• La politique africaine de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron - 17 7 2018

    https://www.mondialisation.ca/la-politique-africaine-de-la-france-sous-la-presidence-demmanuel-macron/5626710

     

    C’est bien connu, avant le début des années 1960, la France était la plus grande puissance coloniale. Tout le Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie) ainsi que les actuels Burkina Faso, Djibouti, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Union des Comores, République centrafricaine et Tchad étaient sous son contrôle en Afrique. En fait, le pillage de ces pays est devenu une base de la prospérité française au XXe siècle. De nombreuses nations, comme les Algériens, qui ont sacrifié plus d’un million de vies sur l’autel de la liberté et de l’indépendance, se souviennent trop bien des crimes des colonialistes et certains, par exemple au Rwanda, posent la question du rôle de la France dans le génocide rampant dans ces pays au cours de la période post-coloniale. 

    Malgré les horreurs du colonialisme et l’actuelle indépendance formelle des Africains, la France a toujours gardé des positions politiques et économiques dans beaucoup de ces États, même dans ceux pour lesquels elle n’était pas la « mère patrie », incitant les figures politiques africaines à parler ouvertement de l’oppression néocoloniale et du maintien de la dépendance à l’égard de Paris. Jusqu’à aujourd’hui, les réserves d’or et de devises des anciennes colonies de la France ainsi que de certaines colonies portugaises et espagnoles se trouvent à la Banque de France. Il s’agit notamment du Bénin, du Burundi, du Burkina Faso, du Gabon, de la Guinée-Bissau, de la République du Congo (Brazzaville), de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la Guinée équatoriale, du Tchad. Il est évident qu’aucun accord important de ces pays ne peut se faire sans l’approbation de la France, ce qui lui donne un immense levier sur la politique et l’économie de ces pays.

    Bien sûr, tous ces pays ne sont pas du même intérêt pour Paris. Certains sont importants du point de vue géopolitique et de la lutte contre le terrorisme, qui menace les intérêts politiques et financiers de la France, d’autres sont des marchés pour les produits français, et les troisièmes représentent la base des ressources pour l’industrie française. La priorité est donnée au Mali, au Niger, au Burkina Faso, à la République centrafricaine et à la Côte d’Ivoire. Les principales ressources que la France reçoit d’eux sont l’uranium, l’or et les diamants. L’uranium a une importance stratégique pour la France, puisque dans les années 1960 à 1970, Paris a misé sur l’énergie nucléaire et que 75% de son industrie est alimentée par l’électricité provenant des centrales nucléaires. Ce n’est donc pas un hasard si le réseau des bases militaires françaises s’étend. Sept mille soldats français sont stationnés en Afrique.

    Le président E. Macron, arrivé au pouvoir en 2016, ne s’est pas immédiatement tourné vers les affaires africaines. Depuis l’automne 2017, cependant, il leur accorde une attention considérable. En particulier, il a utilisé la présidence française au Conseil de sécurité de l’ONU et, le 30 octobre à New York, il a tenu une réunion ministérielle sur la situation dans la zone du Sahel, où se trouvent la plupart des intérêts et des préoccupations de Paris. Le terrorisme rampant et l’extrémisme, les activités des groupes terroristes provoquées à bien des égards par les actions françaises, tout d’abord au temps du président N. Sarkozy lorsque la Libye a été écrasée, et que son dirigeant M. Kadhafi qui en savait long sur le dirigeant français a été tué, frappent maintenant la France elle-même. Les sérieux intérêts économiques et politiques de Paris sont mis en cause, forçant Paris à maintenir 3 000 hommes dans la zone Sahara–Sahel depuis 2013. Il a déjà mené deux grandes opérations, Serval et Barkhane, mais a échoué à vaincre le terrorisme, bien que Paris promeuve activement l’idée de la création de forces conjointes des « Cinq du Sahel » (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Tchad, Niger), acceptée le 21 juin 2017. Le but de ces forces est qu’elles remplacent les troupes françaises, mais jusqu’à présent la tâche n’est pas vraiment réalisée car les fonds (420 millions d’euros) promis par les financeurs n’ont pas encore atteint les bénéficiaires.

    Au même moment, le ministère français de la Défense suggère que les « casques bleus » installés dans la région Sahara-Sahel (la MINUSMA) n’ont pas les moyens de protection nécessaires contre les djihadistes, et que la France n’a pas les moyens de jouer le rôle de gendarme pour l’Afrique. Le ministère plaide pour une augmentation de la contribution de l’UE et de l’OTAN et pour autoriser l’Alliance à mener des opérations dans le sud de la Méditerranée. Il faut cependant reconnaître qu’il n’y a pas d’unanimité en France sur la question. Beaucoup ne soutiennent pas cette opinion et s’opposent à l’expansion de la zone de responsabilité de l’OTAN, soutenant l’augmentation de l’efficacité des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

    En octobre 2017, Paris a publié la nouvelle doctrine militaire de la France, qui a été également signée par E. Macron lui-même. L’accent principal y est mis sur la lutte contre le radicalisme, généralement islamique, montrant que Paris est, en premier lieu, préoccupée par la situation en Afrique du Nord et dans la zone Sahara–Sahel. La question du djihadisme et du terrorisme djihadiste est décrite en détail. La thèse principale est la destruction physique des groupes djihadistes, mais cela ne supprime pas la menace terroriste en général car l’idéologie reste intacte. En réalité, l’intégrité de la doctrine se manifeste dans le fait que le terrorisme se réorganise et s’étend à de nouvelles régions, utilisant le chaos, les guerres civiles et la faiblesse des États. Les principales organisations ne disparaissent pas du tout ; et leur idéologie ne faiblit pas. Al-Qaïda et ISIS (les organisations terroristes interdites) se réorganisent et s’adaptent aux nouvelles conditions. Leurs métastases s’étendent à de nouveaux territoires, y compris l’Afrique. ISIS est toujours une organisation jouissant de possibilités mondiales. La doctrine admet qu’il existe une large sympathie et même un soutien actif au djihadisme de la population dans de nombreux pays. Selon la nouvelle doctrine, l’une des priorités dans ce contexte est de soutenir les forces conjointes des « Cinq du Sahel ».

    Simultanément, la doctrine admet que le djihadisme au Moyen-Orient est alimenté par le conflit israélo-palestinien persistant et les contradictions entre sunnites et chiites. La pensée française évolue évidemment dans la bonne direction, mais, comme déjà relevé plus haut, ils n’ont pas le cœur de dire que leurs actions ont considérablement contribué à l’expansion de cette idéologie djihadiste en Libye, qu’ils stigmatisent si furieusement et si fondamentalement.

    Un peu plus tard, E. Macron a enrichi sa doctrine militaire de dispositions économiques et sociales en rapport avec l’Afrique dans son discours-programme du 28 novembre à Ouagadougou (Burkina Faso). Dans ce discours, il a mis l’accent sur le fait que maintenant, à Paris, ils ne regardent plus les Africains de haut et les considèrent comme des partenaires égaux. Il a ouvertement confessé les crimes du colonialisme et a demandé de ne pas se fixer sur le passé. Il a cité les atteintes à la dignité humaine, la migration illégale, le terrorisme islamique, les conflits politiques internes, l’extrémisme religieux et quelques autres, dont la démographie, comme les problèmes actuels du continent africain. Il a intentionnellement remercié l’Arabie saoudite pour avoir cessé d’alimenter l’extrémisme religieux avec des fonds et n’a pas dit un mot sur les mêmes financements turcs. Et le président a promis des investissements spécifiques, auxquels très peu de gens en Afrique ont cru (les entreprises françaises sont beaucoup trop connues là-bas), bien que le pathos et le message positif de ce discours aient fait quelque impression. L’enjeu pour les programmes de formation (la France accepte de nombreux étudiants africains), ainsi qu’en général pour la jeunesse, qui ne se souvient pas de l’époque du colonialisme et, peut-être, sera prête à croire au « désintéressement » des Français, a semblé réel aux Africains.

    La nouvelle doctrine militaire et les bruyantes promesses d’aide aux Africains n’ont pas protégé les Français des attaques terroristes. Le 2 mars 2018, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a attaqué l’ambassade de France à Ouagadougou (Burkina Faso) en réponse à l’opération Barkhane dans la région du Sahel, à la mort de ses chefs (avant le 14 février, une opération des forces françaises a eu lieu durant laquelle 20 djihadistes ont été tués et capturés) et dans une tentative d’entraver l’expansion du SSSF. Les attaques terroristes ont été soigneusement préparées et réalisées, peut-être pas sans participation de l’armée burkinabée.

    À de nombreux égard, elle s’est avérée une conséquence du fait que Paris joue un double jeu dans la région du Sahara–Sahel, et tout d’abord au Mali. Ainsi, se cachant derrière des réserves humanitaires, les Français évitent de transférer la région de Kidal sous le contrôle des autorités centrales du Mali. La Coordination des mouvements Azawad contrôlent de fait la ville. Paris patronne le groupe séparatiste qu’est le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, dont le siège est situé à proximité de Paris. Les Français ferment également les yeux sur les atrocités de l’un des plus odieux extrémistes du Mali, Iyad Ag Ghali, qui agit depuis le sud de l’Algérie. Il est évident que le « deux poids, deux mesures » frappe parfois ceux qui le pratiquent.

    Mais cet aspect, et d’autres, de la politique française en Afrique seront traités dans le prochain article.

    Pavel Nastine

     

    Article original en anglais : African Policy of France at Emmanuel Macron Presidency, New Eastern Outlook, le 7 juillet 2018

    Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

    Pavel Nastin, observateur politique pour l’Asie et l’Afrique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

     


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    Voyez aussi plus bas les atrocités en cours, décidées par Israël. Notons également que l'avocat Franco-Palestinien Salah Hamouri est toujours détenu arbitrairement, et que la France laisse faire sans intervenir pour défendre son concitoyen ! (eva)

    La France main dans la main avec l’armée israélienne ?

     

    Pour la 1ère fois depuis 55 ans, deux bâtiments de la marine de guerre israélienne ont participé à Toulon à des manœuvres communes avec la flotte française en présence du chef de la marine israélienne.

