• ,

    Présent partout, victorieux nulle part – La meilleure force autodestructrice de l’Histoire

    Présent partout, victorieux nulle part

    La meilleure force autodestructrice

    de l’Histoire

     

    Seize années de guerre depuis les attentats du 11 septembre, des budgets de défense toujours plus colossaux, et pourtant l’armée américaine « projetée » partout n’arrive à l’emporter pour de bon nulle part. Pourquoi ?

    William Astore, ancien officier de l’US Air Force et professeur d’histoire, répond. Citoyen américain engagé, il dessine en perspective les risques grandissants de la situation non seulement pour l’armée, mais pour la société américaine toute entière.

    L’armée américaine hors limites – Présent partout, victorieux nulle part

    Les nouvelles de la « meilleure armée du Monde » sont choquantes. Deux rapides navires de l’US Navy qui sont entrés en collision avec de lents bateaux commerciaux, provoquant des pertes humaines. Une US Air Force qui est continuellement en action depuis des années, et qui pourtant n’a pas assez de pilotes pour ses avions de combat. Des soldats qui se retrouvent à combattre des « rebelles » en Syrie dont l’équipement et l’entraînement ont été assurés par la CIA. Des forces spéciales déjà trop sollicitées qui doivent faire face à des besoins grandissants, alors que leurs taux de détresse mentale et de suicide augmentent. Des forces locales d’appoint en Irak et en Afghanistan qui sont tout sauf fiables, revendant souvent sur le marché noir les armes que l’Amérique leur a fournies, si bien qu’elles se retrouvent dans des mains ennemies. Tout cela et plus encore, alors que les dépenses de défense recommencent à s’élever et alors que l’Etat de sécurité nationale croule sous des financements totalisant près d’un trillion de dollars par an.

    Que se passe-t-il ? Pourquoi des navires sophistiqués et hautement manœuvrables se heurtent-ils à de lourds cargos ? Pourquoi une armée de l’air qui n’existe que pour voler et pour combattre est-elle à court de 1 200 pilotes ? Pourquoi les forces spéciales américaines sont-elles déployées partout et victorieuses nulle part ? Pourquoi en un mot l’armée américaine est-elle en train de se battre contre elle-même – et de perdre ?

    C’est le rythme des opérations, gros bêta !

    Après 16 ans d’une guerre contre le terrorisme jamais achevée et qui continue à s’étendre, les sonnettes d’alarme se déclenchent en Asie, des Corées et de l’Afghanistan jusqu’aux Philippines, tandis que dans le grand Moyen Orient (1) et en Afrique la « dernière superpuissance » est enlisée dans une série de conflits sans fin contre un éventail d’ennemis mineurs, dont peu arrivent à maintenir la liste à jour. Si bien que l’armée américaine à l’esprit si volontariste, engagée dans un nombre effarant de missions, est de plus en plus devenue une armée inefficace.

    Trop peu de navires, déployés pendant trop longtemps. Trop peu de pilotes usés par des patrouilles incessantes et par des missions de bombardement et de drone qui se multiplient comme la mauvaise herbe. Les forces spéciales (les « commandos de partout » comme les appelle Nick Turse) sont déployées dans bien trop de pays – rien que cette année, plus des deux-tiers des nations de la planète – et engagées dans des conflits qui n’ont guère de chances de se terminer d’une manière favorable pour Washington. Pendant ce temps, des gens bien informés comme le général à la retraite David Petraeus parlent calmement de « guerres générationnelles », qui pour faire simple ne se termineront jamais. Pour paraphraser un vieux slogan d’une émission sportive de ABC, l’armée américaine en englobant le monde « connaît plus souvent l’abattement de la défaite que l’excitation de la victoire ».

    "Guerre Eternelle", un roman de science-fiction... devenu réalité ?

    « Guerre Eternelle », un roman de science-fiction… devenu réalité ?

    Pour le président Donald Trump (comme pour tant d’autres politiciens à Washington) cette situation peu ragoutante a une solution évidente : gonfler le budget de l’armée, construire plus de navires de guerre, former davantage de pilotes et leur donner une meilleure incitation financière à rester dans l’armée, s’appuyer davantage sur les drones et d’autres « multiplicateurs de force » technologiques pour épauler des troupes épuisées, cajoler des alliés comme les Allemands et les Japonais afin qu’ils dépensent plus pour leurs armées, et faire pression sur des forces d’appoint comme les armées irakiennes et afghanes pour trancher dans la corruption et améliorer les performances au combat.

    Une option – la plus logique – n’est jamais prise sérieusement en considération à Washington : réduire sévèrement le rythme des opérations militaires en diminuant les dépenses militaires ainsi que la mission globale, en ramenant les troupes à la maison et en les y laissant. Ce n’est pas là un plaidoyer isolationniste. Les Etats-Unis font certes face à des challenges, notamment de la part de la Russie (qui reste une puissance nucléaire majeure) et de la Chine (puissance économique mondiale qui développe sa force militaire régionale). La Corée du Nord, comme toujours, fait un spectacle provocateur de ses essais balistiques et nucléaires. Des organisations terroristes cherchent à déstabiliser les alliés de l’Amérique et à fomenter le trouble même « au pays ».

    De tels challenges nécessitent de la vigilance. Mais pas davantage de navires sur les flots, de pilotes dans les airs, ni de bottes de soldats sur le terrain. En vérité, 16 ans après les attentats du 11 septembre, il devrait être évident que continuer la même chose en plus grand a toute chance de produire encore plus de ce à quoi nous ne nous sommes que trop bien habitués : une instabilité grandissante dans des régions étendues de la planète, ainsi que l’avènement de nouveaux groupes terroristes, ou de nouvelles versions de groupes anciens, qui sont autant d’occasions pour des interventions militaires américaines ratées (2)

    Il fut un temps lorsqu’il y avait encore deux superpuissances sur la planète Terre. Alors, le déploiement mondial de l’armée américaine avait une justification claire : contenir le communisme (3) Peu après que l’Union soviétique ait implosé en 1991 sous les cris de triomphe et d’orgueil de Washington, le chercheur et ancien consultant de la CIA Chalmers Johnson eut une révélation. Ce qu’il en viendrait à appeler « le Raj américain » (4) une structure impériale globale visiblement construite pour contenir la menace du communisme, n’était pas en train de disparaître juste parce que cette menace s’était évaporée, ne laissant ni superpuissance ni même une puissance majeure comme adversaire à l’horizon. Bien au contraire, Washington – et son réseau « impérial » de bases militaires sur lequel le soleil ne se couche jamais – ne faisait que s’ancrer toujours plus profondément en préparation du long terme. A ce moment, Johnson sous le choc réalisa que les Etats-Unis eux-mêmes étaient un empire et, l’image miroir que lui fournissait son ennemi maintenant disparue, risquait de devenir à lui-même sa propre Némésis.

