territoire israélien dès une heure du matin/heure locale.

    Franchissant un mur du son complètement irréel, cet enchaînement de décisions et contre-décisions ubuesques outrepasse aussi les fictions les plus saugrenues du genre Docteur Folamour3, alliant une douce folie au déclenchement de rationalités techniques pouvant être actionnées par un pur dysfonctionnement dans la chaîne de commandement : un abruti s’est malencontreusement appuyé sur une console de tir HF sans fil à 16 voies ou un ordre décisif et irrattrapable est mal transmis malgré les procédures de validation. Même si le film laisse beaucoup à désirer sur beaucoup de plans en matière de vraisemblance technologique, un autre film – Le Chant du loup4 – donne un avant-goût assez réaliste de guerres majeures ainsi déclenchées par erreur, sinon par un enchaînement de circonstances mal maîtrisées…

    Mais, au-delà ou en-deçà de ces hypothèses hollywoodiennes, il y a cette situation assez bien résumée par François Nicoullaud, ancien ambassadeur français à Téhéran de 2001 à 2005, répondant, le jour même, aux questions de notre confrère libanais L’Orient-La-Nuit : « Le dernier épisode, c’est l’envoi d’un millier de soldats américains dans la région, ce à quoi l’Iran a répondu avec la destruction du drone. Il y a manifestement un phénomène d’escalade, ce que les Américains appellent le »game of chicken”, soit le jeu de la »poule mouillée”. C’est à celui qui craquera le premier. »

    En marge de ces scénarios dignes du Rhinocéros de Ionesco, plusieurs leçons peuvent, d’ores et déjà, être tirées de la crise qui règne actuellement dans le golfe Persique. 1) Tout d’abord, c’est une « maritimisation » croissante des conflits actuels qui retient l’attention ; 2) ensuite, liée à la baisse d’influence militaire et politique des Etats-Unis, on assiste à une démultiplication de « guerres asymétriques », localisées, hybrides et polymorphes ; 3) ces « guerres fluides », qui se maintiennent sous le seuil des guerres conventionnelles lourdes, donnent lieu à des opérations clandestines et de véritables « guerres de communication » où tout est permis ; 4) autre trait dominant et conjoint de cette « drôle de guerre » : la multiplication des acteurs étatiques et non-étatiques ; 5) enfin, l’ensemble des séquences précédentes ramènent toutes à l’épicentre du – qui demeure, quoi qu’en disent les théoriciens néo-conservateurs et les communicants.

    MARITIMISATION DES CONFLITS

    La crise du golfe persique se déroule d’abord en mer, dans ses trois dimensions à savoir sous-l’eau, en surface et dans les airs. Aujourd’hui comme hier, la plupart des tensions internationales finissent toujours par se déverser dans les mers et les océans. Mais à travers les dynamiques de la mondialisation actuelle – et davantage que par le passé – les crises se cristallisent en autant de confrontations maritimes. Retour sur images !

    Avec la chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), la concurrence entre deux blocs géographiques et deux systèmes économiques prend fin. En disparaissant, les chars soviétiques, qui en quelque sorte garantissaient la sécurité sociale (à l’ouest), laissent le salaire horaire du coolie chinois dicter sa règle sur l’ensemble de la planète : produire toujours plus au moindre coût… Si précisément décrits par Marx, les vieux mécanismes du capital connaissent un nouvel emballement planétaire sous l’effet de deux révolutions : 1) une finance transnationale dématérialise l’économie réelle, imposant un nouvel ordre qui transcende la loi de l’offre et la demande et celle du capital/travail par la destruction du salariat et des secteurs d’activités traditionnelles (agricoles, industrielles et de services) ; 2) la révolution numérique optimise et impose un capitalisme algorithmique et une « disruption » généralisée pudiquement qualifiée de « progrès imposé »5.