    La déclaration israélienne, rapportée par l’AFP, précise qu’elles ont visé à faire face à des attaques « asymétriques » venant de petits bâtiments et à « tester nos communications en vue d’une attaque commune ».

    Il s’agit d’une démarche inacceptable qui rompt avec la politique initiée par le général de Gaulle en 1967 et renoue avec la « fraternité d’armes » de la calamiteuse expédition coloniale de Suez en 1956.

    Un message particulièrement choquant à l’heure où la France se ridiculise en empêchant les petits bateaux de la flottille de la liberté de mener à bien leur mission vers Gaza.

    Que signifie aujourd’hui en effet « une attaque commune » avec cette marine de guerre, qui sème la terreur de façon récurrente à Gaza en y menaçant ou attaquant chaque jour les pêcheurs ? Qu’est-il donc arrivé à la France à l’heure où Israël, encouragé par Trump, vise ouvertement l’Iran et risque de mettre toute la région à feu et à sang ?

    Le Bureau national
    9 juillet 2018

    http://www.france-palestine.org/La-France-main-dans-la-main-avec-l-armee-israelienne

     

     

    Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient demande à Israël de revenir sur sa décision de fermer l’unique poste-frontière commercial avec la bande de Gaza. Nikolay Mladenov s’inquiète des conséquences de cette mesure. Le (...) 
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    7 sur 7 avec Belga, 9 juillet
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    Dominique Vidal, Orient XXI, 10 juillet
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    Et si Donald Trump allait droit dans le mur au Proche-Orient ?

    François Clemenceau, Europe 1, 5 juillet
    L’armée israélienne a démoli hier matin plusieurs maisons d’un village palestinien et menace de s’en prendre à un autre dans la même zone de continuité territoriale en Cisjordanie. Et pendant ce temps, il se dit à la Maison-Blanche que le président (...) 

    Silence, on tue les enfants de Gaza !

    Ziad Medoukh, 10 juillet
    En Direct de Gaza : 2 morts et 300 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire- : Ce vendredi 29 juin 2018 : Silence, on tue les enfants de Gaza ! L’armée israélienne a tué ce vendredi 29 juin 2018 deux palestiniens dont un enfant de 13 (...) 
     
     
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    Jeudi 28 juin au soir, le Groupe Local de Nanterre organisait une soirée de solidarité avec Marwan Barghouti et tous les prisonniers politiques palestiniens. Une soixantaine de personnes ont participé à la soirée de débat qui réunissait Fadwa (...) 
    #FreedomFlottilla La flottille de la liberté pour Gaza a été accueillie chaleureusement à Lyon le vendredi 29 juin 2018. Depuis les ponts, tout au long de la Saône, jusqu’au rassemblement à Confluence, plusieurs centaines de personnes étaient (...) 
    Samedi 30 juin, l’Afps d’Albertville a organisé son 6ème tournoi de foot en solidarité avec la Palestine, pour Gaza et les enfants du camp de réfugiés de Jenin (Maison Chaleureuse) : 12 équipes, une centaine de joueurs sur le stade olympique de 8h à 15h (...) 

    Réfugiés : bulletin d’informations n°9

    Groupe de travail Réfugiés de l’AFPS, 10 juillet
    Bulletin n°9 - printemps 2018 
    Samedi 23 juin, l’AFPS 85 avait appelé ses adhérents et amis à faire la fête au bateau et son skipper palestiniens, inscrit pour la Golden Globe Race, course qui partira le dimanche 1er juillet à 9 heures, sans assistance, sans moyens modernes et sans (...) 
    Le samedi 23 juin à 17h00 devant la statue Duperré devant la grosse horloge à La Rochelle s’est tenu un rassemblement pour Gaza et la flottille de la liberté. Chers amis de la Palestine, De nombreuses personnes sont venues soutenir le « bateau (...) 

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  • L’UE peut-elle devenir un partenaire pour la Russie ?

    L’UE peut-elle devenir un partenaire pour la Russie ?

    Par The Saker

    La confirmation de la nomination (quoique quelque peu remanié) du « bloc économique » du gouvernement Medvedev a suscité de nombreux commentaires, certains meilleurs que d’autres. Aujourd’hui, je veux m’intéresser à une hypothèse spécifique qui peut être résumée comme ceci : Poutine a décidé de ne pas purger le « bloc économique » impopulaire du gouvernement russe parce qu’il voulait présenter à l’UE des « visages connus » et des partenaires auxquels elle fait confiance. Juste maintenant, avec le comportement insensé de Trump s’aliénant la plupart des leaders européens, c’est le moment parfait pour ajouter un « attrait » russe à la « poussée » américaine et aider au rapprochement de l’UE avec la Russie.

    En renommant les « libéraux » russes (c’est un euphémisme pour les entités du genre de l’OMC/Banque mondiale/FMI/etc.), Poutine a rendu la Russie aussi attractive que possible pour l’UE. En fait, l’énorme succès du sommet de Saint-Pétersbourg et du Forum parlementaire est la preuve que cette stratégie fonctionne.

    Cette analyse repose sur une hypothèse cruciale : l’UE, dans de bonnes conditions, pourrait devenir un partenaire pour la Russie.

    Mais cette hypothèse est-elle justifiée ? Personnellement, je ne le crois pas, et je vais essayer d’exposer les raisons de mon scepticisme :

    Premièrement, il n’y a pas d’« UE », du moins pas en termes politiques. Plus important encore, il n’y a pas de « politique étrangère de l’UE ». Oui, il y a des États membres de l’UE, des dirigeants politiques, il y a une grande communauté d’affaires dans l’UE et il y a beaucoup d’organisations européennes, mais l’UE n’existe pas, surtout pas en termes de politique étrangère. La meilleure preuve de cela est la façon dont la soi-disant « UE » a été ignorée en Ukraine, puis avec les sanctions anti-russes, la gestion de l’invasion d’immigrants illégaux, et maintenant avec Trump. Au mieux, l’UE peut être considérée comme un protectorat/colonie américaine, certains sujets étant « plus égaux que d’autres » (par exemple, le Royaume-Uni versus la Grèce). La plupart des États membres (tous ?) de l’UE obéissent abjectement aux États-Unis, ce qui n’est pas surprenant étant donné que même le soi-disant « leader européen » ou « poids lourd de l’UE » – l’Allemagne – n’a qu’une souveraineté très limitée. Les dirigeants de l’UE ne sont rien d’autre qu’une élite compradore qui se fout des opinions et des intérêts des citoyens européens. Le fait indéniable est que la soi-disant « politique étrangère de l’UE » est allée à l’encontre des intérêts vitaux des peuples d’Europe pendant des décennies et que ce phénomène ne fait que s’aggraver.

    The-New-NATO-282x300Deuxièmement, l’organisation la plus puissante et la plus unifiée en Europe n’est même pas une organisation de l’UE, mais l’OTAN. Et l’OTAN, en termes réels, n’est rien moins qu’à 80% les USA. Oubliez ces armées européennes féroces, elles sont toutes bidons. Non seulement elles ne représentent aucune force crédible (étant trop petites, trop mal entraînées, sous-équipées et mal commandées), mais elles dépendent complètement des États-Unis pour une longue liste de capacités critiques et de « multiplicateurs de force » : commandement, contrôle. En outre, en matière de formation, de planification des forces, d’acquisition, de déploiement et de maintenance des systèmes d’armement, les États membres de l’UE sont également totalement dépendants des États-Unis. La raison ? Le budget militaire américain éclipse totalement tout ce que les États de l’UE peuvent dépenser, alors ils dépendent tous de l’Oncle Sam. Bien sûr, la figure de proue de l’OTAN – le secrétaire général – est généralement une non-entité qui fait des déclarations bruyantes et européennes (je pense à Stoltenberg comme parfait exemple), mais l’OTAN n’est pas dirigée par le secrétaire général de l’OTAN. En réalité, elle est dirigée par le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), qui est à la tête du grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) et ces hommes sont aussi rouges, blancs et bleus que possible [c’est à dire américains, NdT]. Oubliez les « Eurocorps » ou toutes les autres « armées européennes » – c’est du pipeau, comme l’éclat récent de Trudeau face à Trump. En réalité, dans l’UE, comme au Canada, ils savent tous qui est le patron. Et voici le fait le plus important : l’OTAN a désespérément besoin de la Russie pour justifier sa propre existence ; si les relations avec la Russie s’améliorent, alors l’OTAN n’aura plus de raison d’être. Pensez-vous vraiment que quelqu’un va laisser cela se produire ? Je n’en suis pas sûr ! Et maintenant, les Européens sont occupés à demander plus de troupes américaines sur leur sol, pas moins, et ils prétendent tous être terrifiés par une invasion russe, d’où la nécessité d’exercices militaires de plus en plus nombreux à proximité de la frontière russe. Et, juste pour évoquer toutes ses bases, l’OTAN s’étend maintenant progressivement en Amérique latine.

    Troisièmement, il y a une longue liste de gouvernements de l’UE qui ont absolument besoin de continuer d’entretenir de mauvaises relations avec la Russie.

    Ils incluent :

    1 – Les gouvernements impopulaires qui ont besoin d’expliquer leurs propres échecs par les actions néfastes d’un épouvantail extérieur. Un bon exemple est la façon dont les autorités espagnoles ont accusé la Russie pour la crise en Catalogne. Ou les Britanniques avec leur « Brexit ». Les Suédois font encore mieux, ils préparent déjà leur opinion publique à une « ingérence russe » dans le cas où les résultats des élections ne s’avèrent pas être ce dont ils ont besoin.

    2 – Les gouvernements dont la rhétorique a été si hystériquement anti-russe qu’ils ne peuvent plus reculer. Les meilleurs exemples : le Royaume-Uni et Merkel. Mais puisque la plupart (mais pas tous) des États de l’UE ont réagi au coup monté Skripal sur la base d’affirmations Britanniques « hautement probables » et au nom de la « solidarité », ils sont maintenant tous coincés en tant que complices de cette politique. Il n’y a aucun moyen pour qu’ils admettent avoir été couillonnés par les rosbifs.