    Il s’avéra que ce n’était pas seulement les Etats-Unis qui avaient contenu les Soviétiques. Eux aussi nous avaient contenu (5) Leur empire une fois disparu, nos chefs s’imprégnèrent du vieux rêve de Woodrow Wilson, même si c’était sous une forme militarisée : refaire le monde à notre propre image (6) – au besoin à la pointe de l’épée.

    Depuis le début des années 1990, loin d’être contenus par des rivaux équivalents, les dirigeants américains ont agi comme si rien ne devait les empêcher de faire comme ils l’entendaient sur la planète, c’est-à-dire comme la suite devait le prouver que rien ne les protégeait plus de leur propre folie (7) Nous voyons maintenant les résultats. Des guerres désastreuses qui s’éternisent en Irak et en Afghanistan. Des interventions à travers le grand Moyen-Orient (Libye, Syrie, Yémen et au-delà) qui répandent le chaos et la destruction.

    Des attaques contre le terrorisme qui partout ont donné des ailes aux djihadistes. Et récemment, des appels à armer l’Ukraine contre la Russie. Tout cela est la traduction d’une vision stratégique démesurée qui ces dernières années parle sans ironie d’intervention globale, de puissance globale, et de domination de tous les domaines.

    Dans ce contexte, il est bon de nous rappeler l’étendue de la puissance militaire américaine. Le monde entier est zone d’intervention – ou zone de départ – pour les soldats américains. Il y a encore environ 800 bases militaires américaines dans des pays étrangers. Les commandos américains se déploient dans plus de 130 pays chaque année. Et même le monde ne suffit pas au Pentagone qui cherche à dominer non seulement la terre, la mer et l’air mais l’espace, le cyberespace et même l’espace privé si l’on tient compte des efforts pour atteindre la « conscience informationnelle totale » grâce à 17 agences de renseignement se chargeant – pour 80 milliards de dollars par an – de récolter toutes les données sur la planète Terre.

    En un mot, les soldats américains sont présents partout et victorieux nulle part, un problème que le président américain le plus « gagneur », Donald Trump, ne fait qu’exacerber. Entouré de « ses » généraux, Trump – contre ses propres instincts il l’a récemment prétendu – réengagé troupes et prestige américains dans la guerre en Afghanistan. Il a aussi étendu de manière notable frappes de drone et bombardements américains dans le grand Moyen-Orient, et menacé « feu et colère » contre la Corée du Nord, tout en poussant la dépense militaire.

    Dwight Eisenhower, chef de l'armée américaine en Europe pendant la seconde guerre mondiale et président des Etats-Unis (1953-1960)

    Dwight Eisenhower, chef de l’armée américaine en Europe pendant la seconde guerre mondiale et président des Etats-Unis (1953-1960)

    « Nous devons empêcher l’acquisition par le complexe militaro-industriel d’une influence illégitime (…) Seuls des citoyens alertes et informés pourront forcer l’énorme machine industrielle et militaire de la Défense à se plier à nos méthodes et nos objectifs pacifiques » (Adresse au peuple américain avant de quitter ses fonctions de président, 1961)

    Ce Pentagone croulant sous l’argent, et la promesse d’encore davantage à l’avenir, réduit rarement les missions. Pendant ce temps, ce qui passe pour une pensée originale à la Maison Blanche de Trump, c’est la suggestion d’Erik Prince le fondateur de Blackwater de privatiser la guerre de l’Amérique en Afghanistan (et peut-être ailleurs encore). Les mercenaires, voilà la réponse aux problèmes militaires de Washington, selon Prince. Et les nervis ont bien sûr l’avantage supplémentaire de ne pas être soumis aux règles qui s’appliquent aux membres des forces armées américaines.

    De fait, la proposition de Prince, quoique les généraux de Trump s’y opposent, a sa propre logique. Si vous acceptez l’idée que les guerres de l’Amérique ces dernières années ont largement servi les objectifs des entreprises du complexe militaro-industriel, pourquoi ne pas confier les opérations militaires elles-mêmes aux entreprises guerrières qui accompagnent maintenant régulièrement l’armée au combat – supprimant l’intermédiaire, c’est-à-dire l’armée elle-même ?

    Cogner sur un nuage de moucherons

    Les mercenaires d’Erik Prince devront cependant ronger leur frein pendant que le haut commandement de l’armée continue dans le monde entier à frapper des ennemis insaisissables. De son propre aveu, la force que les récents présidents américains ont vantée comme la « meilleure » de l’Histoire fait face à des ennemis remarquablement « asymétriques » et protéiques, y compris les quelques 20 organisations terroristes du théâtre d’opérations Afghanistan – Pakistan. Frappant des ennemis relativement si insignifiants, les Etats-Unis font penser au puissant Thor, le fameux super-héros frappant violemment de son marteau… un nuage de moucherons. Bien sûr, certains moucherons meurent, mais le résultat est toujours un super-héros épuisé, et encore davantage de moucherons attirés par la chaleur et le choc de la bataille.

    Thor le super-héros... à l'attaque des moucherons !

    Thor le super-héros… à l’attaque des moucherons !

    J’ai rencontré pour la première fois la phrase « utiliser une masse d’armes pour tuer des moucherons » en étudiant l’histoire de la puissance aérienne américaine pendant la guerre du Vietnam. Les raids de B-52 « Arc Light » lâchaient un tonnage record de bombes sur des régions du Sud Vietnam et du Laos dans des efforts largement sans effet pour tuer des guérilleros dispersés et couper par le feu les voies logistiques issues du Nord Vietnam. Un demi-siècle plus tard, l’armée de l’air vante périodiquement la précision bien meilleure de sa puissance aérienne avec ses bombes guidées au laser ou au GPS. Cependant, dans un pays après l’autre, les Etats-Unis utilisant ces armements se sont livrés à des frappes trop brutales en série. En Afghanistan, c’est l’utilisation récente de la MOAB la « mère de toutes les bombes », la plus grande arme non-nucléaire jamais utilisée au combat, contre un petit groupe de combattants de l’E.I. De même, la guerre aérienne américaine en Syrie a dépassé les Russes et même le régime d’Assad pour ce qui est des effets meurtriers sur les civils, surtout autour de Raqqa, la « capitale » de l’Etat islamique. Ce genre de déluge de violence est évident aussi à terre, avec des raids de forces spéciales qui rien que cette année ont tué des civils du Yémen à la Somalie. En d’autres termes, dans le grand Moyen-Orient tout entier, la généreuse machine à tuer de Washington crée encore un désir de vengeance dans la population civile, dont un grand nombre, quand ils n’ont pas été tués, ont été déplacés ou envoyés fuir au-delà des frontières en réfugiés de ces guerres. Elle a joué un rôle important pour déstabiliser ces régions, créant des Etats faillis et encore plus de recrues pour les groupes terroristes (8)

    La "Mère de Toutes les Bombes"  - 10 tonnes, 16 millions de dollars pièce

    La « Mère de Toutes les Bombes » – 10 tonnes, 16 millions de dollars pièce

    Laissant de côté les avancées technologiques, peu de choses ont changé depuis le Vietnam. L’armée américaine se repose toujours sur une puissance de feu énorme pour tuer des ennemis insaisissables tout en limitant les pertes (américaines). En tant qu’instrument de victoire, elle n’a pas fonctionné au Vietnam, et pas davantage en Irak ou en Afghanistan.

