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    Un putsch sans soldats,

    par le général Henri Roure

    Un putsch sans soldats, par le général Henri Roure

     

    Le général Roure entre en résistance

    L’élection présidentielle, qui a amené M. Macron à la présidence, est le fruit vénéneux d’un déni de démocratie. Il s’agit d’une spoliation, résultat d’un rejet masqué de l’idéal démocratique. La manipulation vient de loin. Elle est probablement la forme la plus élaborée du coup d’État car elle ne refuse pas le principe des élections sur lequel repose l’expression de la volonté populaire, mais, sciemment – j’allais écrire scientifiquement – elle pervertit, oriente, sculpte l’opinion publique. Elle repose sur l’énorme puissance d’un système qui a l’ambition de s’imposer au monde, à commencer par ce que nous appelons, aujourd’hui, improprement, l’Occident. Ses moyens sont, à l’évidence, considérables.

    Nous sommes confrontés à un monstre que certains ont baptisé l’internationalisme financier, ou l’ultra libéralisme, mais qui, en tout état de cause, est intimement lié à la puissance étatsunienne. Il s’agit de l’avatar le plus ingénieux de l’impérialisme étatsunien relayé par son allié fidèle l’Union Européenne.
    La vraie démocratie est trop dangereuse pour la finance internationale, car elle peut amener au pouvoir des personnes véritablement choisies par le peuple avec des idées aussi saugrenues que la défense des intérêts nationaux, la patrie, la protection sociale, la morale, l’éducation et la culture, le service public ou encore l’État de droit. Ce risque ne peut être accepté quand il s’agit de globaliser ou plus exactement d’américaniser et de subordonner les peuples au puissant réseau politico-bancaire piloté par Washington. Il est donc nécessaire de tendre vers une pensée unique.

    Difficile cependant de s’affranchir des élections… Dès lors il faut les truquer à l’aide de la désinformation aboutissant à la manipulation de l’opinion publique ; c’est tellement plus simple et moins risqué puisque le système est propriétaire des médias et des instituts de sondage et peut s’appuyer sur quelques dirigeants, intellectuels ou bobos, bien placés et convaincus. Il ne faut pas s’étonner, ainsi, de l’assassinat politique de François Fillon, dont le programme trop judicieux et national pouvait éloigner la France de cette subordination. L’astuce fut de l’accuser de ce que l’immense majorité des parlementaires fait, en toute légalité, mais qui, pour lui, fut présenté, dans un acharnement médiatique sans limite, comme de la corruption. Aucun journaliste ne s’éleva pour regarder les faits avec objectivité. Et pour cause, tous dépendent du système…

    Aude Lancelin, ancienne rédactrice en chef adjointe de l’Obs le dit clairement: « l’ensemble des médias est sous la coupe du CAC 40 ». En association avec eux quelques juges haineux trop liés à un pouvoir désireux de se survivre à lui même et intimement impliqué dans le réseau. La suite se présentait d’évidence. Face à un éclatement consommé des partis traditionnels, résultat de primaires inspirées de la vision étatsunienne de la sélection des candidats et inadaptées à la culture politique française, un inconnu, issu directement du milieu bancaire, et présentant l’image de la nouveauté, pu être propulsé dans le pseudo débat. Le système, alors, n’a même pas cherché à se dissimuler sous les atours d’une apparente objectivité. Les médias aux ordres n’eurent qu’à relayer l’habituelle hystérie anti Front National en utilisant tous les vieux procédés passant de l’association d’images aux citations hors contexte et à l’insinuation. Il fallait faire « barrage » sans que quiconque sache vraiment pourquoi, ou, plus justement, de crainte que le constat devienne trop clair que ce parti avait récupéré les idées gaullistes, imprudemment abandonnées par la droite classique.