    3 – Les putes de l’UE : ce sont des États dont la seule politique est d’assister les États-Unis contre la Russie. Ces États s’affrontent de la façon la plus abjecte pour voir qui sera le plus lèche-cul dans la catégorie du « serviteur loyal le plus fidèle et le plus volontaire des États-Unis ». Les meilleurs exemples sont, bien sûr, les trois mini-États baltes, mais la pôle position doit aller aux « Polacks  farouchement patriotiques » qui sont maintenant prêts à payer l’oncle Sam pour son occupation militaire (même si ce dernier essaie de les racketter pour des milliards de dollars). Il est vrai que maintenant que les subventions de l’UE s’épuisent, la situation de ces États devient de plus en plus désastreuse et ils savent que le seul endroit où ils peuvent encore obtenir de l’argent est les États-Unis. Donc, ne vous attendez pas à ce qu’ils changent d’avis de sitôt (même si la Bulgarie a déjà réalisé que tout le monde dans l’Ouest s’en fout).

    4 – Les gouvernements qui veulent réprimer toute dissidence interne en accusant tout mouvement/parti politique patriotique ou indépendant d’être « payé par le Kremlin » et de représenter les intérêts russes. Le meilleur exemple est la France dans sa façon de traiter le Front national. Je dirais que la plupart des États membres de l’UE travaillent d’une manière ou d’une autre à la création d’un « État de sécurité nationale » parce qu’ils réalisent (à juste titre) que les Européens sont profondément frustrés et s’opposent aux politiques européennes (d’où tous les référendums anti-UE perdus par les élites dirigeantes).

    Contrairement à un mythe très souvent répété, les intérêts économiques européens ne représentent pas une force puissante contre la russophobie. Pourquoi ? Regardez l’Allemagne : malgré toute l’implication de celle-ci (et de Merkel personnellement) en Ukraine, et malgré toute la rhétorique stupide sur « La Russie agresseur » qui « ne respecte pas les accords Minsk », le North Stream va de l’avant ! Oui, l’argent parle, et la vérité est que tandis que les sanctions anti-russes ont coûté des milliards à l’Europe, les grands intérêts financiers (disons la société française Total) ont trouvé des moyens d’ignorer/contourner ces sanctions. Oh, bien sûr, il y a un lobby pro-commerce en faveur des intérêts russes en Europe. C’est réel, mais il n’a tout simplement pas le pouvoir des forces anti-russes dans l’UE. C’est la raison pour laquelle, depuis des années, plusieurs politiciens et personnalités de l’UE ont fait des commentaires sur la levée des sanctions, mais quand ils ont voté, ils ont tous voté selon les directives des vrais patrons.

    À propos, la russophobie de l’UE n’est pas générée que par les États-Unis. Nous avons clairement vu que le jour où Trump a suggéré que le G7 (ou, plus exactement, le G6 + 1) avait besoin de ré-inviter la Russie, ce sont les Européens qui ont dit « non ! ». Dans la mesure où il existe une « position de l’UE » (même très discrète et très faible), elle est surtout antirusse, en particulier dans le nord de l’Europe. Donc, quand l’Oncle Sam dit aux Européens d’obéir et de s’engager dans l’éreintement russe habituel, ils se mettent rapidement en ligne, mais dans les rares cas où les États-Unis ne poussent pas un programme anti-russe, les politiciens européens disent soudainement « non ». Soit dit en passant, malgré toutes les déclarations de Trump sur le retour de la Russie au G6 + 1, les États-Unis sont toujours occupés à imposer plus de sanctions à cette dernière.

    Les mini-guerres en cours, entre les USA et l’UE – sur le commerce, l’Iran et Jérusalem – ne signifient nullement que la Russie puisse automatiquement en bénéficier. Encore une fois, le meilleur exemple est le dernier sommet désastreux du G6 + 1 au cours duquel Trump s’est généreusement aliéné tout le monde pour voir ensuite le G6 répéter sa position anti-russe, même si le G6 + 1 a besoin de la Russie beaucoup plus que la Russie n’a besoin du G7 (et même en vérité pas du tout !). Tout comme les dirigeants américains et israéliens peuvent être en désaccord et, à l’occasion, se battre les uns les autres, cela ne signifie nullement qu’ils ne sont pas fondamentalement comme cul et chemise. Il suffit de penser aux « familles » mafieuses qui peuvent être en « guerre » les unes contre les autres, mais cela ne signifie nullement que cela profite au reste de la population que tous les gangsters escroquent.

    La crise ukrainienne ne profitera qu’aux forces anti-russes en Europe. Il y a une très forte probabilité pour que, dans un futur proche, le régime ukronazi essaye de reconquérir la Novorussie (DNR/LRN). Je soutiens que le résultat d’une telle attaque ne fait aucun doute – les Ukronazis vont perdre. La seule question est la suivante : dans l’intérêt de qui vont-ils perdre ?

    Option 1 : ils perdent face aux forces combinées due la DNR et de la LNR. C’est probablement le résultat le plus probable. Si cela se produit, il y a une très forte probabilité de contre-attaque de la Novorussie pour libérer la plupart des régions de Donetsk et de Lougansk, en particulier les villes de Slaviansk et de Marioupol. Attendu que le comportement passé est le meilleur indicateur du comportement futur, nous pouvons être assurés de ce que sera la réaction à Kiev et en Occident : la Russie sera accusée pour tout cela. Les Anglosionistes n’admettront jamais que le régime ukronazi a perdu une guerre civile contre son propre peuple parce que les Novorusses n’accepteront jamais un régime nazi chez eux. Ainsi, une victoire des Novorusses se traduira par encore plus de russophobie hystérique.

    Option 2 : les Ukronazis réussissent leur attaque et menacent d’envahir Donetsk, Lougansk et le reste de la Novorussie. Poutine ne peut tout simplement pas permettre que cela se produise. Il a fait cette promesse à plusieurs reprises et il l’a récemment répétée lors de sa « ligne ouverte » avec le peuple russe. Si les Russes sont forcés d’intervenir, ce ne sera pas une invasion terrestre massive – ce n’est pas nécessaire. La Russie a la puissance de feu nécessaire sous la forme de frappes de missiles et d’artillerie pour détruire les forces ukronazies qui attaquent et pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur toute la région de la Novorussie. Si Kiev continue et lance une attaque à grande échelle contre la Russie proprement dite, les forces armées ukrainiennes seront totalement désintégrées et cesseront le combat dans les 48 heures. Ce scénario est ce que j’appelle le « rêve neocon » car une telle intervention russe ne sera pas imaginaire, mais bien réelle et le Kremlin confirmera même tout cela très publiquement et reconnaîtra probablement les deux Républiques novorusses comme ce qui s’est passé le 8 août 2008 lorsque Saakachvili a décidé d’envahir l’Ossétie du Sud. Ainsi, les Anglosionistes auront (enfin !) la « preuve » que la Russie est l’agresseur, les Polonais et les Baltes se prépareront à une invasion russe « imminente » sur leurs territoires et je pense qu’il y a de bonnes chances pour que les forces de l’OTAN entrent dans l’ouest de l’Ukraine pour « arrêter les Russes », même si les Russes n’ont absolument aucun désir (ni même aucune raison valable) de vouloir envahir le reste de l’Ukraine et encore moins, la Pologne, la Suède ou les États baltes.

    J’admettrais qu’il y a encore une petite possibilité pour qu’une attaque ukronazie ne se produise pas. Peut-être que Porochenko & Co. vont se dégonfler (ils connaissent l’état réel des escadrons de la mort ukies et des bataillons de volontaires) et il est même possible que la récente menace de Poutine sur les « conséquences graves pour l’État ukrainien » aura l’effet nécessaire. Mais qu’arrivera-t-il,  même si cette attaque n’a pas lieu ? Les dirigeants de l’UE et le régime ukronazi à Kiev accuseront toujours la Russie en voyant l’Ukraine devenir un État failli. Quel que soit le scénario que vous trouvez plus probable pour l’Ukraine, les choses ne feront que s’aggraver et tout le monde accusera la Russie.

    La crise en Syrie ne profitera qu’aux forces anti-russes en Europe. Il devient de plus en plus clair que les États-Unis tentent maintenant une reconquista de la Syrie ou, au moins, un éclatement de la Syrie en plusieurs zones, y compris celles contrôlées par les États-Unis. À l’heure actuelle, les États-Unis et les bons terroristes ont perdu la guerre, mais cela ne les empêche pas d’en rallumer une nouvelle, surtout en réorganisant, en recyclant, en redéployant et, surtout, en rebaptisant les mauvais terroristes survivants en  bons. Ce plan est soutenu par l’argent saoudien et la puissance de feu israélienne. En outre, la Russie rapporte maintenant que les forces spéciales américaines travaillent déjà avec les (nouveaux) bons terroristes pour – vous l’aurez deviné – préparer une nouvelle attaque chimique contre les Syriens. Et pourquoi pas ? Cela a fonctionné parfaitement déjà plusieurs fois, pourquoi ne pas recommencer ? À tout le moins, cela donnerait aux États-Unis un autre moyen d’envoyer leurs Tomahawks pour montrer leur efficacité – même s’ils échouent à nouveau, les faits n’ont pas d’importance ici. Et ne vous méprenez pas, une « victoire » américaine en Syrie (ou au Venezuela) serait un désastre non seulement pour la région, mais pour tous les pays qui veulent devenir souverains (voir l’excellent article d’André Vltchek sur ce sujet ici). Et, encore une fois, la Russie sera blâmée pour tout cela et, avec des cinglés certifiés comme Bolton, les forces russes pourraient même être attaquées. Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois, c’est loin d’être terminé. Tout comme dans le cas ukrainien, un accord pourrait être conclu (au moins les responsables militaires américains et russes se parlent-ils encore) mais mon opinion personnelle est que conclure n’importe quel accord avec Trump est aussi futile que de conclure un accord avec Netanyahou : on ne peut faire confiance à aucun des deux, ils vont rompre toutes les promesses en un clin d’œil. Et si l’enfer se déchaîne en Syrie et/ou en Iran, l’OTAN veillera à ce que les Européens se rangent tous rapidement et docilement (« solidarité », vous vous rappelez ?).

    En résumé, l’UE a peu de chances de devenir un partenaire viable pour la Russie et l’avenir semble plutôt sombre.