    Mais qu’importent les leçons de l’Histoire. Le président Trump affirme que sa « nouvelle » stratégie afghane – dont les détails suivant un porte-parole militaire ne sont « pas encore disponibles » – mènera à davantage de terroristes (de moucherons) morts.

    Depuis le 11 septembre, les dirigeants américains, Trump inclus, n’ont que rarement cherché les moyens d’éviter ces moucherons, tandis que les efforts pour « assécher le marais » dans lesquels ils prolifèrent n’ont servi qu’à les élargir encore. En même temps, les efforts pour recruter des « moucherons » indigènes – des forces supplétives locales – pour qu’elles continuent le combat ont été fort décevants. Comme au Vietnam, les Etats-Unis se sont avant tout employés à développer des marteaux meilleurs et technologiquement plus avancés (ce qui signifie plus coûteux), tout en continuant à faire des moulinets dans le nuage des moucherons – une entreprise aussi vaine que contre-productive.

    La plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire

    La guerre incessante représente la fin de la démocratie. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est James Madison (9)

    Je suis cependant fermement convaincu, comme le disait le président Eisenhower, que « seuls les Américains peuvent blesser l’Amérique ». Alors, comment soigner la blessure ? Il faut commencer par mettre l’armée sous contrôle. Une armée permanente n’existe – ou plus précisément ne devrait exister – que pour soutenir et défendre la Constitution et notre pays contre les menaces immédiates à notre survie. Des attaques sans fin contre des ennemis novices dans les arrière-cours de la planète sont loin de s’inscrire dans cette mission. En fait, plus ces attaques usent l’armée, plus elles mettent en danger la sécurité nationale.

    Un ami à moi, capitaine dans l’armée de l’air, m’a dit un jour : « Longues études, fausses études ». C’est un sentiment qui est particulièrement pertinent quand on l’applique à la guerre : combats longtemps, combats faussement. Pourtant, aussi usantes qu’elles puissent être pour les armées, les longues guerres sont encore plus dévastatrices pour les démocraties. Plus longtemps notre armée fait la guerre, plus notre pays se militarise, abandonnant ses valeurs et ses idéaux démocratiques.

    A l’époque de la Guerre froide, les régions où l’armée américaine est aujourd’hui à la peine étaient considérées comme les « zones d’ombre » où des agents secrets à la John Le Carré envoyés par les deux superpuissances faisaient assaut de coups fourrés dans des conflits ténébreux. Après le 11 septembre, ayant « enlevé les gants » (10) et cherchant à mettre KO ses ennemis, l’armée américaine est entrée en force dans ces mêmes zones d’ombre. Sans surprise, elle n’y arrive souvent pas à distinguer l’ami de l’ennemi.

    Une nouvelle stratégie pour l’Amérique, cela signifierait sortir de ces zones d’ombre de guerres sans victoire. Mais non, l’armée américaine en expansion continue d’aggraver les erreurs stratégiques des 16 dernières années .Cherchant à dominer partout mais ne gagnant nulle part pour de bon, elle pourrait pourtant s’effondrer comme la plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire.

    Texte original en anglaisWilliam J Astore, Tom Dispatch

    Traduction en français et Notes – Alexis Toulet pour le Noeud Gordien

    1 – L’expression américaine « Grand Moyen-Orient » ajoute l’Afrique du Nord au Moyen-Orient proprement dit

    2 – Était-ce analyse intelligente, ou même une stratégie pensée à l’avance ? Oussama Ben Laden remarquait dès son discours de 2004 :

    Al-Qaida a dépensé 500 000 dollars (pour réaliser les attentats du 11 septembre) tandis que l’Amérique, dans l’incident et ses suites, a perdu dans les estimations les plus basses plus de 500 milliards de dollars.

    (…) Quant à la taille du déficit économique, il a atteint des chiffres astronomiques record estimés à un total de plus d’un trillion de dollars.

    Encore plus dangereux et amer pour l’Amérique, les saints guerriers ont récemment forcé Bush à recourir à des fonds d’urgence afin de continuer le combat en Afghanistan et en Irak, ce qui montre bien le succès du plan saigner-jusqu’à-banqueroute, avec la permission de Dieu.

    Il n’est pas interdit de remarquer que les djihadistes sont des ennemis cruels, mais il ne faut surtout pas s’imaginer qu’ils seraient stupides…

    3 – Le spécialiste soviétique de l’Amérique Georgi Arbatov avait prévenu les Américains vers la fin des années 1980 : « Nous allons vous faire quelque chose de terrible. Vous n’aurez plus d’ennemi« 

    4 – Décalque de l’expression « Raj britannique » désignant le régime colonial imposé aux Indes entre 1858 et 1947

    5 – Dès les années 1960, De Gaulle remarquait que c’était une excellente chose que les Etats-Unis soient là pour contenir l’Union soviétique. Et l’Union soviétique, pour contenir les Etats-Unis.

    6 – Pourtant, s’il faut en croire la Bible, seul Dieu peut créer « à son image » (Genèse, 1, 27) – une mise en garde contre toute entreprise humaine de refaire l’autre « à son image » ?

    7 – Le dialogue suivant vaut d’être cité in extenso, tant il est significatif. A un journaliste critiquant l’intervention militaire en Irak au nom des « réalités », le consultant du président américain Karl Rove répondait en 2004 :

    « Ce n’est plus ainsi que le monde fonctionne en réalité. Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité – avec justesse j’en suis sûr – nous agirons encore, créant encore d’autres réalités, que vous pouvez étudier aussi, et c’est comme ça que les choses se passeront. Nous sommes les acteurs de l’Histoire… et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous faisons. »

    8 – Il faut toutefois souligner que si l’effet pointé par William Astore est bien réel, c’est encore pour bien d’autres raisons que des Etats s’effondrent, de la Somalie depuis un quart de siècle à la Syrie plus récemment, et bien d’autres. Imaginer que les interventions militaires de l’Amérique sont la principale cause de toutes ces Etats faillis serait illusoire, ce n’est guère vrai que pour l’Irak et la Libye – et la France a d’ailleurs une large part à ce dernier cas.