    Le matraquage, cette fois, fit l’éloge du néophyte et, toute honte bue, ceux qui auraient dû rester neutres ou au moins discrets, affirmèrent péremptoirement qu’il fallait voter pour lui. Preuve suprême de cet internationalisme bien loin d’être prolétarien, l’étatsunien Obama apporta bruyamment son soutien, Merkel de même et l’inénarrable Junker donna sa contribution. Des étrangers intervenaient dans une élection française! Personne n’y vit un scandale… Dans un panorama politique trafiqué et disloqué, le banquier fut élu. Il le fut avec les voix d’électeurs qui, par opposition, viscérale et entretenue, à l’autre candidat, celui de la négation absolue de ce système, se sont piégés. Comment faire désormais pour se séparer de celui qu’ils ont, de fait, contribué fortement à porter à la magistrature suprême?

    Ajoutons que l’opération était tellement bien montée que le nouveau président a été élu alors que l’immense majorité du corps électoral lui était, sinon hostile, du moins opposée. Qui le dit ? Regardons les chiffres sous un angle particulier. La participation a été de 74,56% soit 25% d’abstentions. Il y a eu 66% de suffrages exprimés, c’est à dire 34% de nuls ou blancs. Si, à ce chiffre, nous ajoutons les 34% qui ont voté Le Pen, nous constatons que 68% des personnes qui se sont déplacées jusqu’aux urnes n’ont pas voté pour Macron. Dans cette élection nombreux sont ceux qui se sont abstenus par hostilité aux finalistes. En minorant leur nombre parmi les non-votants, nous pouvons les estimer à 6 ou 7%. Ce qui fait un total intermédiaire voisin de 75% qui ont refusé Macron. Si nous ajoutons à ce dernier chiffre ceux qui ont voté Macron par opposition à le Pen, mais pas par adhésion à ses idées, nous aboutissons, probablement, à 85% du corps électoral qui ne soutient pas le nouvel « élu »…

    Le nouveau président est peut être légal aux termes de la Constitution, mais illégitime au regard de la morale politique. Au bilan, Macron est un usurpateur. En réalité, la démocratie française d’aujourd’hui n’est qu’une dictature qui se déguise. Elle est devenue le pire des régimes comme tous les autres. J’ose espérer que personne parmi ces profiteurs, qui vont suivre Macron, ne proférera la moindre critique sur la façon dont nos amis africains voient la démocratie…
    Je ne suis donc pas en opposition mais en résistance, tout en sachant que le combat sera long et difficile. Je débute ma marche…

    Général Henri Roure
    Secrétaire national pour les questions de défense au CNIP (Centre National des Indépendants et Paysans)

    source: http://arretsurinfo.ch/un-putsch-sans-soldats-par-le-general-henri-roure/

    Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

    http://reseauinternational.net/un-putsch-sans-soldats-par-le-general-henri-roure/

     


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  • 16.5.2017

    Les membres de la Ligue arabe. (Photo d'illustration)

    Les membres de la Ligue arabe. (Photo d'illustration)

     

    Au seuil de la visite de Donald Trump à Riyad, les spéculations vont bon train : le président américain a l'intention d'annoncer la création de l'OTAN "sunnite" menée par l'Arabie saoudite pour faire face à l'Iran " chiite". 

    Le site d'information israélien DebkaFile proche des services de renseignements d'Israël, a prétendu que le président américain, Donald Trump, lors de sa visite à Riyad en Arabie saoudite, annoncera la création d'une "OTAN arabe-sunnite-islamique". Cette Otan-là va intégrer aussi Israël, selon Debka qui jubile à l'idée de la création d'un organisme dont la mission consiste surtout à provoquer des conflits entre "sunnites et chiites". 

    La visite de Donald Trump en Arabie saoudite est très importante pour Riyad dans la mesure où le roi Salmane Ben Abdel-Aziz a envoyé des lettres d'invitation aux chefs d'État et dirigeants de 17 pays arabes et islamiques les invitant à assister à une réunion commune, le 22 mai à Riyad.