    Une objection à mon pessimisme est le succès indéniable du récent sommet de Saint-Pétersbourg et du Forum parlementaire. Cependant, je crois qu’aucun de ces événements n’était vraiment centré sur l’Europe, mais sur le monde en général (voir l’excellent rapport de Gilbert Doctorow sur ce sujet ici). Oui, la Russie se porte très bien et alors que les médias anglo-sionistes aiment parler de « l’isolement » de celle-ci, le fait est que c’est l’Empire qui est isolé, tandis que la Russie et la Chine ont un énorme succès en construisant le monde multipolaire avec lequel elles veulent remplacer l’Empire. Alors qu’il est vrai que les dirigeants occidentaux préfèrent voir un « bloc économique » libéral dans le nouveau gouvernement russe, le reste du monde n’a aucun désir de ce genre (surtout si l’on considère combien de pays ont souffert de terribles épreuves entre les mains de l’OMC, la Banque Mondiale, le FMI etc.).

    Conclusion

    L’Empire anglo-sioniste n’est pas basé aux USA, ni dans l’UE, ni en Israël, ni ailleurs sur la planète. C’est une entité transnationale avec des variations régionales et qui groupe différents centres d’intérêt sous son égide. Vous pouvez le considérer comme un gang criminel gigantesque rackettant toute la planète en échange de « protection ». Penser qu’en présentant un visage « libéral » à ces voyous, vous gagnerez leur soutien est extrêmement naïf car ces gars-là ne se soucient pas de votre visage : ce qu’ils veulent, c’est votre soumission. C’est Vladimir Poutine qui l’a dit le mieux : « Ils ne veulent pas nous humilier, ils veulent nous soumettre, résoudre leurs problèmes à nos dépens ».

    Cependant, si l’UE est, à toutes fins pratiques, inexistante, la Russie peut, et s’engagera avec différents États membres de l’UE. Il y a une énorme différence entre, disons, la Pologne et l’Italie, ou le Royaume-Uni et l’Autriche. De plus, l’UE n’est pas seulement dysfonctionnelle, elle est également non viable. La Russie bénéficierait énormément de l’effondrement ou de la réforme profonde de l’UE actuelle, car l’UE actuelle est une pure création du genre Bilderberg soutenue par les États-Unis et non le genre d’Europe dont les Européens ont besoin. En fait, je dirais même que l’UE est le plus grand danger pour les peuples du continent européen. La Russie devrait donc utiliser ses ressources pour encourager la coopération bilatérale avec les États membres de l’UE et ne prendre aucune mesure susceptible de renforcer (voire de légitimer) les organisations dérivées de l’UE telles que le Parlement européen, la Cour européenne des droits de l’homme, etc., ce sont toutes des entités qui cherchent à saper la souveraineté de tous leurs membres, y compris la Russie. Poutine l’a mieux dit quand il a récemment déclaré que « soit la Russie est un pays souverain, soit il n’y a pas de Russie ».

    Quels que soient l’idéologie et les slogans, tous les empires sont intrinsèquement mauvais et intrinsèquement dangereux pour tout pays désireux d’être véritablement souverain. Si la Russie (et la Chine) veulent créer un monde multipolaire, elles doivent se désengager progressivement de ces entités transnationales qui sont totalement contrôlées par l’Empire, c’est vraiment aussi simple. Au lieu de cela, la Russie doit engager les pays, les partis politiques et les forces qui défendent ce que de Gaulle appelait « l’Europe des patries ». L’Empire anglosioniste et l’UE connaissent tous les deux la crise la plus profonde de leur histoire et leur destin est scellé. Tôt ou tard, un à un, les pays européens retrouveront leur souveraineté, tout comme la Russie. Ce n’est que si les peuples européens parviennent à recouvrer leur souveraineté que la Russie pourra rechercher de véritables partenariats en Occident, ne serait-ce que parce que la masse continentale eurasienne, en développement et en intégration, offre d’énormes possibilités économiques qui pourraient être très bénéfiques pour les nations européennes. Une Europe prospère « de l’Atlantique à l’Oural » est encore une possibilité, mais cela n’arrivera que lorsque l’actuelle Union européenne et l’OTAN seront remplacées par de véritables institutions européennes et que les élites européennes actuelles seront remplacées par des souverainistes.

    Le peuple russe, l’UE, et j’ajouterais les États-Unis, ont tous le même but et le même ennemi : ils veulent recouvrer leur souveraineté, se débarrasser de leurs élites corrompues et franchement traîtresses, et se libérer de l’hégémonie de l’Empire anglosioniste. C’est pourquoi la question de la « vraie souveraineté » – et des valeurs traditionnelles nationales – est, je crois, l’idée politique la plus unificatrice et la plus puissante pour vaincre l’Empire. Ce sera une longue lutte, mais le résultat ne fait aucun doute.

    The Saker

    Source thesaker.is

    PS : juste au moment où j’envoyais ce texte je suis tombé sur cet article de Paul Craig Roberts « L’Europe est-elle trop encombrée pour normaliser ses relations avec la Russie ? ». Lisez-le aussi !

    Pour ceux qui comprennent le russe:    

    Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

    via:http://lesakerfrancophone.fr/lue-peut-elle-devenir-un-partenaire-pour-la-russie

    https://reseauinternational.net/lue-peut-elle-devenir-un-partenaire-pour-la-russie/

    VOIR AUSSI :

    Les sanctions américaines vont-elles ouvrir l'époque du "patriotisme économique" en Russie?

    http://russiepolitics.blogspot.com/2018/06/les-sanctions-americaines-vont-elles.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+RussiePolitics+%28Russie+politics%29&utm_content=Yahoo%21+Mail

     


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    Et n'oublions pas le rôle ambigu et inquiétant de Macron en Syrie, pouvant mener à la WW3 ! (eva R-sistons, pseudo de Chantal Dupille)

     

    Macron  au Forum de Saint-Pétersbourg


    La crise de la politique étrangère française


    © Sputnik . Ramil Sitdikov Points de vue 12:40 23.06.2018URL courte
    Jacques Sapir
    https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806231036920613-macron-crise-politique-europe/

     

    La politique étrangère d'Emmanuel Macron est-elle en train de s'effondrer. Patente depuis plusieurs semaines, sa crise s'est accélérée à l'évidence. C'est le résultat des illusions du Président de la République, illusions sur l'Allemagne mais aussi sur le pouvoir de la communication.

    Cette crise se traduit par une dramatique perte d'influence de la France dans la politique internationale, une perte d'influence qui résulte de mauvais choix diplomatiques et d'erreurs répétées dans les alliances. Mais, sur le fond, elle reflète aussi l'effondrement d'une politique internationale basée sur l'idéologie et non les intérêts supérieurs du pays, sur la communication, sur la manipulation des émotions, au détriment de la politique.

    Un constat d'échec


    Sommet Merkel-Macron: l’hypocrisie du couple franco-allemand dans une UE en «délitement»

    L'accumulation des échecs subis par Emmanuel Macron et par la France depuis ces dernières semaines est frappante. De la déliquescence de la structure du G-7, à la capitulation de la France face aux sanctions américaines sur l'Iran, de l'éviction de la France comme puissance susceptible de peser sur la question du Moyen-Orient, à l'engagement scandaleux de notre pays dans la guerre civile qui ravage le Yémen aux côtés de l'Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, jusqu'à la gifle, car il n'y a pas d'autres mots pour qualifier cela, que la France s'est prise en politique européenne, le bilan est particulièrement sombre. Cette accumulation d'échecs et de revers traduit tant une ligne politique erronée que des méthodes inappropriées pour la faire avancer. La politique étrangère de la France est en crise à la fois dans la forme et dans le fond.

    Emmanuel Macron a cherché à mener une politique qui était en partie dans la continuité de celle de François Hollande, mais qui se voulait plus ambitieuse. Il entendait jouer de sa prétendue « amitié » avec le Président américain, Donald Trump, pour faire pression sur Angela Merkel et conduire cette dernière a accepter les propositions françaises de fédéralisation « à petit pas » de l'Union Européenne. L'erreur, ici, était double.

    A cette erreur, fondamentale, est venue s'ajouter une autre: celle qui consistait à croire que les Etats-Unis pouvaient soutenir la France dans son projet de rééquilibrage des relation au sein de l'UE. Penser cela, c'était oublier que pour les dirigeants américains, la véritable question est celle de la relation avec la Chine. C'était oublier aussi que parmi les « néo-con » qui peuplent l'administration américaine nombreux sont ceux qui n'ont ni oublié ni pardonné la politique française de 2002-2003 et son opposition à l'intervention en Irak et veulent rabaisser à tout prix la France, lui ôter tout moyen d'avoir une politique étrangère indépendante. Le résultat est là, l'Allemagne a repoussé toutes les propositions françaises à 2021, et la France est méprisée aux Etats-Unis. La première était de croire que l'Allemagne pourrait voir un quelconque intérêt dans des mesures dont elle voit bien que l'objectif ultime est de limiter ses marges de manœuvres. Or, il faut le savoir, l'Allemagne ne conçoit l'Union européenne que comme un paravent lui permettant d'avancer sa propre politique internationale. Cette dernière relève en réalité d'une obsession mercantiliste: développer toujours plus l'excédent commercial allemand, même au prix de la déstabilisation économique de l'ensemble des pays de l'Union européenne.

    L'abandon d'une vision multipolaire du monde

    A cet échec patent sur la question européenne que vient renforcer nos mauvaises relations avec l'Italie, une situation qui nous isole un peu plus et nous affaiblit au sein de l'UE, vient s'ajouter un autre échec, sur la question du multilatéralisme.

    La France, par tradition, défend des relations internationales équilibrées, donnant une large place aux organisations internationales. Or, sur ce point, elle a rompu avec cette politique en s'alliant avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des frappes qui sont juridiquement illégales contre la Syrie. Elle a accepté de faire en 2018 ce à quoi elle s'était refusée en 2003. En agissant ainsi, la France s'est mise hors-jeu par rapport aux négociations qui inévitablement s'engageront sur la question du Moyen-Orient. Le gouvernement d'Emmanuel Macron a redoublé cette erreur par l'engagement auprès de la coalition arabe qui intervient dans la dramatique guerre civile au Yémen, rendant désormais absolument illisible notre politique vis-à-vis de l'Iran.