    9 – Architecte de la Constitution des Etats-Unis. Voici la citation complète :

    De tous les ennemis de la véritable liberté, la guerre est peut-être le plus redoutable, parce qu’en lui se trouve le germe et le développement de tous les autres. La guerre est mère des armées, d’où procèdent dettes et impôts, et armées comme dettes et impôts sont les instruments qui permettent d’amener la multitude sous la domination de quelques-uns. A la guerre encore, le pouvoir discrétionnaire de l’Exécutif est agrandi, son influence pour attribuer places, honneurs et émoluments est multipliée, et tous les moyens de séduire les esprits s’ajoutent à ceux de subvertir la force du peuple. La même force maligne dans le républicanisme trouve sa source dans l’inégalité des fortunes et les occasions de fraude qui découlent d’un état de guerre, et dans la dégénérescence des manières et de la morale qui découlent des deux. Aucune nation ne peut préserver sa liberté au milieu d’une guerre sans fin.

    10 – Il s’agit là d’une allusion à la torture

    source:http://www.noeud-gordien.fr/index.php?post/2017/09/29/Présent-partout%2C-victorieux-nulle-part

    http://reseauinternational.net/present-partout-victorieux-nulle-part-la-meilleure-force-autodestructrice-de-lhistoire/

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    Volontaire néerlandais dans le Donbass - "L'OTAN est l'agresseur"

     

    .

    Michel Collon - L'OTAN est une association de criminels

     

    https://www.youtube.com/watch?v=dZmUhw9CtJ8

    .


    votre commentaire
  •  

    Macron prépare une explosion du militarisme français

    Macron prépare une explosion du militarisme français

     

    Depuis sa prise de fonctions en mai et en particulier ces dernières semaines, Macron a lancé une pléthore d‘initiatives et d’annonces laissant entrevoir une augmentation explosive des interventions militaires de Paris dans les foyers de crise d‘Afrique et du Moyen-Orient. Paris attend de toute évidence la fin de l‘élection en Allemagne, pour l’heure son allié désigné, pour passer à l’acte.

    Face à la plus grave crise économique depuis les années 1930 et mis sur la touche par l‘Allemagne en Europe, l‘impérialisme français réagit par une projection diplomatique et militaire agressive à l‘extérieur. Il entend profiter du Brexit en utilisant et développant sa force militaire relative pour compenser son infériorité économique sur le continent, et créer des faits accomplis avant que Berlin n’opère son réarmement.

    Il est en même temps tributaire de la nouvelle alliance militaire scellée avec l‘Allemagne dans le cadre de l‘UE pour subsister face aux Etats-Unis. Le gouvernement souligne qu’il faut intensifier la recherche d’une « autonomie stratégique européenne » en alliance avec Berlin, commencée sous Hollande. Mais il insiste aussi nettement sur la défense des intérêts français, ce qui intensifiera le conflit avec Berlin.

    « Mon ambition est que, en qualité, en capacité de déploiement, en réactivité, nos armées s’affirment… parmi les toutes premières au monde, la première en Europe, qui protège la France, mais aussi notre continent », a dit Macron, le 29 août devant les ambassadeurs à l’Élysée. « Nous avions oublié que 70 ans de paix sur le continent européen était une aberration de notre Histoire collective… Mais la menace est à nos portes et la guerre est sur notre continent ».

    Dans ce discours, Macron a nommé la « lutte contre le terrorisme » comme l‘axe de sa politique extérieure et intérieure. Ce slogan a permis aux Etats-Unis, et d’autres pays impérialistes, dont la France, de justifier des guerres catastrophiques entraînant des millions de morts et conduisant en fait à une explosion du terrorisme. Pour Paris, il s‘agit par là de mener des interventions militaires dans les régions qui correspondent aux intérêts stratégiques traditionnels de l‘impérialisme français, l‘Afrique et le Moyen-Orient.

    Son premier chantier est l‘Afrique occidentale. Paris développe depuis des semaines une activité frénétique au Sahel. Le renforcement de l‘opération Barkhane avait déjà été décidée en mai. Celle-ci couvre, compte tenu des bases permanentes au Sénégal, en Côte d‘Ivoire et au Gabon, en gros les territoires de l‘ex-Afrique occidentale française coloniale. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, avait évoqué début mai une force « de 4 000 à 5 000 hommes » (au lieu de trois mille) pour des « opérations longues, quinze à vingt ans » selon le chef d’état-major.

    Le premier déplacement du nouveau président hors d‘Europe, en mai, avait été pour les troupes au Nord Mali où, flanqué du président malien, il avait déclaré : « Parmi les forces vives de la nation j‘ai voulu donner le premier rang aux armées françaises ». Paris a organisé un Sommet de la sécurité à Bamako en juillet appelant à la création d‘une « force régionale de contre terrorisme » des 5 pays du Sahel, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad.

    Il a annoncé depuis des efforts de « développement » au Sahel, et une offensive pour l‘ « assèchement » du financement du terrorisme, dont la tenue à Paris d’une conférence internationale sur ce point.

    Dans son discours, Macron a annoncé la création d‘un Conseil présidentiel d‘Afrique (CPA), qui le conseillera personnellement. Il se rendra bientôt à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour lancer un « Axe intégré entre l‘Afrique la Méditerranée et l‘Europe ».

    Un centre d’activité intense de Paris est la Libye où, de son propre aveu, il fait opérer des forces spéciales. Macron a réuni en juillet deux des principales factions rivales libyennes à La Celle-St-Cloud, leur faisant signer un accord. Il assure que son initiative « s‘inscrit dans une dynamique collective », mais aucune autre puissance européenne ni les Etats-Unis n‘y sont associés.

    Le second grand chantier est le Moyen-Orient, où la France est une ex-puissance coloniale. Elle y participe depuis 2014 avec l’ « opération Chammal » (1.200 militaires, officiellement) dans la « coalition contre l‘Etat Islamique », aux guerres d‘Irak et de Syrie.

    Écarté depuis l‘intervention russe, Paris essaie de reprendre la main en Syrie. Macron a abandonné la position de Hollande en faveur d‘une intervention militaire ouverte pour renverser Bachar Al-Assad. Sur fond de crise majeure entre la Turquie, l‘Allemagne et l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, s’est rendu la semaine dernière à Ankara. Il a demandé à participer aux négociations d‘Astana sur la Syrie, parrainées par la Russie et l‘Iran, auxquelles participe aussi la Turquie et où sont discutées des « zones sécurisées ».