    Les dirigeants et les chefs d'État du Conseil de coopération du golfe Persique, le roi jordanien Abdullah II, le roi du Maroc Mohammad VI, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le président tunisien Beiji Caid Essebsi et le Premier ministre irakien Heïdar al-Abadi participeront à cette réunion, a écrit DebkaFile précisant qu'une présence du président turc Recep Tayyip Erdogan à cette réunion ne serait déterminée qu'après sa visite, mardi 16 mai, avec Donald Trump à la Maison Blanche.

    Quant au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, il n'a pas encore annoncé s'il participerait oui ou non à la réunion. La présidence égyptienne a pourtant remercié, au nom du président, l'invitation du roi d'Arabie saoudite d'autant plus que cette réunion se tiendra dans une étape délicate de l'histoire où le monde arabe et la région font face à divers défis dont et surtout la lutte contre le terrorisme.

    Au sujet de la position iranienne vis-à-vis de cet événement, le site DebkaFile a poursuivi : l'Iran, actuellement  très occupé par les élections présidentielles et des campagnes concernées, voit d'un œil sceptique la disponibilité annoncée par les invités à participer à la réunion américano-islamique. Selon l'auteur de l'article, l'objectif de la création d'une "OTAN arabe-sunnite-islamique" ne serait pas de lutter contre Daech, mais de contrer le Hezbollah libanais et les chiites d'Iran, d'Irak et de Syrie.

    Selon la même source, les stratèges de l'administration Trump ont, en fait, planifié et décidé la formation d'une sorte d'OTAN arabe avec la coopération d'Israël pour faire face aux crises au Moyen-Orient. Le Wall Street Journal a, auparavant annoncé des entretiens préliminaires qui ont eu lieu sur la création d'un traité militaire comparable au traité de l'Atlantique (OTAN) entre le gouvernement Trump et les responsables militaires et sécuritaires saoudiens et émiratis. Parmi les membres éventuels de ce traité militaire, on peut citer l'Égypte et la Jordanie tandis qu'une adhésion d'autres pays n'est pas exclue, ajoute DebkaFile.

    Ce traité militaire bénéficierait de l'assistance et du soutien en renseignements et sécuritaire d'Israël et des États-Unis. Son objectif consisterait à créer la solidarité entre les pays arabes et sunnites pour faire face à l'Iran et l'extension de son influence dans la région, précise DebkaFile rappelant que le plan confierait aux protagonistes locaux et aux alliés régionaux des États-Unis la tâche principale de confronter "l'ennemi commun".

    http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/05/16/522055/Un-Otan-arabosunnite-pour-contrer-les-chiites

     


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    La Russie et la Chine vont-ils "tirer" les premiers ? (Eva)

    Sauron dirige Washington

    Sauron dirige Washington 

     

    « Le problème est que le monde écoute les Américains depuis bien trop longtemps. » – Dr Julian Osborne, tiré de la version cinématographique du livre de Nevil Shute, écrit en 1957, On the Beach.

    Un lecteur a demandé pourquoi les néoconservateurs poussent à la guerre nucléaire alors qu’il n’y aurait pas de gagnant. Si tout le monde meurt, alors pour quoi faire ?

    La réponse est que les néoconservateurs croient que les États-Unis peuvent au minimum la gagner et peut-être même éviter tout dégât.

    Leur plan insensé est le suivant : Washington va encercler la Russie et la Chine avec des bases de missiles anti-balistiques afin de fournir un bouclier contre une frappe de représailles venant de Russie ou de Chine. En plus, ces bases américaines anti-missiles peuvent également être utilisées pour lancer une première frappe nucléaire surprise contre la Russie et la Chine, réduisant ainsi le temps de réaction à cinq minutes, laissant aux victimes de Washington peu ou pas de temps pour prendre une décision.