    Tous ces reniements ont été justifiés par l'idée qu'un rapprochement avec les Etats-Unis était nécessaire pour construire un rapport de force face à l'Allemagne. Mais, nous ayant utilisé, les américains nous ont abandonné car ils n'avaient plus besoin de nous. La farce du G-7 le démontre. Et nous ne pouvons même pas escompter faire jeu commun avec l'Allemagne car cette dernière a d'autres intérêts que les nôtres aux Etats-Unis, et aussi d'autres moyens de les faire valoir.

    La question des alliances

    La question de l'embargo sur l'Iran résume bien tout cela. Sur ce point, il convient néanmoins d'être juste. La responsabilité première de l'impuissance de la France revient à François Hollande. C'était sous son mandat qu'une banque française, et non des moindres, avait été condamnée au nom de l'interprétation extraterritoriale du droit américain. La France aurait dû, à l'époque tant se pourvoir devant la Cour Internationale de La Haye, et obtenir sans doute une condamnation de Washington, qu'établir ses propres règles lui permettant de cibler en rétorsion les entreprises américaines. Par mauvais calculs, mais aussi par lâcheté, François Hollande s'y est refusé. Un retard considérable a donc été pris sur ce point. Il n'exonère pas Emmanuel Macron, qui aurait pu reprendre les procédures, ce qu'il n'a pas fait, et menacer de rétorsion le gouvernement des Etats-Unis.
    Bien sûr, qui dit affrontement avec les Etats-Unis dit recherche d'alliés et d'alliances. Ici encore, en se coupant pour des raisons purement idéologiques, de la Russie, mais aussi de la Chine, le gouvernement d'Emmanuel Macron s'est condamné à l'isolement, et donc à l'impuissance et à la capitulation honteuse. Car, s'il est un fait qui aujourd'hui émerge, c'est l'importance face à la politique des Etats-Unis de ce nouveau pôle que représente l'Organisation de Coopération de Shanghai, et qui concrétise une forme d'alliance entre la Russie, la Chine et l'Inde (et aussi quelques autres pays).

    La dialectique de la politique en Europe et de la politique dans le monde

    La France a, depuis 1945, cherché à garantir son indépendance tant par des efforts nationaux (et en particulier l'accession à la dissuasion nucléaire), que par une politique visant à présenter notre pays comme un médiateur possible entre les « blocs ». Aujourd'hui, face aux Etats-Unis qui imposent leur politique de manière unilatérale, il faut comprendre que la seule possibilité pour la France de développer une politique originale, une politique permettant à la singularité française de s'exprimer, passe par des liens tant économiques que politiques avec les autres puissances qui défendent elles-aussi la conception d'un monde multipolaire.

    Cela implique aussi de se dégager du carcan européiste qui soumet, tant économiquement que politiquement, la France à la volonté allemande. Il faut enfin ouvrir les yeux. Le « couple » franco-allemand n'existe pas. Il n'a jamais existé que dans les délires des éditocrates français. Cette expression de « couple » est fort peu, et pour tout dire quasiment pas, employée outre-Rhin. L'Allemagne suit sa politique, une politique qui peut la conduire par moment à flatter la France, mais qui n'entend pas partager avec elle sa souveraineté retrouvée depuis 1991. Car, et cette leçon n'a manifestement pas été apprise par Emmanuel Macron, la souveraineté ne se partage pas.

    Il y a en réalité une dialectique profonde entre la politique mondiale et la politique européenne pour notre pays. La France ne peut espérer peser à nouveau en Europe qu'en retrouvant sa place et ses ambitions au niveau international. Elle ne pourra consolider cette place et ces ambitions que sur la base d'un rééquilibrage du rapport des forces au sein de l'Union européenne.

    à lire aussi sur l'excellent site à visiter CHAQUE jour,

    https://reseauinternational.net/la-crise-de-la-politique-etrangere-francaise/

     

     

     

    L’hypocrisie de la France dans la guerre au Yémen en passe d’être dénoncée?

    Publié par Gilles Munier 23 Juin 2018

    Par Louis Doutrebente (revue de presse : Sputnik -19/6/18)

     

    http://www.france-irak-actualite.com/2018/06/l-hypocrisie-de-la-france-dans-la-guerre-au-yemen-en-passe-d-etre-denoncee.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

     

    Dans la terrible guerre du Yémen, quel rôle la France joue-t-elle? Celui de l’humanitaire, alors que Paris devrait recevoir dans une semaine une conférence internationale sur la situation au Yémen? Celui de l’arbitre, jouant les bons offices entre loyalistes et rebelles? Ou celui de l’hypocrite, soutenant l’un des belligérants? Éléments de réponse.

     

    La guerre au Yémen, guerre par procuration! Elle oppose des forces progouvernementales appuyées par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite à des rebelles chiites soutenus plus ou moins directement par l'Iran. Moins connue est l'implication directe des pays occidentaux.

    Si la présence des «Green Berets», les forces spéciales américaines, en territoire yéménite a été révélée à plusieurs reprises par la presse anglo-saxonne, notamment en mai dernier, la présence de la France est plus obscure. Paris prend-elle directement part à ce conflit qui entraîne, selon l'ONU, «la pire crise humanitaire du monde»?

    Les forces gouvernementales yéménites et celles de la coalition ont lancé l'assaut sur Hodeïda (ou Al Hudaydah), ville de 600.000 habitants tenue par les rebelles Houthis, le 13 juin dernier. Véritable cible des assaillants, le port d'Hodeïda est le poumon du Yémen et le point névralgique de cette guerre parce qu'il y transite 70% des ressources humanitaires destinées au 22 millions de Yéménites. Deux jours plus tard, le 15 juin des sources émiraties révélaient que la France allait contribuer au déminage des infrastructures portuaires.

    Un peu embarrassé, le Ministère des Armées a finalement admis qu'une «action de déminage des accès au port d'Hodeïda après la fin des opérations militaires est donc actuellement à l'étude». Après la fin des opérations militaires orchestrées par les forces progouvernementales ou «pro-régime» soutenues par la coalition menée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

    Cette attente précise cependant la position de la France dans ce conflit. Si l'information n'a pas été officiellement authentifiée, George Malbrunot, grand reporter au Figaro, la confirme et affirme de plus que des forces spéciales seraient sur place, et ceux depuis plusieurs mois:

    ​Ces révélations ont cependant été démenties par Florence Parly le 17 juin puis le 18 par le Ministère des Armées affirmant qu'«il n'y a pas de forces françaises au Yémen» et enfin par Anouar Gargash qui soutient aussi qu'«il n'y a pas de forces françaises». Le chef de la diplomatie émiratie ajoute: «j'ai mentionné le fait qu'il y avait une proposition française pour nous aider à dégager les mines terrestres quand le moment sera venu».

    Si l'on reste donc dans l'expectative, la position française reste vraiment ambiguë, et cela ne date pas d'hier. Déjà en mars 2016, selon des informations de la Lettre de l'Océan Indien, reprise par Orient XIII, la marine française aurait remplacé temporairement la flotte émiratie partie en maintenance. La marine des Émirats arabes unis, qui précisons-le, orchestre le blocus qui affame une population. Et, pour prendre la pleine mesure de la relation de premier ordre que la France entretient avec l'Arabie saoudite, premier belligérant dans la guerre au Yémen, précisions qu'en 2009 déjà, Paris avait livré à Riyad des images satellitaires pour que son allié puisse dominer les insurgés zaydites, les rebelles houthis. L'implication de la France n'est donc pas nouvelle.

    Mais pour revenir à l'actualité, nous apprenons ce 19 juin, une nouvelle fois par George Malbrunot, que l'ambassadeur de France au Yémen, Christian Testot, se rendra avant la fin de la semaine dans la capitale yéménite pour rencontrer la partie houthie, qui contrôle la ville.

    ​Paris va donc peut-être devoir s'expliquer sur son implication dans ce conflit et à défaut, va tenter de jouer un rôle d'intermédiaire. Mais à partir du moment où l'Arabie saoudite et surtout les Émirats arabes unis sont des alliés extrêmement proches de la France, que le gouvernement et l'armée français semblent intervenir à leurs côtés directement, on imagine mal que Paris puisse tenir une mission d'arbitre dans ce conflit.

    En dehors de ce possible arbitrage, on s'aperçoit qu'Emmanuel Macron tente de prendre le leadership de l'enjeu humanitaire dans cette crise. Outre donc le possible «déminage du port d'Hodeïda à des fins humanitaires», la France devrait accueillir une grande conférence internationale, coparrainée par le leader de la coalition qui bombarde quotidiennement le pays, l'Arabie saoudite.

    Si cette annonce avait été plutôt bien reçue, lors de son annonce le 10 avril dernier, et ce malgré la dénonciation des ventes d'armes de Paris à Riyad, quatorze ONG s'en sont offusquées le 13 juin, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, considérant «inconcevable» la tenue de cette conférence. Si cette pression médiatique n'est pas parvenue à faire annuler cette réunion internationale, l'étau semble se resserrer autour des autorités françaises. Et c'est justement son implication dans la guerre au Yémen et les révélations de ces dernières semaines qui menaceraient directement l'Élysée et Matignon.

    Tout d'abord ce sont les ONG concernées par le drame qui se joue au Yémen, qui pressent l'État à revoir sa politique dans la péninsule arabique. Amnesty International, qui avait déjà pointé du doigt le rôle de la France au Yémen, a révélé ce lundi 18 juin que Paris n'avait toujours pas «remis au secrétariat du Traité sur le commerce des armes (TCA) son rapport annuel sur ses livraisons d'armes en 2017», alors que la date limite est dépassée de plus de vingt jours. Pour rappel, le TCA est un traité des Nations unies, pour éviter la vente d'armes à un pays susceptible de commettre des atteintes aux droits de l'homme, génocides ou crimes contre l'humanité.

    Si d'importants pays exportateurs d'armes ne l'ont pas signé ou ratifié, la France l'a fait et elle a même été à l'initiative de ce traité international. Les ventes d'armes de la France aux pays membres de la coalition, Arabie saoudite et Émirats arabes unis en tête, pourraient donc être illégales au regard de ce traité et aussi contreviendrait à la position commune 2008/944/PESC du Conseil de l'Europe et aux critères détaillés dans l'article 2: «respect des droits de l'homme dans le pays de destination finale et respect du droit humanitaire international par ce pays».