    Alors que Berlin s‘oppose à l’entrée de la Turquie dans l‘UE, Macron a appelé la Turquie « un partenaire essentiel dans de nombreuses crises que nous affrontons ensemble ». Il veut aussi lancer son propre processus de négociation, tout en assurant soutenir les négociations de l‘ONU à Genève.

    Paris n’accepte pas les dernières sanctions américaines contre l‘Iran au moment où le capital français se rue sur ce pays à la suite de l‘accord sur son programme nucléaire. Paris tente aussi actuellement de se poser en arbitre entre l‘Arabie Saoudite et le Qatar dans le conflit qui les oppose sur fond de guerre au Yémen, où les Etats-Unis soutiennent l’Arabie Saoudite. L‘Iran et la Turquie soutiennent le Qatar dans son conflit avec Ryad.

    Le gouvernement Macron a aussi annoncé une intervention politique majeure au Liban, pays limitrophe de la Syrie et ancien protectorat français, afin de reprendre pied dans le conflit syrien.

    Le principal moyen de devenir « la première armée d‘Europe » doit selon toute apparence être l‘établissement de vastes zones d‘influence militaire là ou étaient ses anciennes colonies. Selon Macron, « La France ne saurait être ce pays post-colonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine ».

    Le gouvernement veut faire une diplomatie agressive d‘alliances « multiples » et d‘ « arbitrages » dans lesquels il essaiera de profiter des conflits opposant des pouvoirs régionaux pour imposer ses intérêts, face aux Etats-Unis, à la Chine et à la Russie, mais aussi à l‘Allemagne. « Si la sécurité s’impose comme une priorité c’est parce qu’elle est le socle du deuxième axe que j’assigne à notre diplomatie, celui de l’indépendance. Par ce terme je n’entends nullement un splendide isolement, je tire simplement les leçons de ce monde multipolaire et instable, où nous devons, chaque jour, manœuvrer par nous-mêmes selon nos intérêts » a expliqué Macron à ses ambassadeurs.

    La diplomatie n‘est ici que le prélude à de vastes opérations militaires dans les zones de l‘ancien empire colonial et au-delà. Une telle politique ne peut être financée que par l‘attaque brutale contre le niveau de vie de la classe ouvrière. Macron tentera d’imposer cette politique à une population travailleuse hostile à la guerre par le développement d’un militarisme répressif en France même.

    Macron a annoncé la création sans précédent d‘un « état major permanent des opérations de sécurité intérieure de renseignement et de lutte contre le terrorisme » rattaché à l’Élysée. Il associe les « services et états majors des ministères de l‘intérieur et de la Défense », mais aussi ceux « des transports, de la santé et de l‘industrie. »

    Francis Dubois

    source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/sep2017/macr-s20.shtml

    http://reseauinternational.net/macron-prepare-une-explosion-du-militarisme-francais/


    votre commentaire
  •  

    L'Europe pour la paix... ou pour la guerre ?

     

    Introduction. Quand verra-t-on les choses en face ? Notre monde est en plein chaos, au bord du gouffre qui sera nucléaire, inévitablement, soit provoqué délibérément, soit par dérapage, etc. Nouvel Ordre Mondial fou en préparation avec des Attali-Macron, guerres néo-con désormais surtout par procuration avec des mercenaires (Daesh qui se répand, néo-nazis en Ukraine, etc), fausses révolutions meurtrières... D'où partira l'étincelle ? Les USA pour commencer veulent la peau de la Corée du Nord, Israël de l'Iran, la France de la Syrie, l'Occident de la Russie, etc. Quand le monde explosera-t-il ? Ce qui est sûr, c'est que la grande confrontation touchera de plein fouet l'UE.

    Voici d'abord un texte de Nicolas Bonnal très soucieux de l'anéantissement prochain de l'humanité (ainsi dans son avant-dernier texte : "J’ai déjà évoqué la culture comme arme de destruction massive (et la culture en général d’ailleurs, pas la culture moderne seulement). Réseau international a courageusement diffusé en 2013 une étude complète sur l’ère du verseau et les scandaleux concerts d’Altamont ou de Woodstock qui servaient à détruire et anesthésier la jeunesse de l’époque à coups de sexe, drogue (fournie par le pouvoir) et rock’n’roll. Lucien Cerise a justement rappelé que toute cette sous-culture anglo-saxonne préparée par les sévices secrets (lisez le Tavistock Institute de Daniel Estulin), ce viol au-dessus d’un nid de cocus (Kesey était essayeur de drogues pour la CIA tout de même) a servi à dépolitiser une génération et à la préparer froidement à la liquidation mondialisée (voyez l’article de Charles Gave sur causeur.fr). Cette génération est la mienne, avec elle celle du baby-boom. Les plus jeunes paient déjà les pots cassés de cette volonté d’anéantissement. Et nous, nous avons traversé une époque d’un vide absolu, comme le soulignait déjà en ricanant l’ami Lipovetsky mis à la mode dans les années 80" - http://reseauinternational.net/le-theatre-revolutionnaire-et-la-culture-comme-armes-de-destruction-massive/), puis un texte de JC Juncker qui ne présage rien de bon. Préparons-nous au pire ! Ou sortons de l'UE et de l'OTAN ! (chantal dupille dite eva R-sistons)

     

    L’abject aveu du NYT : la guerre en Europe pour satisfaire les marchands d’armes ?

    L’abject aveu du NYT : la guerre en Europe

    pour satisfaire les marchands d’armes ?

     

    Dettes, vieillissement, migrations, guerres : le suicide occidental est en pleine forme. On ne s’en plaindra pas, on étudiera.

    En Suède, il n’y a plus de neutralité et on se livre à des jeux de guerre pour débiles affamés de nucléaire. En Norvège, on diffuse des feuilletons pour dénoncer la prochaine occupation russe. En France on hurle tout le temps après Poutine et maintenant la Chine. On se demande pourquoi tout le monde devient belliciste en Europe. J’avais déjà expliqué (1) que la plupart des chefs d’Etat baltes sont des agents américains, élevés et dressés aux Etats-Unis, ou reformatés dans les universités comme Georgetown célèbre pour sa préparation mentale. On utilise la sous-culture de Marvel comics pour les masses abruties et les universités pour des élites dont le job consiste à nous soumettre aux diktats des banksters et des militaires du Pentagone.

    Les élites européennes sont des automates dirigés depuis Washington, comme certaines fourgonnettes. Le reste est acheté ou éliminé. Rien de nouveau sous le soleil, Craig Roberts a parlé des valises de billets qui servaient à acheter les politiciens débauchés en Europe et Guy Debord disait dans ses Commentaires :

    « …sur le plan individuel, la cohérence qui règne est fort capable d’éliminer, ou d’acheter, certaines exceptions éventuelles. »

    Les politiciens hostiles ou jugés peu sûrs, comme Schroeder, Berlusconi, Villepin, ont tous été éliminés, déconsidérés.