    Ainsi, ce qu’on appelle la « mondialisation » se traduit progressivement par trois casses spectaculaires : celle des Etats-nations et de leur souveraineté ; celle des services publics et celle des politiques de redistribution sociale. Au-delà de ces conséquences économiques et sociales, la mondialisation nous entraîne inexorablement dans une nouvelle époque de l’anthropocène, c’est-à-dire l’histoire de la terre marquée par les activités humaines produisant un impact global déterminant sur l’écosystème terrestre : réchauffement climatique, fonte des banquises, avancée des déserts, typhons, glissements de terrain et autres tempêtes à répétition.

    Et cela n’inaugure pas seulement d’irréparables ruptures environnementales comme l’épuisement des ressources halieutiques ou l’extension continu d’un « continent plastique », mais génère aussi différentes formes de réchauffement stratégique. Avec la « révolution du conteneur »6, une part de plus en plus importante du transport de marchandises participe à une augmentation exponentielle du trafic maritime. Les pétroliers aussi ont considérablement augmenté leur tonnage, donc leur vulnérabilité. Aujourd’hui, l’ensemble du trafic maritime est exposé à des menaces consubstantielles à son expansion : piraterie, terrorisme, prises d’otages et différentes formes de corruption et blanchiment liées aux pavillons de complaisance et sociétés écrans.

    Ces différentes évolutions rendent les voies maritimes d’autant plus sensibles, notamment les « rails » (Manche, mer Rouge, Méditerranée, etc.) et les détroits (Ormuz, Bab el-Mandeb, Gibraltar, Béring, etc.). Face à la montée de ces périls, qui n’excluent pas des différents inter-étatiques classiques, la plupart des grandes et moyennes puissances ont mis en œuvre des programmes de territorialisation de la mer selon un processus d’« arsenalisation », concept que nous empruntons à Franck Maire7.

    Au sens premier du terme, un arsenal est un établissement militaire, « royal » ou « national », un lieu où l’on construit, entretient, répare et abrite les bâtiments de guerre, où leurs équipements et ravitaillements sont assurés. Au sens moderne du XVIIème siècle, hors toute référence exclusive au monde maritime, l’arsenal désigne un lieu de fabrication des armes et des munitions. Au siècle suivant, il indique par extension un dépôt de matériel militaire et d’armes, ou, de façon plus triviale, une grande quantité d’armes. C’est toujours principalement à partir des arsenaux que s’entreprennent les grandes opérations de territorialisation des mers. Au final, alors que la simple militarisation peut être éphémère et réversible sur n’importe quel théâtre, l’arsenalisation suppose des infrastructures maritimes lourdes, diversifées et durables.

    Dans cette perspective, l’arsenalisation des espaces maritimes constitue un processus agrégeant plusieurs dynamiques : la militarisation navale affirmée de nouvelles puissances (, Inde, etc.) dont les ambitions excèdent la protection du sanctuaire national pour s’étendre à une présence sur les grandes voies maritimes ; la prise en compte ab initio du facteur militaire dans le développement de nouveaux espaces maritimes (brise-glaces russes pour la route maritime du Nord, modernisation des bases aéronavales arctiques comme Kotelny, Wrangel, Schmidt,etc.) ; l’effet cascade sur d’autres marines émergentes (Vietnam, Thaïlande, Philippines, Bangladesh, Myanmar, etc.) particulièrement investies dans le domaine des forces sous-marines et des missiles antinavires ; la militarisation du littoral (Iran, mer de Méridionale, Inde (Nicobar, Andaman, etc.) ; enfin, la recherche de points d’appui civils et commerciaux convertibles en bases aéronavales.

    Ces processus d’arsenalisation ne concernent pas seulement les mers lointaines, riveraines de conflits ouverts, les passages et détroits stratégiques mais touchent aussi simultanément nos zones maritimes de proximité dont les Méditerranée occidentale (crise migratoire notamment) et orientale (blocs gaziers disputés entre le Liban et Israël notamment) ; plus lointaines comme la mer Rouge (compétition des ports entre Djibouti, Emirats arabes unis, Erythrée, Ethiopie et Somalie), détroits de Bab el-Maneb et d’Ormuz.