    De plus, et comme le souligne justement Amnesty International dans sa publication, l'exécutif français manquerait à ses engagements au regard de la loi française. En effet, ce rapport annuel de vente d'armes du Ministère des Armées aurait dû être présenté au Parlement. Mais au-delà de son manque de communication, l'exécutif est incriminé pour son manque de transparence. Si ces rapports annuels sont très souvent critiqués pour leur opacité, certains parlementaires poussées par des ONG, utilisent leur pouvoir afin de demander des comptes à l'exécutif.

    Sébastien Nadot, député LREM de Haute-Garonne et Président du groupe d'amitié France-Yémen, a pris conscience qu'aux États-Unis, ce sujet se retrouvait au cœur des discussions, si bien qu'en mars dernier, 44% des sénateurs américains avaient voté une résolution demandant l'arrêt de l'aide militaire américaine aux membres de la coalition arabe. En Angleterre, le Parlement a connu des débats houleux, tout comme le Canada, la Belgique, etc. Enfin le Parlement européen, rappelons-le, avait adopté en novembre dernier avec un score sans appel, une résolution non contraignante dont le but était de dénoncer la politique d'un de ses membres, la France.

    Regroupant derrière lui une trentaine de députés, Sébastien Nadot a donc demandé l'ouverture d'une commission d'enquête sur la vente d'armes au Yémen. Si le système législatif agit souvent avec lenteur, les dernières révélations (contrats d'armements, aide au déminage et forces spéciales) pourraient accélérer la procédure. D'autant plus que, si des forces spéciales françaises sont bien en territoire yéménite, le Président de la République sera directement attaqué puisqu'il aurait dû en référer au Parlement.

    Enfin, c'est peut-être une toute autre histoire, digne des «Secrets de la mer Rouge», qui dévoilera davantage l'implication de la France dans la guerre du Yémen. Après enquêtes et recherches, un bateau, probablement de pêche, aurait accosté dans le port d'Hodeïda dans la nuit du 2 au 3 juin dernier. Subissant une forte tempête, manquant d'eau, le pécheur ou le plaisancier, prénommé Alain, aurait été contraint de faire escale sur le territoire yéménite, comme le précise la Société yéménite des ports de la mer Rouge dans un communiqué. En route pour Djibouti, Alain serait reparti quelques jours après. Mais depuis le 10 juin, d'après un journal égyptien, la famille d'Alain n'aurait plus de nouvelle de lui.

    Le 16 juin, dans un tweet, le président du Comité révolutionnaire donc chef des Houthis, Mohammed Ali Al-Houthi signale que ses forces armées auraient arrêté un bateau étranger. Si la presse en faveur des rebelles s'est servie de l'actualité pour affirmer, sans preuve, que ce bateau serait français et occupé par des forces spéciales, aucune information supplémentaire ne permet aujourd'hui de faire la lumière sur cette étrange affaire de bateau arraisonné.

    De là à imaginer qu'Alain, citoyen français serait retenu par les forces Houthis, qui se battent contre les forces gouvernementales, appuyées par la coalition, allié et partenaire de la France? Le journal égyptien, irait dans ce sens- «enlèvement de ressortissants étrangers»-, mais précisions que l'Égypte fait partie de la coalition arabe contre les Houthis.

    Ajoutons pour conclure que la guerre au Yémen est aussi une guerre d'information et que la manipulation médiatique est une arme. Donc, alors qu'Hodeïda devrait être reprise par les forces gouvernementales et que des forces françaises œuvreraient en territoire yéménite, cette information est peut-être plus qu'une coïncidence ou un simple bobard.

     

    *Source : Sputnik

     

    Un caza francés Mirage 2000 prepara su despegue en la base de Solenzara, en la isla de Córcega

    Francia lanza una fuerza europea de intervención militar ajena a la UE - 25.6.2018  18.18

    Nueve países, entre ellos España, conforman un grupo reducido para operaciones urgentes https://elpais.com/internacional/2018/06/25/actualidad/1529936242_904530.html#?id_externo_nwl=newsletter_diaria_noche20180625m

     

    Francia se alía con ocho Estados europeos para crear una fuerza común de intervención militar. El proyecto, ajeno a la Unión Europea, persigue agilizar los procedimientos para actuar conjuntamente en misiones de interés europeo, también de tipo civil. Los nueve países participantes, entre los que figura España, firmaron este lunes una carta de intenciones para sellar su compromiso. Aunque está en proceso de abandono del bloque comunitario, Reino Unido se adhiere a esta iniciativa. De esa forma, París logra mantenerlo como aliado militar clave tras el Brexit.

    La defensa se ha convertido en uno de los ámbitos con más potencial de crecimiento en la UE. El marco de cooperación permanente que constituyeron a finales del año pasado 25 Estados miembros (PESCO, por sus siglas en inglés) y la existencia de fondos comunitarios para financiar desarrollos militares son la principal muestra. Pero Francia quedó algo descontenta con el perfil que adoptó ese plan de integración, más inclusivo que ambicioso, y ha optado por avanzar con un núcleo duro de países en el ámbito que más le interesa: las misiones militares en el exterior. La idea se denomina iniciativa de intervención europea, un nombre que, como casi todos los planes de defensa que emergen en el continente, excluye la palabra militar.

    Además de Francia, España y Reino Unido, ese grupo limitado lo forman Alemania, Bélgica, Holanda, Portugal, Dinamarca y Estonia. Italia, que no atraviesa el mejor momento de relación bilateral con Francia tras los choques mantenidos en los últimos días a cuenta de la migración, queda fuera del plan. Este país, en cambio, sí figuraba en el núcleo inicial de Estados europeos que abogaron por una mayor integración en el ámbito de la defensa.

    Con la excepción de Italia, el grupo incluye a todos los gigantes de la defensa en la UE más otros países de tamaño mediano. La gran excepción es Estonia, uno de los Estados con menos población del bloque comunitario, pero con gran experiencia en amenazas híbridas, especialmente en ciberataques. Esa vertiente es esencial para hacer frente a los principales desafíos de la seguridad europea.

     

    Francia lanza una fuerza europea de intervención militar ajena a la UE
     

    La ministra española del ramo, Margarita Robles, ha confirmado la participación de España. “Hemos firmado este compromiso con [el presidente francés, Emmanuel] Macron, es un foro para abordar la cultura de compromiso en defensa y en inteligencia. Y España tiene protagonismo en este campo”, ha señalado desde Luxemburgo, donde participa en una reunión de ministros europeos de Defensa.

    La iniciativa de intervención fue esbozada por primera vez en el discurso que Macron pronunció en la Sorbona el pasado mes de septiembre. Allí, Macron aludió a la necesidad de “ir más lejos” de lo que va la cooperación estructurada en el marco de la UE. El motivo, en su opinión, es que falta una estrategia común. “Nuestra incapacidad para actuar juntos de manera convincente cuestiona nuestra credibilidad como europeos”, dijo entonces.

    Su ministra de Defensa, Florence Parly, aludió el domingo, en una entrevista con el diario francés Le Figaro, a un ejemplo concreto. “Si hubiera que volver a hacer una operación como Serval, iniciada en Malí en 2013, desearíamos poder hacerla entre varios. Pero los retrasos y las decisiones en la UE son todavía demasiado largos respecto a la urgencia que puede requerir una situación crítica”, argumentó.

    África, un área de gran interés para la seguridad de Francia y España, es el ámbito de mayor potencial para estas operaciones. Pese a que el ámbito militar es prioritario, la ministra francesa subraya también la dimensión civil. "Queremos desarrollar una cooperación entre países con voluntad política y capacidad militar para intervenir, si así lo deciden, en varios escenarios. No solo militares, sino también civiles”, ha señalado la ministra Parly tras la firma de este acuerdo en Luxemburgo, según informa France Presse.

    Alianza clave con Reino Unido

    Francia intenta, por tanto, sortear los largos procesos de decisión en la UE para crear un grupo selecto más centrado en misiones. Esa fue su primera intención al construir la PESCO, pero la insistencia alemana en crear un proyecto inclusivo y más centrado en desarrollo de capacidades comunes que en misiones diluyó esta faceta de fuerza de intervención.

    En ese espíritu, Alemania, siempre más cauta a la hora de hablar de proyectos excluyentes en un ámbito sensible como el militar, prefirió hablar de un foro que hay que conectar con la UE. La ministra, Ursula von der Leyen, insistió en la necesidad de "vincularlo lo más estrechamente posible a la defensa europea ", aunque admitió que dependerá directamente de los países que lo integran.

    Fuentes diplomáticas destacan la importancia de mantener a Reino Unido en un círculo de cooperación europea en defensa, aunque sea fuera de la UE. “Se pretende armonizar la manera como concebimos las operaciones defensivas. Ahora Reino Unido es casi el único país con el que Francia comparte una cultura de estrategia. Queremos que, cuando nos planteemos una intervención exterior, no tengamos que decidir cada vez sobre cómo la organizamos”, abundan fuentes diplomáticas.

    De momento no hay muchos más detalles de esta iniciativa, que no parece inquietar a Bruselas. “Esa estrategia de intercambios entre fuerzas armadas europeas no puede sino ayudar. No veo riesgos de duplicidad para la PESCO”, concluyó en conferencia de prensa la alta representante para la Política Exterior Europea, Federica Mogherini.

    El plan selectivo queda también fuera de la OTAN, cuya relación con la UE se enfrenta ahora a enormes desafíos por la actitud del presidente estadounidense, Donald Trump, de exigir a los aliados europeos un aumento del gasto en defensa, que en buena medida revierte en compañías estadounidenses. La iniciativa francesa supone un elemento más en la reafirmación de autonomía que busca como mínimo una parte de los socios europeos.

    Traduction approximative :

    La France est alliée à huit Etats européens pour créer une force commune d'intervention militaire. Le projet, en dehors de l'Union européenne, vise à rationaliser les procédures pour agir conjointement dans des missions d'intérêt européen, également de nature civile. Les neuf pays participants, dont l'Espagne, ont signé lundi une lettre d'intention pour sceller leur engagement. Bien qu'il soit en train de quitter le bloc de l'UE, le Royaume-Uni adhère à cette initiative. De cette façon, Paris parvient à le maintenir comme un allié militaire clé après le Brexit.