    Les néoconservateurs pensent qu’une première frappe de Washington endommagera si gravement les capacités de rétorsion russes et chinoises que les deux gouvernements se rendront plutôt que de tenter une frappe en retour. Les dirigeants russes et chinois pourraient conclure que leurs forces de rétorsion sont si diminuées qu’il y aurait peu de chance que des missiles intercontinentaux puissent franchir les boucliers antimissiles de Washington, laissant les États-Unis largement intacts. De faibles représailles de la part de la Russie et de la Chine risqueraient simplement de fournir un alibi pour une deuxième vague d’attaque nucléaire américaine qui détruirait villes russes et chinoises, tuant des millions de civils et laissant les deux pays en ruine.

    Bref, les bellicistes américains parient que les dirigeants russes et chinois vont se soumettre plutôt que de risquer une destruction totale.

    Il ne fait aucun doute que les néoconservateurs sont suffisamment démoniaques pour lancer une attaque nucléaire préemptive, mais peut-être que le plan vise à mettre la Russie et la Chine dans une situation telle que leurs dirigeants en concluent que ce sont eux qui sont visés et, par conséquent, qu’ils doivent accepter l’hégémonie de Washington.

    Pour se sentir en sécurité dans son hégémonie, Washington devra ordonner à la Russie et à la Chine de se désarmer.

    Ce plan est plein de risques. Les mauvais calculs sont une caractéristique des guerres. Il est imprudent et irresponsable de risquer la vie de la planète entière uniquement pour satisfaire la volonté hégémonique de Washington.

    Le plan néoconservateur met l’Europe, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie face à un haut risque si la Russie et la Chine décidaient de lancer des représailles. Le bouclier ABM de Washington ne peut pas protéger l’Europe des missiles de croisière nucléaires russes ou de l’armée de l’air russe, de sorte que l’Europe cesserait d’exister. En réponse, la Chine frapperait le Japon, la Corée du Sud et l’Australie.

    L’espoir russe et celui de tous les gens sains d’esprit est que les vassaux de Washington, comprenant que ce sont eux qui sont le plus à risque, un risque dont ils n’ont rien à gagner et tout à perdre, décident d’arrêter de se conduire en vassaux de Washington et de ne plus héberger de bases américaines. Il devrait être clair pour les politiciens européens qu’ils sont entrainés dans un conflit avec la Russie. Cette semaine, le commandant de l’OTAN a déclaré au Congrès américain qu’il avait besoin de financement pour une plus grande présence militaire en Europe afin de contrer « une Russie résurgente ».

    Examinons ce que veut dire « une Russie résurgente ». Cela signifie une Russie forte et confiante pour défendre ses intérêts et ceux de ses alliés. En d’autres termes, la Russie a réussi à bloquer l’invasion de la Syrie et le bombardement de l’Iran par Obama, à permettre aux forces armées syriennes de vaincre les forces d’État islamique, utilisées par Obama et Hillary pour renverser Assad.

    La Russie est « résurgente » parce qu’elle est en mesure de bloquer les actions unilatérales américaines contre certains pays.

    Cette capacité est venue gêner la doctrine néoconservatrice de Wolfowitz, qui préconise que l’objectif principal de la politique étrangère des États-Unis soit d’empêcher la montée de tout pays qui pourrait faire contrepoids aux actions unilatérales de Washington.

    Tandis que les néocons ont été absorbés dans leurs guerres « si faciles à gagner » et qui durent pourtant depuis 16 ans, la Russie et la Chine ont émergé comme des contrepoids face à l’unilatéralisme dont Washington bénéficiait depuis l’effondrement de l’Union Soviétique. Ce que Washington essaie de faire, c’est de récupérer sa capacité à agir dans le monde entier sans aucune contrainte. Cela veut dire que la Russie et la Chine doivent plier.