    Le détroit d’Ormuz constitue le pivot reliant le golfe Persique au golfe d’Oman qui doit son nom à l’île iranienne Ormuz, située au sud-est du port militaire iranien de Bandar Abbas. Les pays frontaliers sont l’Iran au nord, le sultanat d’Oman et les Émirats arabes unis au sud (péninsule arabique). Long de 63 km et large de 40 km, le détroit – porte d’entrée du golfe Persique – a une importance stratégique décisive : il constitue, en effet, une voie commerciale essentielle du trafic international, empruntée par plus de 30 % du commerce mondial de pétrole. Outre les Émirats arabes unis et l’Iran, le détroit commande l’accès à d’autres pays producteurs d’hydrocarbures aussi importants que l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l’Irak. Selon le département américain de l’Énergie, environ 2 400 pétroliers y transitent chaque année, pour un volume d’environ 17 millions de barils de pétrole par jour.

    GUERRE ASYMETRIQUE

    La deuxième caractéristique de l’actuelle crise du golfe Persique ramène à une situation où aucun des protagonistes ne peut prendre le risque de déclencher une « guerre conventionnelle lourde » du type de la dernière invasion anglo-américaine de l’Irak au printemps 2003. Désormais engagé dans une campagne pour un deuxième mandat, Donald Trump sait pertinemment que son opinion publique ne veut plus que les Etats-Unis s’embarquent dans ce type d’opérations. Avant lui Obama a parfaitement intégré cette donnée, multipliant des opérations clandestines, menées par des mercenaires, supplétifs ou partenaires étrangers, appuyées par des « frappes » (bombardements de précision), des drones et de nouveaux moyens de reconnaissance et de combat.

    Cette transformation, qui remonte à la « Révolution dans les affaires militaires » (RMA) des années 1980, privilégie la supériorité technologique à l’engagement humain sur le terrain. Depuis 2001, on ne parle presque plus aux États-Unis de RMA, mais bien de « transformation », fondée sur les « frappes de précision », l’arsenal des missiles de différentes portées et l’innovation militaire, notamment en termes de cyber-attaques. Les progrès anticipés en matière de renseignement électronique à distance et d’interconnexion des « systèmes » (ou soldats), les uns avec les autres, sont interprétés comme engendrant une démultiplication de l’efficacité et une sécurisation accrue par évitement du contact et maintien d’une distance de sécurité. L’éloignement est substitué aux protections organiques comme le blindage. Développée par l’US-Navy face à la menace des missiles (Cooperative Engagement Capability), la « guerre réseau-centrée » (network-centric warfare) est également reprise à son compte par l’US-Army, qui espère ainsi réduire sa lourdeur logistique et les délais de projection.

    Ces différentes évolutions ont amené Barack Obama puis, aujourd’hui Donald Trump à multiplier les conflits de basse-intensité dans les zones d’intérêts américains prioritaires afin de pouvoir y tirer le meilleur profit de leur supériorité technologique. Ainsi dans le golfe persique, il s’agit de « mener une guerre sans la faire » en maintenant les opérations sous le seuil d’une réelle « guerre ouverte », c’est-à-dire une « guerre asymétrique ».

    Analysé et détaillé par Sun Tzu au Vème siècle avant J-C dans son célèbre ouvrage L’Art de la guerre, le concept de guerre asymétrique a été réactualisé, notamment par le général américain Wesley Clark durant l’intervention de l’OTAN au Kosovo au printemps 1999. D’une façon générale, une guerre asymétrique est une guerre du faible au fort et/ou inversement du fort au faible. Il ne s’agit pas de conquérir des territoires. La motivation est principalement d’origine politique. En l’occurrence, il s’agit de déstabiliser (par tous les moyens : pressions politiques, sanctions économiques et actions militaires) le gouvernement iranien jusqu’à l’effondrement pour le remplacer par un régime conforme aux intérêts américains.