    La défense est devenue l'un des domaines présentant le plus grand potentiel de croissance dans l'UE. Le cadre de coopération permanente qui a formé l'année dernière 25 États membres (PESCO, pour son sigle en anglais) et l'existence de fonds communautaires pour financer les développements militaires sont l'échantillon principal. Mais la France était un peu malheureux avec le profil que le plan d'intégration adopté plus inclusif que ambitieux, et a choisi d'avancer avec un noyau dur de pays dans le domaine que la plupart des intérêts: les missions militaires à l'étranger. L'idée est appelée initiative d'intervention européenne, un nom qui, comme presque tous les plans de défense qui émergent sur le continent, exclut le mot militaire.

    Outre la France, l'Espagne et le Royaume-Uni, ce groupe restreint comprend l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Portugal, le Danemark et l'Estonie. Italie, qui ne traverse pas le meilleur moment dans les relations bilatérales avec la France après des affrontements tenues ces derniers jours en raison de la migration, est en dehors du plan. D'un autre côté, ce pays figurait dans le noyau initial des États européens qui prônaient une plus grande intégration dans le domaine de la défense.

    À l'exception de l'Italie, le groupe comprend tous les géants de la défense de l'UE ainsi que d'autres pays de taille moyenne. La grande exception est l'Estonie, l'un des États avec le moins de population du bloc de l'UE, mais avec une grande expérience dans les menaces hybrides, en particulier dans les cyber-attaques. Cet aspect est essentiel pour faire face aux principaux défis de la sécurité européenne.


    La France lance une force européenne d'intervention militaire étrangère à l'UE

    La ministre espagnole de la branche, Margarita Robles, a confirmé la participation de l'Espagne. "Nous avons signé cet engagement avec [le président français, Emmanuel] Macron, c'est un forum pour aborder la culture de l'engagement dans la défense et le renseignement. Et l'Espagne joue un rôle de premier plan dans ce domaine ", a-t-il déclaré au Luxembourg, où il participe à une réunion des ministres européens de la défense.

    L'initiative d'intervention a été ébauchée pour la première fois dans le discours que Macron a prononcé dans la Sorbona le passé mois de septembre. Là, Macron a fait allusion à la nécessité « d'aller plus loin » de ce qui va la coopération structurée dans le cadre de l'UE. Le motif, à son avis, est que dépourvue une stratégie commune. « Notre incapacité pour agir ensemble de manière convaincante interroge notre crédibilité comme Européens », il a alors dit.


    Son ministre de Défense, Florence Parly, a fait allusion dimanche, dans une entrevue avec le journal français Le Figaro, à un exemple concret. « S'il fallait faire à nouveau une opération comme Sorbier, entamée au Mali en 2013, nous souhaiterions pouvoir la faire entre plusieurs. Mais les retards et les décisions dans l'UE sont encore trop longs en ce qui concerne l'urgence qui peut requérir une situation critique », a fait valoir.


    L'Afrique, un secteur de grand intérêt pour la sécurité de la France et l'Espagne, est le cadre d'un plus grand potentiel pour ces opérations. Bien que le cadre militaire soit prioritaire, le ministre français souligne aussi la dimension civile. « Nous voulons développer une coopération entre des pays avec volonté politique et capacité militaire pour intervenir, si ainsi ils le décident, dans plusieurs scènes. Non seulement militaires, mais aussi civils », a indiqué le ministre Parly après la signature de cet accord à Luxembourg, comme informe France Presse.

    Alliance clef avec le Royaume-Uni

     La France essaye, par conséquent, d'éviter les longs processus de décision dans l'UE pour créer un groupe choisi plus centré des missions. Celui-là a été sa première intention en la construisant PÊCHE, mais l'insistance allemande en créer un projet inclus et plus centré en développement de capacités communes que dans des missions elle a dilué cette facette de force d'intervention.


    Dans cet esprit, l'Allemagne, toujours plus prudente au moment de parler de projets exclusifs dans un cadre sensible comme le militaire, a préféré parler d'un forum qu'il faut relier avec l'UE. Le ministre, Ursula von der Leyen, a insisté la nécessité « de le lier le le plus la plus étroitement possible à la défense européenne », bien qu'il ait admis qu'il dépendra directement des pays qui l'intègrent.


    Des sources diplomatiques soulignent l'importance de maintenir au Royaume-Uni dans un cercle de coopération européenne en défense, bien qu'il soit hors de l'UE. « On prétend harmoniser la manière comme nous concevons les opérations de défense. Maintenant le Royaume-Uni est presque le seul pays avec lequel la France partage une culture de stratégie. Nous voulons que, quand nous nous poserons une intervention extérieure, nous ne devions pas décider chaque fois sur comment nous l'organisons », abondent des sources diplomatiques.


    Pour l'instant il n'y a pas beaucoup d'autres détails de cette initiative, qui ne paraît pas inquiéter à Bruxelles. « Cette stratégie d'échanges entre des forces armées Européens ne peut qu'aider. Je ne vois pas de risques de duplicité pour je ELLE PÊCHE », il a conclu en conférence de presse l'incorporation représentante pour la Politique Extérieure Européenne, Federica Mogherini.


    Le plan sélectif reste aussi hors de l'OTAN, dont la relation avec l'UE fait face maintenant à des défis énormes par l'attitude du président américain, Donald Trump, d'exiger des alliés européens une augmentation des frais en défense, qui dans bonne mesure retourne dans des compagnies américaines. L'initiative française suppose un élément de plus dans la réafirmatión d'autonomie qui cherche au moins une partie des partenaires européens.

     

    El Pais, 25 juin 2018 à 18h 18

    https://elpais.com/internacional/2018/06/25/actualidad/1529936242_904530.html#?id_externo_nwl=newsletter_diaria_noche20180625m

     

    Voir aussi :

    Ingérences françaises au Yémen : Honte et manipulation !   
    https://reseauinternational.net/ingerences-francaises-au-yemen-honte-et-manipulation/

     

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  • Ultimatum de la Russie à l’Ukraine: «Si vous déclenchez une guerre durant la Coupe du monde, vous serez aux portes de l'enfer»

    https://numidia-liberum.blogspot.com/2018/06/ultimatum-de-la-russie-lukraine-si-vous.html

     

    Un nouveau terrifiant rapport du ministère russe de la Défense (MoD), circulant aujourd'hui 9 juin, au Kremlin révèle que le président Trump a reçu par l’intermédiaire du Chef des états majeurs américains, le général Joseph Dunford, un «dernier avertissement» provenant du président Poutine pour empêcher l'Ukraine de déclencher une guerre non provoquée contre la Russie pendant la Coupe du Monde de football du 14 juin au 15 juillet 2018, sinon "les portes de l'enfer vont s'ouvrir". Ce qui explique la sortie hier de Donald Trump de la Maison Blanche pour déclarer de manière stupéfiante que la Russie devrait être immédiatement réadmise au G7.

    En effet, le général Dunford avait reçu l'ordre de se rendre hier en Finlande pour recevoir directement de son homologue le chef d'état-major des forces armées de la Fédération de Russie, le général Valery Gerasimov, ce grave avertissement russe.

    Selon ce rapport, ce "cas désespéré" économique, se faisant passer pour une nation appelée Ukraine, a été détruit en 2014, par le régime Obama-Clinton dans sa tentative infructueuse d'empêcher la Russie d'entrer dans la guerre anti terroriste syrienne. Cette destruction de l’Ukraine a été qualifiée de "coup d'Etat le plus flagrant de l'histoire" par la plus grande société privée mondiale de Renseignements, Stratfor (connue sous le nom de "la CIA de l’ombre"). Ce coup d’état a permis aux États-Unis d’installer en Ukraine un gouvernement néo-nazi. Depuis leur installation aux commandes, ces voyous nazis n’ont cessé de terroriser toutes les minorités. Afin d’échapper à ces exactions, les 6 millions de Russes de la République populaire de Louhansk (LPR), de la République populaire de Donetsk (DPR) et de la Crimée se sont détachés de ces Nazis et ont appelé le Président Poutine et les peuples de la Fédération de Russie à les sauver de l’extermination. Alors que les 2 millions de Criméens ont voté pour rejoindre la Russie, les 4 millions de personnes de la LPR et de la DPR ont opté pour se battre plutôt que de voir ces Nazis soutenus par les États-Unis réussir à détruire leur patrie.

    En 2015, poursuit le rapport, le nombre de morts parmi les peuples russes de la LPR et de la DPR contre ces Nazis soutenus par les États-Unis a atteint 6.000. Les dirigeants ukrainiens, russes, français et allemands ont alors accepté un ensemble de mesures pour alléger cette guerre en cours, et à parvenir à un cessez-le-feu afin de protéger les droits des peuples russophones dans un accord historique connu sous le nom de Minsk II, qui a nominalement garanti une paix relative ces trois dernières années. Mais la semaine dernière, la marionnette ukrainienne des USA, le président Petro Poroshenko a déclaré soudainement et de manière choquante que cet accord était désormais "inexistant".

    Il a annoncé sa décision de répudier les accords Minsk-II, et de mener une "guerre sans merci" contre la Russie pour obtenir ce qu'il prétend être ses droits inexistants sur les flux de gaz naturel de la Russie vers l'Europe. Or, c’est grâce au vol de ce gaz transitant par l’Ukraine que les oligarques nazis d’Ukraine s'enrichissent depuis des années. Mais ce vol massif de gaz s'achèvera avec l’ouverture prochaine du gazoduc Nord Stream 2 qui contourne entièrement l'Ukraine et achemine le gaz directement des plus grands champs de gaz naturel de la Russie à l'Allemagne, malgré les menaces répétées des Néocons américains, protecteurs des nazis voleurs ukrainiens, "d'arrêter à tout prix" l’achèvement de ce gazoduc, et que tous les moyens seront utilisés.