    La Russie et la Chine vont-elles le faire ? C’est possible, mais je ne parierais pas la vie de la planète. Ces deux gouvernements ont une conscience morale, celle qui manque totalement à Washington. Aucun des deux  gouvernements n’est intimidé par la propagande occidentale. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a déclaré hier que nous entendions des accusations hystériques sans fin contre la Russie, mais que ces accusations sont toujours portées sans la moindre preuve.

    Il est concevable que la Russie et la Chine puissent sacrifier leur souveraineté pour la vie sur terre. Mais cette même conscience morale pourra plutôt les pousser à s’opposer au mal qui règne à Washington afin de ne pas succomber au mal eux-mêmes. Par conséquent, je pense que le mal qui règne à Washington conduit les États-Unis et leurs États vassaux à une destruction totale.

    Ayant convaincu les dirigeants russes et chinois que Washington a l’intention de nuire à leurs pays par une attaque nucléaire surprise (voir ici par exemple), la question est de savoir comment la Russie et la Chine vont y répondre. Vont-ils rester assis là à attendre cette attaque ou vont-ils lancer leur propre attaque préventive contre Washington ?

    Que feriez-vous ? Préserveriez-vous votre vie en vous soumettant au mal ou chercheriez-vous à détruire ce mal ?

    Écrire franchement a eu pour résultat que mon nom a été inscrit sur la liste des « agents/idiots utiles russes ». En réalité, je suis l’agent de toutes les personnes qui désapprouvent la volonté de Washington d’utiliser la guerre nucléaire pour établir son hégémonie sur le monde entier, mais essayons de comprendre ce que signifie être un « agent russe ».

    Cela veut dire respecter le droit international, ce que Washington ne fait pas. Cela veut dire respecter la vie, ce que Washington ne fait pas. Cela veut dire respecter les intérêts nationaux des autres pays, ce que Washington ne fait pas. Cela signifie répondre aux provocations par la diplomatie et la demande de coopération, ce que Washington ne fait pas. Mais la Russie le fait. De toute évidence, un « agent russe » est une personne morale qui veut préserver la vie, l’identité nationale et la dignité des autres peuples.

    C’est Washington qui veut éliminer toute morale humaine et devenir le maître de la planète. Comme je l’ai déjà écrit, Washington est sans conteste Sauron. La seule question importante est de savoir s’il reste suffisamment de bon dans le monde pour résister et surpasser le mal de Washington.

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    Paul Craig Roberts

    Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker Francophone

    source: http://lesakerfrancophone.fr/sauron-dirige-washington

    http://reseauinternational.net/sauron-dirige-washington/

     

    Voir aussi :

    http://reseauinternational.net/les-kagan-sont-de-retour-les-guerres-vont-suivre-par-robert-parry/

     

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  • Bombardement américain en Syrie :

    en route vers une 3ème guerre mondiale ?

     

    Bombardement américain en Syrie : en route vers une 3ème guerre mondiale ?

    La diplomatie américaine au proche-orient vient de connaître, en une semaine seulement, deux revirements spectaculaires, majeurs, vis-à-vis de la Syrie. Retour sur les événements très inquiétants de ces derniers jours.

    Jeudi 30 mars 2017 : « Le départ de Bachar Al-Assad n’est plus une priorité »

    Alors que l’Amérique d’Obama présentait le départ de Bachar Al-Assad comme un élément non négociable d’une solution politique pour sortir du conflit en Syrie, l’administration Trump a quant-à-elle annoncé le jeudi 30 mars, par l’intermédiaire de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, que « le départ de Bachar Al-Assad n’était plus une priorité ». Auparavant, ce point était probablement le point névralgique du désaccord entre la Russie et les États-Unis dans la recherche d’une solution politique au conflit en Syrie, la Russie refusant d’abandonner son allié Bachar Al-Assad.

    Certains observateurs (dont moi, je l’avoue) ont alors pu penser que ce revirement américain était enfin le prélude à une issue au conflit en Syrie. Malheureusement, leurs espoirs ont été de courte durée. La terrible déception est venue en deux temps.