     

    Le NYT va plus loin et explique comment les marchands et les fabricants d’armes qui possèdent une partie de notre presse en France, encadrent l’Otan et favorisent sa gestuelle militaire et eschatologique aux quatre coins de cette malheureuse planète. Mais tant qu’on les laissera faire…

    Il n’y a pas besoin de théorie de la conspiration quand on a une bonne pratique de la constatation. Raymond Aron disait à Missika-Wolton qu’il suffisait de savoir lire la presse, qu’on ne nous cache rien en fait (ou trop bien, c’est selon – méthode Edgar Poe dans le Double assassinat) ; il suffit de lire les bonnes pages des bons outils du système médiatique-industriel qui nous mène à notre perte.

    Récemment donc (2) le NYT a reproché à la Turquie ses achats russes. C’est que l’Otan appartient aux marchands d’armes, et que ces derniers, recycleurs de généraux-acheteurs, n’aiment pas qu’on aille faire ses courses ailleurs ! Grâce à mon ami Maurizio Blondet, je tombe sur ce texte étonnant qui explique froidement le dessous des cartes, comme disent les andouilles sur Arte ! Je donne ma petite traduction, plus littéraire que celle de Google :

    « Les marchands d’armes occidentaux ont fortement fait pression (lobbied) pour l’expansion de l’Otan dans les pays de l’ex-pacte communiste de Varsovie. Ils ont ensuite fait pression pour que les Etats membres de l’Otan n’aillent pas voir ailleurs (stray outside) pour leurs achats d’armes, ce qui nuirait (cut into) à leur business. »

    On conçoit donc l’intérêt de la diabolisation de Poutine. Il sert à vendre des armes. A préparer à la guerre. A conditionner les esprits, comme dans tout bon roman orwellien. De ce point de vue on se demande si la reprise de la Crimée par la Russie n’était pas secrètement désirée par l’Otan, pour rassembler les troupes, siffler la fin de la récré, et préparer la troisième guerre qui les enrichira tous… jusqu’à la mort.

    Je laisse toujours le mot de la faim à Louis-Ferdinand Céline, qui voyait tout venir :

    « Une telle connerie dépasse l’homme. Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Diable nous appréhende, que le Destin s’accomplit. »

    On n’était qu’en 1940… Et comme on n’arrête pas leur progrès…

     Nicolas Bonnal

    1) http://www.bvoltaire.fr/pourquoi-les-politiciens-baltes-detestent-poutine-et-la-russie/amp/

    2) https://www.nytimes.com/2017/09/12/world/europe/turkey-russia-missile-deal.html

    http://reseauinternational.net/labject-aveu-du-nyt-la-guerre-en-europe-pour-satisfaire-les-marchands-darmes/

     

    Le discours de Juncker sur l’état de l’UE : l’Europe se prépare à la guerre avec le monde

    Le discours de Juncker sur l’état de l’UE :

    l’Europe se prépare à la guerre avec le monde

     

    Dans son discours sur l’état de l’Union Européenne (UE) hier à Bruxelles,

    le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker,

    a présenté un programme militaire et commercial agressif pour l’UE post-Brexit.

    Juncker, le chef d’une institution méprisée par les travailleurs pour ses mesures

    d’austérité et d’État policier, invoque constamment les «valeurs européennes»

    comme base de sa politique. En dépit de ces phrases vides et trompeuses,

    son discours a envoyé un message clair : au milieu de l’effondrement des

    relations de l’UE avec des alliés de longue date, surtout Washington et Londres,

    il doit se préparer à la guerre commerciale mondiale et poursuivre une politique

    militaire indépendante des États-Unis.

    Juncker a commencé par féliciter l’UE pour « une reprise économique qui

    atteint enfin tous les États membres de l’UE », près d’une décennie après le krach

    de Wall Street en 2008. Malgré sa tentative de vendre cette prétendue reprise,

    dont les fruits ont été largement limités aux couches les plus riches de la société,

    Juncker a néanmoins adopté un ton inquiet : « Nous avons maintenant

    une fenêtre d’opportunité, mais cela ne restera pas ouvert pour toujours.

    Permettez-nous de tirer le meilleur parti de l’élan, d’attraper le vent dans

    nos voiles. »

    Tout en mettant en avant les accords de libre-échange de l’UE avec le Canada

    et le Japon et les projets pour de telles transactions avec le Mexique, l’Amérique

    du Sud et la Nouvelle-Zélande, Juncker a clairement indiqué qu’ils vont de pair

    avec des projets de mesures commerciales contre les partenaires

    commerciaux de l’Europe, et un renforcement militaire majeur.

    « Permettez-moi de dire une fois pour toutes : nous ne sommes pas des partisans

    naïfs du libre-échange. L’Europe doit toujours défendre ses intérêts

    stratégiques », a déclaré Juncker. « C’est pourquoi aujourd’hui nous

    proposons un nouveau cadre de l’UE pour le dépistage des investissements.

    Si une entreprise appartenant à un État étranger veut acheter un port européen,

    une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie

    de défense, cela ne devrait se faire que par transparence, avec un examen

    minutieux et un débat ». Juncker a ajouté que cela servirait à « protéger notre

    sécurité si nécessaire ».

    Un an depuis que les négociations américaines et européennes sur le

    Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI ; TTIP en

    anglais) ont échouées en raison des objections Françaises et Allemandes, Juncker

    n’a pas mentionné les États-Unis comme un partenaire commercial clé ou

    un pays avec lequel l’UE cherche un accord de libre-échange.

    Juncker a appelé à la formation accélérée de ce qui serait une armée de l’UE,

    trois ans après que Berlin a annoncé la remilitarisation de la politique

    étrangère allemande.

    Juncker a déclaré que l’UE devait « devenir un acteur mondial plus fort. Afin

    d’avoir plus de poids dans le monde, nous devons pouvoir prendre plus

    rapidement les décisions de politique étrangère. C’est pourquoi je souhaite

    que les États membres examinent les décisions de politique étrangère qui

    peuvent être transférées de l’unanimité au vote à la majorité qualifiée […]

    Et je souhaite que nous consacrions d’autres efforts aux questions de défense.

    Un nouveau Fonds européen de défense est en train de naître. Tout

    comme une coopération structurée permanente dans le domaine de la défense.

    D’ici 2025, nous avons besoin d’un syndicat de défense européen à part entière.

    Nous en avons besoin. Et l’OTAN le veut. »

    L’affirmation de Juncker selon laquelle l’OTAN, y compris Washington et

    Londres, ne veut que la formation d’une union de défense de l’UE n’est qu’une

    tentative de minimiser la montée rapide des conflits américano-européens.