    En continuant avec leur menace "tous les moyens seront utilisés" contre la Russie pour arrêter le gazoduc Nord Stream 2, ce rapport note avec inquiétude que la semaine dernière l'Ukraine a émis une menace flagrante de la Troisième Guerre Mondiale en testant des armes américaines avancées afin de défier la Russie. En parallèle, les États-Unis ont soudainement ordonné à la Russie de cesser de défendre les peuples russophones de la LPR et de la RPD - et, plus dangereusement, les États-Unis déploient subitement 4 avions Stratotankers et 150 militaires en Ukraine occidentale. En réponse à toutes ces provocations, le président Poutine à émis son avertissement "d’ouvrir les portes de l'enfer" en Ukraine.

    Le rapport explique que le président Trump devait être immédiatement informé (et en avoir reçu une copie) de l'ordre que le président Poutine a donné, indiquant que si l'un des ces Stratotankers militaires américains ravitaille un avion militaire ukrainien, quel qu'il soit, et s’il passe la "zone rouge" de longitude de 30 degrés Est, il sera considéré comme un "acte de guerre" contre la Fédération de Russie nécessitant la destruction immédiate de tous les avions militaires ukrainiens et américains ainsi que de toutes les bases dont ils viennent.

    En outre, Poutine a informé directement le peuple russe de cette crise en déclarant que toute aggravation du conflit militaire en Ukraine «infligerait un préjudice énorme» à l'Etat de ce pays (en d'autres termes, l'Ukraine cesserait d'exister) et il ajoute que le soutien de la Russie aux peuples russes de la RPD et de la LPR continuera, malgré les ordres des Américains.

    Selon le rapport, les Ukrainiens nazis sont "encouragés" à détruire le pont routier de 19 kilomètres qui relie la péninsule de Crimée aux territoires russes à travers le Kertch. Détroit connu sous le nom de pont du détroit de Kertch, le pont le plus long et le plus coûteux jamais construit dans l'histoire de la Russie - mais à l'ouverture du mois dernier, des factions néoconservatrices «anti-Trump» en Grande-Bretagne l'ont qualifiée d '«illégale». dont les "cris de destruction" ont été rapidement repris par le MI6 britannique qui prétend être le journaliste Tom Rogan - qui, tout en proclamant joyeusement que le président Trump "était maintenant un Néocon", est désormais pris pour cible, avec son rédacteur Hugo Gurdon, par la Russie pour avoir été un terroriste [anglais] après avoir exhorté l'Ukraine à «faire sauter le pont de Poutine» et avoir déclaré:

    L'Ukraine devrait faire sauter le pont de Poutine. L'Ukraine a les moyens de lancer des frappes aériennes contre le pont d'une manière qui le rendrait au moins temporairement inutilisable. En raison de sa longueur significative, l'armée de l'air ukrainienne pourrait frapper le pont tout en atténuant le risque de victimes par ceux qui le traversent.

    Comment Poutine répondrait-il?

    Probablement avec l'escalade contre les intérêts ukrainiens dans l'est de l'Ukraine. Mais cette escalade est très probable dans les prochains mois, et Poutine veut absorber lentement l'Ukraine plutôt que de la conquérir (il ne veut pas bouleverser la manne de la Coupe du monde de football en invitant une nouvelle pression diplomatique).

    Mais couper le pont, même temporairement, enverrait un signal sans équivoque de Kiev à Moscou que les Ukrainiens ne veulent pas accepter la formalisation confortable du vol territorial de Poutine.

    Les Ukrainiens pourraient également voler à basse altitude et circuler pour échapper aux défenses aériennes russes (certes de haute compétence). Les États-Unis pourraient et devraient soutenir l'Ukraine ici avec confiance dans notre propre puissance militaire.

    Ces terroristes néoconservateurs du «Deep State» exhortent l'Ukraine à détruire le pont du détroit de Kertch, car ils pensent que le président Poutine n'oserait pas réagir à cet «acte de guerre». "Tandis que l'attention du monde entier se porte sur la Russie qui, du 14 juin au 15 juillet, accueillera la Coupe du Monde de la FIFA 2018, visitée par des millions et vue par des milliards - mais qui ne se souvient pas comment ce même scénario s'est joué 2008 - lorsque la nation géorgienne soutenue par les néoconservateurs du Deep State, a cru, à leurs risques et périls, que si les yeux du monde étaient tournés vers la Russie pendant les Jeux olympiques d'été des 8-24 août 2008, ce serait le moment idéal pour eux de lancer une guerre contre les peuples russes de leur région sécessionniste d'Ossétie du Sud - mais dont l'aventure de guerre a été rapidement brisée par l'écrasante puissance militaire russe dont les forces ont roulé jusqu'à leur capitale. L’ex président géorgien Mikheïl Saakachvili, responsable de la guerre, est maintenant un criminel recherché. Il est condamné, par contumace, à 3 ans de prison. Mais il échappe toujours à la justice car il est maintenant protégé par l'Ukraine où il dirige étonnamment maintenant un parti anti-corruption essayant de "réformer" les gouvernements ukrainien et polonais.

    Sans tenir compte de l'exemple de ce qui est arrivé à la Géorgie pendant les Jeux olympiques d'été de 2008, quand ils pensaient pouvoir provoquer la Russie et ne pas obtenir de réponse, ce rapport conclut, l'Ukraine, aujourd'hui, et avec le soutien de ses alliés protecteurs néocons, a entamé des actions de combat contre les régions de la RDP et de la LPR protégées par la Russie, que le président Poutine a promis de défendre contre l'intention de l'Ukraine de lancer une guerre à grande échelle durant la coupe du monde de football. Poutine a déclaré : "Si les observateurs internationaux et les partenaires des Ukrainiens ne forcent pas le gouvernement ukrainien à cesser ses actions agressives, un nouveau conflit armé ouvert se lèvera dans l'est de l'Ukraine à l'été 2018".

    Source : Top US General Ordered To Finland Receives Final PutinWarning: “Stop World Cup War Now, OrWatch Gates Of Hell Open” 

    Un article appelle au bombardement du pont de Crimée

    Il montre comment la guerre de l’information est menée
    Par Andrew Korybko – Le 26 mai 2018 – Source Oriental Review
    Un collaborateur du Washington Examiner a appelé l’Ukraine à bombarder le nouveau pont de Crimée. Tom Rogan a imploré le nouvel allié des États-Unis en Europe de l’Est à frapper le dernier projet d’infrastructure de la Russie avec des frappes aériennes afin de le rendre temporairement inutilisable dans une opération fantastique qui, selon lui, pourrait même recevoir un soutien militaire américain. Tout en reconnaissant que la Russie riposterait presque certainement, Rogan estime que les bénéfices en terme de soft power l’emporteraient sur les coûts en hard power en raison de l’immense symbolisme que serait l’Ukraine bombardant ce pont, une position ultra-extrémiste qui prouve son radicalisme idéologique.

    Il appelle fondamentalement Kiev à commettre une attaque terroriste contre un actif civil, un crime flagrant qui pourrait à son tour provoquer une réaction militaire écrasante de la part de l’armée russe, et tout cela pour faire de la propagande contre le président Poutine.
    Mis à part le fait que la suggestion de Rogan est contre-productive pour l’État ukrainien qu’il prétend défendre, sa diatribe dans le Washington Examiner est un abus de la liberté de parole parce qu’elle sert à rationaliser le terrorisme et à l’excuser préventivement. Non seulement cela, mais l’auteur ferait certainement l’objet d’une enquête et serait même immédiatement détenu et interrogé par le FBI s’il exhortait publiquement quiconque à bombarder un pont américain..

    Comme cela arrive souvent, l’agresseur profite de cette guerre de l’information pour se présenter maintenant comme la victime, Rogan courtisant la sympathie du public, après avoir été piégé par des comédiens russes célèbres et alors qu’il fait l’objet d’une procédure pénale contre lui à Moscou.
    C’est ainsi que les opérations de gestion de la perception fonctionnent généralement parce qu’elles voient souvent un provocateur dire quelque chose d’absolument absurde pour déclencher une réaction de la part du destinataire, après quoi la réponse de la victime ou du pays est recadrée comme une attaque hostile et non provoquée pour confirmer le biais de perception souhaité auprès du public. Que ce soit la véritable intention de Rogan ou non, on dirait qu’il se positionne pour devenir le porte-flambeau de la croisade anti-russe après le décès du sénateur McCain.
    L’article présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 25 mai 2018.
    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

    France.  Scandaleux : le fondateur du parti nazi ukrainien Svoboda reçu à l’Assemblée et au Sénat !

    Nous avons plusieurs fois parlé sur ce site d’Andrei Parouby, le cofondateur en 1991 du parti fascisto/néo-nazi ukrainien, au nom édifiant de “Parti Social-Nationaliste d’Ukraine” (devenu “Svoboda” en 2004). Petits rappels.

    Parouby a dirigé la milice paramilitaire de ce parti, ce qui lui a donné l’occasion d’exprimer en 1999 toute son admiration à Jean-Marie Le Pen.

    En 2016, la majorité des députés ukrainiens a trouvé que ce Parouby présentait un excellent profil, et l’a élu Président du Parlement (ce qui en dit long sur la classe politique actuelle de ce pays) (wikipédia).

    Seulement voilà, on apprend que Parouby va être reçu apparemment ce dimanche et ce lundi à l’Assemblée Nationale par François de Rugy, puis au Sénat par Gérard Larcher :

    Je vous renvoie vers ce billet-ci et celui-là à propos du Parti Social-Nationaliste d’Ukraine qu’il a créé, et animé durant plus de 10 ans.

    Vous trouverez également dans ce billet une traduction de certains de ses propos issus de son livre de 1999 :

    On le voit animer ici de manière stupéfiante une séance à la Rada (assemblée nationale d’Ukraine), dans laquelle il tente d’influencer les votes, déniant toute réalité au caractère démocratique de l’Assemblée, de sorte à forcer le licenciement arbitraire de nombreux fonctionnaires (dont des juges).

    Mais cela va sans doute avec son goût du débat parlementaire (musclé) :

    https://www.les-crises.fr/scandaleux-le-fondateur-du-parti-fasciste-ukrainien-svoboda-recu-a-lassemblee-et-au-senat/

    Comme quoi, il n'y a pas qu'aux USA qu'il y a plein de néoCons, il y en aussi des milliers en France. 
    POUTINE a mille fois raison de vouloir les effacer s'ils bougent  une seule paupière.

     

    VOIR AUSSI : 

    Scénario de guerre américano-russe : 1000 boules de feu 

     

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