    Mardi 4 avril 2017 : des Syriens sont victimes de gaz chimiques ; l’occident accuse Bachar Al-Assad

    Tout d’abord, tôt dans la matinée du mardi 4 avril, un raid aérien syrien frappe la localité de Khan Cheikhoun, dans le nord du pays. Plus de 80 civils décèdent d’émanation de gaz chimique. L’occident, et en premier lieu les Etats-Unis et la France, accusent immédiatement l’armée syrienne d’avoir employé des armes chimiques interdites lors de leur raid aérien. La Syrie et la Russie démentent, expliquant de leur côté que ce bombardement était « conventionnel », et qu’il aurait accidentellement touché un stock d’armes chimiques détenu par les rebelles, provoquant ainsi les émanations de gaz mortel.

    Vendredi 7 avril 2017 : Trump ordonne le bombardement d’une base aérienne de l’armée syrienne

    En représailles à l’attaque chimique présumée, le président américain ordonne le lancement d’une soixantaine de missiles Tomahawk pour détruire la base aérienne d’où seraient partis les avions syriens. Ce bombardement américain a tué six soldats syrien selon l’armée syrienne. Les Etats-Unis ont expliqué avoir prévenu à la dernière minute la Russie, afin que les soldats russes présents puissent évacuer le site à temps. On peut imaginer que les russes en aient fait autant vis-à-vis de leurs homologues syriens.

    Qui a raison ? Qui a tort ?

    Qui est à l’origine de ces morts par inhalation de gaz chimiques ? De France, il est bien difficile de pouvoir trancher avec certitude. Mais il est tout de même nécessaire de faire un petit retour en arrière, afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble du tableau.

    Et une première précision : c’est en août 2013 que Barack Obama trace la fameuse ligne rouge concernant l’utilisation d’armes chimiques, ligne rouge que Bachar Al-Assad ne doit pas franchir, sous peine de subir une intervention militaire américaine.

    21 août 2013 : L’attaque chimique de la Ghouta

    Un précédent incident meurtrier avait failli servir de motif ou de prétexte au lancement d’une offensive militaire occidentale contre la Syrie. Il s’agit du massacre de la Ghouta : un bombardement à l’arme chimique au gaz sarin qui s’est produit le 21 août 2013 et qui a frappé la banlieue de Damas, dans l’ancienne oasis de la Ghouta, tenue par l’Armée syrienne libre.

    L’Occident, et en premier lieu le journal Le Monde, avait immédiatement accusé Bachar Al-Assad d’être à l’origine de cette attaque chimique, mais comme le relate le journal Le Point, un rapport du MIT (Massachusetts Institute of Technology) aboutie à des conclusions contraires, après enquête scientifique donc.

    Octobre 2013 : la Syrie démantèle ses armes chimiques, sous contrôle onusien

    En septembre 2013, l’ONU annonce avoir reçu la demande d’adhésion de la Syrie à la convention internationale sur la armes chimiques. En octobre 2013, la Syrie procède au démantèlement de ses armes chimiques sous supervision onusienne. Des membres de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) viennent en Syrie pour observer et contrôler ce démantèlement.

    Premières conclusions sur l’utilisation d’armes chimiques à Khan Cheikhoun

    Est-il raisonnable de penser que Bachar Al-Assad aurait caché une partie de ces stocks, pour ensuite les utiliser quatre ans plus tard, et ce une semaine seulement après l’annonce selon laquelle les Etat-Unis (et la France) ne demandaient plus son départ du pouvoir ? Sur un plan strictement militaire, l’avantage à utiliser en l’occurrence des armes chimiques est minime, voire contestable ; sur le diplomatique en revanche, c’est tout-à-fait suicidaire…

    L’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie, Peter Ford, a estimé dans une interview accordée à Sky News qu’il était « hautement improbable que la Syrie ou la Russie soient derrière cette attaque chimique ».

    Et ensuite ?