    En tant que stratégie délibérée, la guerre asymétrique vise consciemment les faiblesses de l’adversaire en cherchant à en contourner les points forts, donc en utilisant prioritairement des moyens non-conventionnels. Au fond, il s’agit de ne pas « jouer selon les règles » en optant pour le « jeu de la poule mouillée », selon la remarque précédente de François Nicoullaud. Et dans la guerre asymétrique du golfe persique les « coups les plus tordus », l’information, la communication sinon la propagande, occupent une place primordiale. C’est notre troisième leçon.

    OPERATIONS CLANDESTINES ET PROPAGANDE

    Trump se retire de l’accord avec l’Iran, le 8 mai 2018

    A ce stade, il faut bien mémoriser la séquence trumpienne à l’égard de l’Iran : dans un premier temps, l’accord de Vienne du 14 juillet sur le dossier nucléaire est proprement déchiré ! De nouvelles sanctions américaines – unilatérales – contre l’Iran sont adoptées. Le 19 mai 2017 – le jour même de l’élection présidentielle iranienne qui voit le réformateur Hassan Rohani élu pour un deuxième mandat -, Donald Trump s’adresse depuis Riyad à une cinquantaine de pays sunnites pour les appeler à « encercler » un Iran « responsable du terrorisme au  ».

    Il fallait quand même oser s’adonner à une telle prestation en Arabie saoudienne, l’une des dictatures théologico-politiques les plus fascisantes de la planète qui finance l’Islam radical depuis des décennies. A ce sujet, on ne peut que recommander avec délectation la lecture d’un rapport récent des Nations unies sur l’assassinat du « journaliste » Jamal Khashoggi, découpé à la scie à métaux dans le consulat de la monarchie à Istanbul sur les ordres directs du prince héritier MBS !

    Parallèlement, avec l’aide de barbouzes israéliennes, les services spéciaux américains multiplient cyber-attaques et assassinats ciblés de scientifiques iraniens. A partir du Kurdistan d’Irak, l’Aman (service action et de renseignement de l’armée israélienne) fomente des attaques du PEJAK8 dans le Kurdistan d’Iran. Adoptant de nouvelles sanctions économiques pour empêcher Téhéran d’exporter son pétrole, Washington encourage manifestations, grèves et autres mouvements sociaux pour affaiblir le gouvernement iranien de l’intérieur. Le Pentagone fait appareiller l’un de ses porte-avions et son Groupe aéronaval pour la mer d’Oman. Il annonce l’envoi d’un millier de soldats supplémentaire dans la région. Et pour que l’ soit complète, Donald Trump déclare qu’il a communiqué aux autorités iraniennes son numéro de téléphone personnel afin d’ouvrir des discussions en vue d’ un nouvel accord à « ses » conditions : pour y intégrer le programme balistique iranien de défense nationale et obtenir des garanties d’un désengagement en Syrie, au Yémen, sinon au Liban !

    Voilà grosso modo pour la communication et quelques opérations clandestines. A ce propos, et selon les sources militaires de prochemoyen-orient.ch, il ressort clairement que la dernière attaque de deux superpétroliers dans le détroit d’Ormuz n’a pu être menée que par des forces spéciales aguerries. Ce type d’opérations, qui requiert des nageurs de combat, ne correspond ni aux modes opératoires habituels des forces yéménites houthi, ni à celui des Pasdarans spécialisés dans le minage et des opérations « go-fast » effectuées à bord de vedettes rapides. A l’époque de ces attaques, la présence de deux sous-marins israéliens (de conception allemande) a bien été confirmée en mer d’Oman par plusieurs services européens de renseignement.

    Les mêmes sources ajoutent que l’attaque des pétroliers a pu être menée à partir de drones aquatiques et de « plateformes immergées ». La marine militaire des EAU disposerait de données identiques, ayant démenti toute espèce de responsabilité dans « ces opérations destinées – à l’évidence – à jeter de l’huile sur le feu afin de faire passer le conflit de sa posture asymétrique à celle d’une guerre conventionnelle ouverte », ajoute un attaché européen de défense en poste à Riyad. On touche ici à la configuration même de la crise actuelle du golfe persique, objet de notre quatrième leçon.

    MULTIPLICATION DES ACTEURS

    Sans surprise, les autorités de Tel-Aviv suivent la crise et ses développements en temps réel, le cabinet de Benyamin Netanyahou ne faisant pas mystère de sa volonté d’en découdre ouvertement avec l’Iran. A l’unisson avec le conseiller national à la sécurité John Bolton, le ministre des Affaires étrangères Mike Pompéo et la cheffe de la CIA Gina Haspel, les autorités civiles et militaires israéliennes cherchent leur revanche depuis plusieurs années. Après s’être vu infliger une humiliante correction par le libanais durant la guerre dite des « Trente jours » de l’été 2006, l’armée israélienne à multiplié les opérations en Syrie, officiellement pour cibler des objectifs iraniens et du .

    En dépit de leurs services de renseignement, qui ont passablement perdu la main durant les dernières années, les militaires israéliens savent pourtant que les unités iraniennes et du Hezbollah n’occupent jamais de positions de « manière compacte » et sont « embedded » dans des corps d’armées encadrés par la chaîne de commandement russo-syrienne. « Un accord a, vraisemblablement été passé entre Vladimir Poutine et Netanyahou pour que la chasse de Tel-Aviv s’en tienne à des bombardements de cages à poules », ajoute l’une de nos sources militaires.

    Indépendamment du couple américano-israélien, la crise du golfe persique mobilise les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) au premier rang desquels l’Arabie Saoudite et les EAU, même si ces derniers ne partagent pas toujours les mêmes objectifs. Au-delà de cette convergence tripartite – Etats-Unis/supplétifs européens, Israël et pays sunnites du Golfe -, des acteurs non étatiques (on l’a dit) comme le Hezbollah et les forces houthi jouent aussi un rôle opérationnel important, en appui de deuxième ou troisième ligne dans une profondeur stratégique qui englobe l’ensemble des pays de la région, dont l’Irak. En effet, à partir de Bagdad, plusieurs pays européens dont la France (enfin !), cherchent à « fabriquer une passerelle de médiation pour enclencher un processus vertueux de désescalade », explique un diplomate français, fin-connaisseur de la zone.

    Cette multiplication d’acteurs ne facilite pas les choses et conforte les pratiques trumpiennes d’agent immobilier dans un contexte dont les Nations Unies et les autres organisations multilatérales ont été radicalement exclues à l’initiative de Washington. En fait, « ne pas jouer selon la règle » a certainement une autre explication des plus plausibles », estime un ancien ambassadeur de France : « entretenir actuellement un ‘chaos constructif’ dans le golfe persique vise surtout à diluer l’épicentre de l’arc des crises proche et moyen-orientales : le conflit israélo-palestinien ». C’est notre cinquième et dernière leçon.

    CENTRALITE DE LA QUESTION PALESTINIENNE

    L’une des dernières interventions publiques du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah l’a signifié parfaitement : « attaquer l’Iran aujourd’hui, c’est s’en prendre directement aux et à leur revendications séculières ». D’ici la fin de ce mois de juin à Bahreïn, Washington doit révéler son « deal du siècle », autrement dit le plan américain de paix globale de règlement du conflit israélo-palestinien préparé par Jared Kushner (le gendre de Trump) et ses adjoints, la plupart Juif-orthodoxes ! De l’aveu de Pompeo lui-même, cette grande affaire risque de faire pschitt !

    Pour sauver les apparences et éviter que les chaises restent vides lors de cette réunion (farces et attrapes), heureusement boycottée par les Palestiniens, Pompeo a effectué une grande tournée dans les pays arabes pour amener (chèques à l’appui) les Marocains (qui, initialement ne voulaient pas venir) et les Egyptiens (eux aussi pas très chauds), ainsi (bien-sûr) que les pays du Golfe, ceux-là mêmes directement engagés contre l’Iran. Une fois le fiasco révélé au grand jour, il sera toujours temps d’accuser l’Iran – encore lui – de porter la responsabilité d’un tel échec et de relancer (toujours à minima la crise du golfe Persique) …

    Quoi qu’il en soit les chancelleries arabes et occidentales ne sont pas dupes et devront se rendre à l’évidence. Cette crise ubuesque du golfe persique, ajoutée au désastre annoncé du sommet de Bahreïn, signe durablement le déclin de l’empire américain. Désormais, il apparaît clairement que les Etats-Unis – juge et partie – ne peuvent assurer une quelconque médiation dans le dossier israélo-palestinien ! Donald Trump et sa diplomatie d’agent immobilier auront eu au moins le mérite d’établir la preuve par l’acte : désormais, Washington ne peut plus prétendre imposer ses vues, ni aux Palestiniens, ni dans le cadre des autres crises régionales : Syrie, Yémen et Corne de l’Afrique.

    Bonne lecture et à la semaine prochaine.

    Richard Labévière


    1 Ce drone est un RQ-4A Global Hawk d’une valeur de 130 millions de dollars
    2 La crise des missiles de Cuba est une suite d’événements survenus du 16 octobre au 28 octobre 1962 et qui ont opposé les États-Unis et l’Union soviétique au sujet des missiles nucléaires soviétiques pointés en direction du territoire des États-Unis depuis l’l’île de Cuba, qui ont mené les deux blocs au bord de la guerre nucléaire.
    3 Docteur Folamour est l’un des films les plus célèbres du réalisateur Stanley Kubrick, sorti en France en 1964. Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d’empoisonner l’eau potable des États-Unis, lance sur l’URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d’isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des Etats-Unis, convoque l’état-major militaire dans la salle d’opérations du Pentagone et tente de rétablir une situation d’apocalypse nucléaire devenue irréversible.
    4 Le Chant du loup, du réalisateur Antonin Baudry est sorti en France le 20 février 2019. Un jeune officier-marinier surnommé « L’Oreille d’or » a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. À bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur sa compétence jugée infaillible. Il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades, mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique. Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable.
    5 Bernard Stiegler : Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ? Editions Les Liens qui libèrent, novembre 2016.
    6 Cette « révolution » a entrainé la construction de bateaux spécifiques, les porte-conteneurs. La quasi-totalité du transport maritime des biens manufacturés l’est désormais par ce type de navires qui peuvent aussi transporter d’autres marchandises : fruits et légumes, produits agro-alimentaires, liquides (hors carburant), voitures, etc. Cette polyvalence est l’un des principaux avantages de ces navires. Les années 1990 et 2015 ont vu un accroissement de la taille de ces navires avec l’arrivée de bateaux d’une capacité de plus de 25 000 boîtes. En 2016, plus de 135 millions de conteneurs ont ainsi empruntés les mers du globe.
    7 Franck Maire est capitaine de frégate : « Arsenalisation des espaces maritimes ». Annuaire français de relations internationales 2018 (volume XIX). Université Panthéon-Assas, Centre Thucydide.
    8 Le PEJAK, Parti pour une vie libre au Kurdistan est une organisation politique et armée qui lutte contre le régime iranien.

    source:http://prochetmoyen-orient.ch/cinq-lecons-de-la-crise-du-golfe-persique/

    https://reseauinternational.net/cinq-lecons-de-la-crise-du-golfe-persique/

     

    Voir aussi:

    https://reseauinternational.net/pour-mieux-comprendre-les-politiques-de-defense-et-la-diplomatie-au-proche-et-moyen-orient/

     

     

     


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