    Au milieu d’une poussée internationale vers la guerre, les tensions militaires

    augmentent rapidement entre Washington et l’UE, et en particulier l’axe

    Berlin-Paris. Alors que Washington a pressé à maintes reprises l’Europe

    d’augmenter ses dépenses militaires ces dernières années, dans l’espoir de

    recevoir plus d’aide européenne dans ses propres guerres, Washington

    a également compté sur Londres pour mettre en échec les plans pour une

    armée de l’UE, tant que la Grande-Bretagne était dans l’UE. Après la sortie

    de la Grande-Bretagne de l’UE, cependant, l’Allemagne et la France

    ont rapidement relancé les plans d’une politique militaire agressive de l’UE

    indépendante des États-Unis.

    Un quart de siècle après que la bureaucratie stalinienne a dissous l’Union

    soviétique en 1991, privant les puissances impérialistes européennes et les

    États-Unis d’un ennemi commun, les tensions entre les principales puissances

    de l’OTAN amènent l’alliance à l’effondrement. Les bases de l’alliance

    transatlantique ont été brisées. Depuis son élection, Trump a indiqué à

    maintes reprises que son administration pourrait cibler les exportations

    d’automobiles et d’acier de l’UE avec des tarifs douaniers punitifs

    qui pourraient déclencher une guerre commerciale américano-européenne.

    Ces tensions commerciales reflètent des conflits stratégiques explosifs qui se

    développent à l’intérieur de l’OTAN, alors que le ciblage par les États-Unis

    de la Russie et de la Chine place le monde au bord de la guerre totale. Alors

    que Trump menace la Corée du Nord de guerre, le sujet de la réunion des

    ministres des affaires étrangères d’aujourd’hui, il est toujours plus improbable

    que les puissances de l’UE soutiennent Washington dans une guerre qui

    pourrait se transformer en guerre avec la Chine.

    Il est remarquable que le discours de Juncker ne mentionne pas la Russie,

    qui a été la cible d’un renforcement militaire implacable de l’OTAN en

    Europe de l’Est depuis le putsch soutenu par l’OTAN en 2014 à Kiev.

    Berlin et Paris, cependant, sont intervenus dans la crise ukrainienne

    en 2015 pour contrecarrer une politique américaine d’armement des

    milices d’extrême droite en Ukraine contre les forces russophones dans

    l’est du pays. Avec l’administration Trump qui menace à nouveau d’armer

    le régime ukrainien, ces conflits atteignent à nouveau des niveaux explosifs.

     

    Cependant, la classe ouvrière internationale est la seule force qui peut

    s’opposer à la guerre ; l’UE elle-même émerge simplement comme le

    véhicule d’une affirmation brutale et concurrente des intérêts impérialistes

    européens dans le monde, qui menace de provoquer des conflits nouveaux

    et plus sanglants.

    La politique de l’UE n’est pas une politique de paix, on peut le voir dans son

    soutien aux guerres en Libye et en Syrie et son impitoyable imposition de

    mesures d’État policier sur le plan domestique, comme l’état d’urgence en

    France. Il représente les intérêts d’un bloc rival de puissances

    impérialistes en concurrence avec Washington, qui vise à financer la

    construction d’une machine de guerre sur le dos des travailleurs européens.

    Juncker a passé une grande partie de son discours à indiquer une vaste liste

    de pays qui se sont trouvés opposés aux intérêts de l’UE.

    En réponse à la brutale répression du régime turc contre l’opposition domestique

    après un échec de tentative de coup d’État soutenu par les États-Unis et l’

    Allemagne en Turquie l’année dernière, Juncker a exclu la participation de

    la Turquie à l’UE. « La règle de droit, la justice et les valeurs fondamentales

    ont une priorité absolue dans les négociations, ce qui exclut l’adhésion à

    l’UE pour la Turquie dans un avenir prévisible », a-t-il déclaré. « Pendant

    un certain temps, la Turquie s’est éloignée de l’Union européenne à pas de

    géant. »

    Juncker a également adressé un avertissement sévère à la Grande-Bretagne.

    En réponse à la jubilation dans des rangs du Parti pour indépendance

    du Royaume-Uni (UKIP), un parti Pro-Brexit, au Parlement européen,

    Juncker les a avertis : « Je pense que vous allez regretter [le Brexit] et

    rapidement en plus, pourrais-je dire. »

    L’appel de Juncker pour le suivi des investissements étrangers en Europe

    et la propriété étrangère des ports européens était une menace voilée contre

    la Chine, qui investit fortement dans les entreprises européennes et

    a acquis une participation majoritaire dans le principal port du Pirée à

    Athènes.

    En outre, alors que le discours de Juncker vise à définir un programme à

    suivre sous la direction de Berlin et de Paris, après l’élection du

    président français Emmanuel Macron en mai et les prochaines élections

    générales allemandes du 24 septembre, il existe des divisions profondes à

    l’intérieur de l’UE elle-même.

    En visite à Athènes la semaine dernière, Macron a lancé des appels pour un

    grand remue-ménage des institutions de l’UE, y compris la création d’un

    parlement et d’un budget commun pour la zone euro. Il a également inclus

    des appels au remboursement de la dette grecque et à l’expulsion du

    Fonds monétaire international (FMI) du programme de la dette grecque, ce

    à quoi Berlin s’oppose depuis longtemps.

    Le discours de Juncker était une réprimande ciblée à Macron, il a refusé

    d’approuver ces propositions. Au lieu de cela, il a appelé à un ministère

    européen des finances et à la formation d’un Fonds monétaire européen pour

    remplacer le FMI dont le siège est à Washington. Le Monde a commenté que

    Juncker se préparait au « compromis qui pourrait résulter des négociations sur

    l’avenir de la zone euro qui pourraient débuter cet automne entre M.

    Macron et la chancelière allemande Angela Merkel qui, selon toute

    vraisemblance, remportera un quatrième mandat. »

    Alex Lantier

    source: https://www.wsws.org/fr/articles/2017/sep2017/junc-s15.shtml

    http://reseauinternational.net/le-discours-de-juncker-sur-letat-de-lue-leurope-se-prepare-a-la-guerre-avec-le-monde/

     

    L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes assises

     

    Document annexe :

    HP Dopi

    En 1945, les vainqueurs de la seconde guerre mondiale ont divisé la Corée en deux.
    La partie Nord pour l'URSS et la partie sud pour les USA
    Ce pays, qui avait plus de 5000 ans d'âge, fut déchiqueté.

    Après une rébellion de la Corée du Nord en 1953, les américains n'ont pas hésité à

    balancer des tonnes de bombes au napalm sur les Nord Coréens exterminant plus de

    20% de sa population.
     

    Déjà, le 30 novembre 1950, le président Harry Truman suggérait d'utiliser l'arme

    nucléaire contre la Corée du Nord.