    Actuellement, le monde est extrêmement polarisé, entre d’un côté des gouvernements comme celui de François Hollande, ou celui de Benjamin Netanyahou, qui soutiennent Donald Trump, et de l’autre des gouvernements comme celui de Vladimir Poutine qui considèrent que ce bombardement américain constitue une « agression contre un Etat souverain ». Une réunion de crise internationale se déroule actuellement à l’ONU à New-York.

    Une question est aujourd’hui dans toutes les têtes : « Et maintenant ? Que compte faire Donald Trump ? ». Sa stratégie actuelle est tout sauf claire. La coopération russo-américaine dans la lutte contre DAECH est interrompue. L’armée russe ne signale plus ses plans de vols à l’armée américaine. Les diplomates russes semblent désemparés (ce qui est très rare), voire désespérés face à l’attitude de l’actuelle administration américaine.

    Le monde semble très proche d’un conflit mondial, dans un contexte de tensions très vives entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, mais aussi entre l’administration Trump (encore elle) et l’Iran, le candidat ayant expliqué avant son élection qu’il souhaite « déchirer l’accord sur le nucléaire iranien ».

    On peut remarquer qu’Israël a testé le 17 mars dernier et avec un certain succès, son système de défense sol-air « Dôme de Fer », à la suite d’un bombardement aérien réalisé par son armée en territoire syrien.

    Les deux grandes questions qui demeurent en suspens sont : jusqu’où va aller Donald Trump dans son escalade vers une 3ème guerre mondiale (1), et comment vont réagir la Chine et la Russie ? Vont-elles encore une fois devoir manger leur chapeau, comme pour le désastre libyen, et ainsi assister impuissants à la mort définitive de toute notion de « Droit international », ou bien vont-elles résister aux ambitions guerrières des Etats-Unis et de leurs alliés, comme elles l’ont fait pour la Syrie depuis le début du conflit, au risque de constituer un deuxième camp dans cette 3ème guerre mondiale qu’à l’évidence elles ne veulent pas ?

    Raphaël Berland


    (1) : À noter qu’il ne s’agit pas uniquement de la 3ème guerre mondiale de Donald Trump, mais également de Georges W. Bush, de Benjamin Nenatyahou, de Nicolas Sarkozy, et de plusieurs autres présidents. Ce contexte de « Choc des Civilisations » imposé au monde arabo-musulman, avec l’aide de gouvernements complices comme ceux du Qatar, de l’Arabie Saoudite et la Turquie, a été largement documenté, et fera l’objet d’un article ultérieur.

    source:http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/04/07/bombardement-americain-syrie-route-vers-3eme-guerre-mondiale/

    http://reseauinternational.net/bombardement-americain-en-syrie-en-route-vers-une-3eme-guerre-mondiale/

     

    Voir aussi sur ce site :

    La Russie se réserve désormais le droit de réagir à des frappes US en Syrie

    L’administration Trump est frappée de folie néocon

    Syrie : un false flag pour déclencher la guerre mondiale ?

    La Russie en tête de la course aux missiles hypersoniques

    Les atlantistes repartent à l’attaque en Syrie

    Syrie: Réaction officielle russe

    La frégate russe dotée de missiles de croisière Kalibr en route vers la ... 

    La Chine amasse ses troupes avec la Corée du Nord | Réseau ..

    L'opération Tomahawk sur la Syrie n'était-elle qu'un préliminaire

    Vladimir Poutine sur la Syrie : les Etats-Unis rejouent la même ...

    La deuxième guerre de Corée aura-t-elle lieu ? | Réseau International

    Les USA brandissent à nouveau les armes chimiques pour justifier ...

    ALERTE: l'aggravation de la situation en Syrie | Réseau Internationa

    Trump va-t-il attaquer la Corée du Nord ? – Un porte-avions US en .

    Voici l'article supprimé par le Daily Mail sur « un plan US pour .

    Voici l'article supprimé par le Daily Mail sur « un plan US pour organiser une attaque chimique en Syrie » .

    Pour la Russie l'attaque américaine en Syrie a presque déclenché l ...

    a presque déclenché l'apocalypse nucléaire

    Bombardement américain en Syrie : communiqué russo-syro-iranien ..

    Le centre des opérations russo-irano-syrien et le Hezbollah ont publié un communiqué en réponse à l’attaque américaine de la base aérienne syrienne. En voici les principaux points :

    1. Nous riposterons par la force à toute nouvelle agression de la Syrie, et advienne ce qu’il advienne.

    2. La Russie et l’Iran ne permettront jamais aux Etats-Unis de dominer le monde et imposer un monde unipolaire.

    3. Nous ne permettrons pas la poursuite de l’agression de la Syrie en violation des lois internationales, en dehors de l’ONU.

    4. Nous serons aux côtés des forces syriennes pour libérer toute la Syrie de toute occupation quelle qu’elle soit.

    5. Les Etats-Unis connaissent nos capacités à répondre. Désormais nous répondrons fermement à toute agression car la ligne rouge est franchie.

    6. Ils doivent savoir que nous surveillons attentivement toutes les manœuvres et mouvements américains pour diviser la Syrie et l’Irak. Toute présence militaire américaine dans ces deux pays est illégale.

     

    13. 4.17

    Damas : Poutine met en garde

    Quelque chose d’américain se trame dans le sud syrien.

     


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    Classement 2015 des armées les plus puissantes au monde

    http://lepouvoirmondial.net/2015/11/06/classement-2015-des-armees-les-plus-puissantes-au-monde/

     

    Le consortium Global FirePower, spécialisé dans les études militaires, a publié son classement 2015 des armées les plus puissantes. Voici le classement général, agrémenté de quelques chiffres:

    Etats-Unis:  1 430 000 militaires, 8325 tanks, 13 683 avions et hélicoptères, 473 navires, 612,5 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Russie: 766 000 militaires, 15 500 tanks, 3082 avions et hélicoptères, 352 navires, 76,6 milliards de dollars pour le budget militaire

    Chine: 2 285 000 militaires, 9150 tanks, 2788 avions et hélicoptères, 520 navires, 126 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Inde: 1 325 000 militaires, 3569 tanks, 1785 avions et hélicoptères, 184 navires, 46 milliards de dollars pour le budget militaire. L’Inde est devenue le plus grand importateur de matériel militaire.

    Royaume-Uni: 205 330 militaires, 407 tanks, 908 avions et hélicoptères, 66 navires, 53.6 milliards de dollars pour le budget militaire.

    France: 228 656 militaires, 423 tanks, 1203 avions et hélicoptères, 120 navires, 43 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Allemagne: 183 000 militaires, 408 tanks, 710 avions et hélicoptères, 82 navires, 45 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Turquie: 410 500 militaires, 3657 tanks, 989 avions et hélicoptères, 115 navires, 18.18 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Corée du Sud: 640 000 militaires, 2346 tanks, 1393 avions et hélicoptères, 166 navires, 33.7 milliards de dollars pour le budget militaire.

    Japon: 247 746 militaires, 767 tanks, 1595 avions et hélicoptères, 131 navires, 49,1 milliards de dollars pour le budget militaire.IsraelItalieEgypteBrésilPakistanCanadaTaiwanPologneIndonésieAustralieUkraine

    Ce classement a été réalisé à l’aide d’une méthodologie très complète se basant sur de nombreux critères. Il faut tout d’abord savoir que les armes nucléaires ne sont pas prises en compte, nous parlons uniquement de forces conventionnelles. Ensuite, les facteurs géographiques (ex: accès à la mer), géologiques (ressources naturelles), démographiques, technologiques ou financiers sont importants. Par contre, les facteurs politiques (ex: alliances) ne sont pas pris en compte.

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