    Le 9 décembre 1950, le général Mac Arthur déclara qu'il souhaitait avoir le commandement

    sur l'usage d'armes nucléaires pour anéantir les Nord-Coréens. La veille de Noel 1950

    il soumit une liste de cibles pour lesquelles il déclara avoir besoin de 26 bombes.
     

    Le 10 mars 1951 le général Mac Arthur renouvela sa demande afin de déclencher

    un "D Day atomique" sur la Corée du Nord.


    Ce projet fut abandonné suite à la menace des russes d'intervenir.

     

    Aujourd'hui nos médias nous montrent le méchant dirigeant Nord-coréen en omettant

    de préciser que ce pays, violé par les "vainqueurs", n'a jamais déclenché la moindre

    guerre en 5000 ans d'histoire. Ce n'est en tout cas pas le cas pour les USA qui n'existent

    que depuis le 4 juillet 1776 et qui ont déjà perpétré le génocide des amérindiens pour

    pouvoir se développer.

     

    Les médias ne sont pas là pour donner plusieurs sons de cloches mais ils sont là pour

    orienter une population vers les intérêts de ceux qui possèdent ces médias.

     

    https://www.facebook.com/marie.bars.7/posts/1614028355316311

     

    .


    votre commentaire
  •  

    Les sales guerres américaines : massacres, phosphore et uranium appauvri

    https://www.legrandsoir.info/les-sales-guerres-americaines-massacres-phosphore-et-uranium-appauvri.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

     

    Christine ABDELKRIM-DELANNELE

    Intervention sans mandat, bombardements de civils, utilisation d’armes illégales au phosphore et à l’uranium appauvri, de nouveaux crimes de guerre viennent s’ajouter à une liste déjà très longue. La guerre menée par les États-Unis et leurs alliés est, comme en Irak en 1991, une « sale guerre » qui ne dit pas son nom.

    Alors que les grands média internationaux se sont déchaînés sur la bataille d’Alep, accusant l’armée syrienne et ses alliés russes de divers « crimes de guerre » dont il s’est avéré, depuis, qu’il s’agissait de « fake news » diffusées par les forces rebelles, un grand silence entoure les opérations menées à Raqua (contrôlée par l’EI) par les Forces démocratiques syriennes (à majorité kurde), armées et soutenues par les bombardements de la coalition américaine. Une commission d’enquête de l’ONU présidée par Paulo Sergio Pinheiro, vient, cependant, de faire état de 300 victimes civiles, au moins, et du déplacement forcé de quelque 160 000 personnes.

    « Nous n’avons relevé que les victimes des bombardements, soit environ 300 civils, dont 200 sur un même lieu, le village d’al-Mansoura », a déclaré Karen Koning AbuZayd, l’un des membres de la commission. Le Pentagone, qui intervient sans mandat de l’ONU et sans accord du gouvernement syrien, parle d’ « opération de niveau limité ». Les Américains ont, en outre, attaqué les forces syriennes gouvernementales au cours des dernières semaines, à plusieurs occasions, sous prétexte de « protéger (ses) alliés FDS ».

    Le massacre des civils par les forces américaines et alliées est d’un tel niveau que même l’organisation Human Rights Watch (HRW), très pro étasunienne, s’est vue obligée de critiquer les conséquences des opérations à Raqqa sur la population civile. HRW a, également dénoncé le largage de bombes à phosphore blanc, illégales, par l’armée des EU sur des zones résidentielles.

    Uranium appauvri

    Il est, en outre, aujourd’hui certain, que l’armée des EU utilise des munitions à l’uranium appauvri qu’elle avait expérimentées lors de la première guerre d’Irak, en 1991. À ce titre, la Serbie vient de charger une équipe d’avocats de réunir les éléments d’une plainte contre l’OTAN qui avait déversé entre 10 et 15 tonnes d’uranium appauvri au cours des bombardements, en 1999. Elle envisage de demander aux dix-neuf pays membres de l’OTAN à cette époque, des compensations au titre de la catastrophe écologique et sanitaires (cancers et autres pathologies), de fournir la technologie et l’équipement nécessaires à la dépollution des zones contaminées et des traitements médicaux.

    Après la guerre du Kossovo, en 1999, le Parlement européen avait réclamé, le 24 janvier 2001, l’interdiction de la fabrication, des essais, de l’utilisation et de la vente d’armes à l’uranium appauvri « afin de préserver les générations présentes et futures ». En outre, la directive 96/29/Euratom stipule que tout produit dépassant une concentration de 10 000 becquerels par kilogramme, doit être confiné. L’uranium appauvri présente une concentration 1500 fois supérieure à cette limite.

    Une loi fédérale aux EU (titre 50, chapitre 40, article 2302) stipule que les armes à l’uranium appauvri correspondent à la définition des armes de destruction massive pour deux des trois de leurs critères.

    Depuis la guerre d’Irak, les Étasuniens et leurs alliés occidentaux n’ont jamais cessé d’utiliser ce type de munitions. Ils n’ont jamais reconnu, malgré toutes les preuves scientifiques et les enquêtes épidémiologiques, les conséquences de l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri sur l’environnement et les populations.

    Le cas français

    En France, pays qui a produit et utilisé ces armements, la mission parlementaire d’information, présidée par Bernard Cazeneuve, ex-Premier ministre socialiste, a conclu, en 2001, à l’innocuité de l’UA, malgré les éléments apportés, alors, par l’association AVIGOLFE (Association des Victimes civiles et militaires de la Guerre du Golfe) et les scientifiques dont elle s’était entourée. Bernard Cazeneuve a sans aucun doute, été le défenseur le plus acharné du ministère français de la Défense, dans cette affaire, niant sans nuance l’ensemble des conséquences de la « sale guerre » du Golfe sur la santé des populations et des hommes sur le terrain, soit un ensemble de pathologies identifiées au regard de facteurs chimiques, biologiques et nucléaires.

    Quinze ans plus tard, et malgré le travail remarquable de la juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geoffroy, « débarquée » en 2013, de son poste au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris, les plaintes contre X déposées par les victimes ou leur famille dans le cas de décès, ont, en 2016, « bénéficié » d’un non-lieu. Dossier classé sans suite, donc, par le nouveau juge du Pôle santé de la Justice française, comme l’ont été ceux liés au scandale de la « vache folle » ou de l’amiante, qui avaient été également instruits par la juge Bertella-Geoffroy.

    16 juin 2017

    »» http://www.afrique-asie.fr/les-sales-guerres-americaines-massacres-pho...
    URL de cet article 32014
    https://www.legrandsoir.info/les-sales-guerres-americaines-massacres-phosphore-et-uranium-appauvri.html
       

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique