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    Intéressante vidéo sur la Nation, l'Armée et le peuple

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    SANS RETOUR : La Troisième Guerre mondiale, nucléaire

    Publié le 9 octobre 2012 par Galaxien

    Sans Retour, est un documentaire (0h35) sorti en septembre 2012 au titre original Unsurvivable, qui met en garde l'humanité contre le danger mortel d'une possible Troisième Guerre mondiale nucléaire et de ses conséquences, dans un avenir proche. Lorsque l'on voit la géopolitique actuelle, les guerres partout, les menaces, les provocations, et la finance mondiale avec l'industrie des armes pour lesquelles les guerres les ont toujours enrichie, on est en droit de craindre le pire...

     

    Ce documentaire fait état de ce que serait le résultat d’une guerre thermonucléaire sur la civilisation actuellement. Le sujet abordé peut paraître un peu dramatique, voire même catastrophiste, pourtant, la situation est vraiment instable.
    A la suite de la diffusion de cette vidéo sur le sol américain, des personnalités du milieu de la sécurité intérieure ont d’ailleurs salué l’initiative. "La guerre nucléaire est la menace la plus importante à laquelle l’humanité fait face en ce moment même. Toutes les évaluations détaillées réalisées jusqu’à aujourd’hui montrent qu’une guerre nucléaire mènera à l’extinction de l’espèce humaine. Le film du LPAC est un rappel crucial pour le peuple américain du danger de guerre thermonucléaire".
    La crise qui se noue autour de la Syrie et de l’Iran est grave. Celle des missiles de Cuba en 1962 l'était aussi, même si différente, sauf que cette fois-ci, le président des États-Unis n’est pas John F. Kennedy.


    De tous les périls que court l’espèce humaine par son inconscience, la guerre nucléaire et l’hiver nucléaire sont les plus graves, et de loin.  Les armes nucléaires actuelles bien plus redoutables que celle d'Hiroshima, tout comme les maladies, ont tendance à proliférer.
    En cas de guerre nucléaire, les puissantes explosions au sol propulseraient de fines particules jusque dans la haute stratosphère. Les incendies massifs produiraient des fumées qui empêcheraient la lumière du Soleil d’atteindre la basse atmosphère annulant l’effet de serre. Il en résulterait un refroidissement planétaire considérable dont la durée se compterait en longues années, aboutissant à une planète sombre et glacée, sans oublier les retombées radioactives mortelles.
    La dissuasion repose sur le fait que cela peut se produire, mais une seule fois suffit pour tout anéantir. Dans un monde nucléaire, se laisser entraîner dans une logique de guerre serait jeter l’humanité sur une voie sans retour. Les animaux, les plantes, c'est tout l'écosystème qui serait concerné.


    Les États-Unis préparerait une solution finale à la crise au Moyen-Orient qui devrait aboutir à une guerre nucléaire en attaquant la Syrie et l'Iran avec des agents biologiques mortels ayant pour but de tuer des dizaines de millions d'innocents civils. Ces révélations effrayantes ont été possible après l'analyse du drône RQ-170 Sentinel capturé par l'Iran. En effet, ce drône est équipé d'un système d'aérosols très sophistiqué...
    Le Président chinois a averti les États-Unis : "En cas d'une intervention militaire contre l'Iran, la Chine entrera immédiatement en guerre contre les États-Unis". Le Président Hu Jin Tao a affirmé à son homologue russe et à son Premier ministre Vladimir Poutine, que la seule voie permettant de stopper une intervention militaire américaine contre l'Iran est une action armée. "On fera la guerre, même si cela déclenche la Troisième Guerre mondiale", a-t-il affirmé.
    De son coté, le Président Medvedev met en alerte le système nucléaire russe face au bouclier anti-missiles de l'OTAN. "La protection des armes nucléaires stratégiques de la Russie sera renforcée et les nouveaux missiles balistiques stratégiques embarqués seront équipés de systèmes avancés de pénétration de défense, ainsi que de nouvelles ogives très efficaces. Si ces mesures s’avèrent insuffisantes, la Fédération de Russie déploiera des systèmes modernes d’armes offensives à l’Ouest et au Sud, ainsi que des missiles Iskander dans la région de Kaliningrad. D’autres mesures seront prises et mises en œuvre si nécessaire".


    Max Gallo, de l’Académie française, entre-autres personnalités du même avis, disait en août 2012 sur cette guerre mondiale qui nous guette : "Certes, il est difficile d’en prévoir les formes, mais on sent bien que le monde est au travail pour accoucher d’un nouveau rapport de forces. Les organisations internationales, ONU, OMC, etc., sont impuissantes. La crise financière, la récession, les déficits, provoquent des conséquences de faillites, misère, chômage..., équivalentes à celles que produirait un conflit. Cette guerre monétaire et économique n’est pas une probabilité, mais un fait.
    C’est le Moyen-orient qui est l’épicentre de cette situation mondiale. Tout y est réuni pour qu’un conflit déborde le cadre régional. Des puissances nucléaires sont en contact, comme Israël, le Pakistan, et peut-être bientôt l’Iran. Les frontières sont contestées, l’eau disputée, les antagonismes religieux sont séculaires, et le pétrole est un enjeu majeur, puisque là sont les grandes réserves.
    Il y a également l’ombre menaçante d’un affrontement majeur entre la Chine et les États-unis, mais Il faut sans doute éviter le déterminisme. La raison, les solutions de compromis peuvent apaiser provisoirement les tensions".


    Les enjeux sont énormes. En effet, les théoriciens de la géostratégie du pire croient dur comme fer qu’il faut une Troisième Guerre mondiale pour rétablir l’équilibre financier dans les États surendettés de l’Occident en s’offrant l’opportunité d’une nouvelle guerre, ce qui permettrait de passer les dettes en pertes et profits. Des géostratèges américains avec à leur tête Zbigniew Kazimierz Brzeziński, ont réussi à convaincre la Maison Blanche que le monde meilleur qu’ils ont rêvé pour le peuple américain est menacé parce qu'il y aurait trop d’hommes sur la Terre.
    La Troisième Guerre mondiale est alors devenue la solution unique à la crise dite de la dette. Tous raisonnent comme si aucune autre alternative existait. C’est ce qu’ils croient et ce qu’ils font croire aux peuples. Ayant très peu d’esprit critique à cause de manipulations médiatiques et d’instrumentalisations, la population pense que cette grande guerre qu’ils leur présentent n'est qu'une petite aventure, mais c'est un mensonge grave. Toute guerre de dimension internationale qu’ils déclencheraient concernerait toute la planète.
    La folie des hommes, enfin d'une petite poignée seulement, sans scrupule et sans égard ni regard sur les 7 milliards d'humains innocents...

     


    - Voir aussi ces docu-articles :

    LE JOUR D'APRÈS - THE DAY AFTER 

    HIROSHIMA ET NAGASAKI FILMES PAR L'ARMÉE DES U.S.A

    LE SACRIFICE HUMAIN DE TCHERNOBYL

    DEMAIN L'APOCALYPE ? - Scénarios de la fin du monde

    U.S.A ET CONFLITS : Le nerf de la guerre

    HOLOCAUSTE NUCLÉAIRE. Une prévision scientifique

    THRIVE - What on earth will it take ? - "Prospérer sur Terre"

    STORYTELLING : La machine à raconter des histoires

    LES CAMPS FEMA

     

    - Courtes vidéos :

    Toutes les guerres ont été provoquées par les banques 

    Henry Kissinger : Déclaration choc sur la géopolitique guerrière des USA 

    Pourquoi les USA veulent une guerre en Europe ? 

    Les USA ont provoqué plus de 201 conflits armés sur les 60 dernières années 

    Propagande de guerre : Les raisons 

    L'OTAN est une association de criminels

    La lettre d'Albert Pike et les 3 guerres mondiales

    Le scénario de la 3e Guerre Mondiale déjà écrit depuis 2009 

    Les USA prévoient une frappe nucléaire contre la Russie, voire la Chine  

    Imminence possible de Troisième Guerre mondiale 

    Liste choquante d'attaques sous fausse bannière 

    Manipulation des peuples par l'Elite ! 

    Les peuples sont manipulés par les élites et les médias  

    David Rockefeller et le programme de dépopulation  

    Bill Gates propose de dépeupler le monde avec les vaccins 

    Pourquoi 93 % de l'Humanité doit disparaître ? 

    L'extermination lente de l'espèce humaine  

    Comment on vous tue sans que vous le sachiez : Ondes, science et manigances 

    La guerre secrète contre les peuples ! Claire Severac

     

    Articles d'actualité :

    Les Etats-Unis cherchent à embrigader l’Inde dans leur « pivot » contre la Chine

    Russia delenda est !

    La grande guerre des classes (vidéo)

     

    (..) le Pentagone se prépare à une guerre «transrégionale», c’est-à-dire une guerre mondiale, dans tous les domaines – terre, mer, air, espace et cyberespace – en utilisant tous les moyens disponibles, y compris les armes nucléaires. (..)

    Guerre contre la Corée du Nord :

    http://reseauinternational.net/les-etats-unis-et-la-coree-du-sud-repetent-des-scenarios-de-frappes-preventives-contre-la-coree-du-nord/

     


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    Les Etats-Unis envoient un porte-avions défier la Chine en mer de Chine méridionale

    http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-envoient-un-porte-avions-defier-la-chine-en-mer-de-chine-meridionale/5512681

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    USS_John_C._Stennis

    Les États-Unis ont envoyé, en guise d’avertissement direct à la Chine, un porte-avions, l’USS John C. Stennis, ainsi que deux destroyers et deux croiseurs en mer de Chine méridionale. Si le Pentagone a minimisé l’importance de cette massive démonstration de force, suggérant une routine, le Navy Times a lui, souligné l’objectif des opérations en intitulant son article: « Les États-Unis viennent d’envoyer un groupe d’attaque porte-avions pour faire front à la Chine. »

    Le groupe d’attaque Stennis comprend les destroyers USS Chung-Hoon et USS Stockdale et le croiseur USS Mobile Bay. Un second croiseur, l’USS Antietam, est également dans la région en route vers les Philippines, tout comme le navire de commandement USS Blue Ridge, qui a rencontré le Stennis avant son entrée en mer de Chine méridionale. Loin de simplement passer dans la région, l’unité d’attaque Stennis entreprend depuis quatre jours des exercices et des patrouilles dont 266 sorties d’avions de combat.

    L’envoi d’une unité aéronavale d’attaque fait suite à une campagne croissante de condamnations et de provocations durant l’année passée contre la récupération de terres et la prétendue militarisation d’ îlots administrés par la Chine en mer de Chine méridionale. L’intervention de Washington dans les différends maritimes entre la Chine et ses voisins fait partie de sa stratégie générale du « pivot vers l’Asie » et du renforcement militaire dirigée contre Pékin dans toute la région.

    À ce jour, le Stennis et les navires de guerre qui l’accompagnent ne semblent pas avoir pénétré dans la limite territoriale de 12 milles marins autour des atolls administrés par la Chine dans ces eaux. Mais comme le notait le Navy Times, la marine américaine a déjà envoyé de manière provocante dans les eaux territoriales chinoises deux destroyers lance-missiles, l’USS Lassen en octobre dernier et l’ USS Curtis Wilbur en janvier, des opérations menées en vertu la prétendue liberté de navigation.

    L’arrivée du groupe d’attaque Stennis suit une série de déclarations incendiaires la semaine dernière de hauts responsables américains, dont le secrétaire à la Défense Ashton Carter et l’Amiral Harry Harris, chef du Commandement américain du Pacifique (PACOM) qui ont plaidé pour une augmentation des dépenses militaires devant des commissions du Congrès. Le Pentagone prévoit de déployer dans le cadre du « pivot » 60 pour cent de ses navires de guerre et avions militaires dans la région Asie-Pacifique d’ici 2020.

    Leur témoignage devant le Congrès coïncidait avec des révélations opportunes et exagérées dans les médias que l’armée chinoise avait envoyé missiles et combattants antiaériens à Woody Island et construisait des installations radar sur un autre îlot. L’Amiral Harris a accusé la Chine de militariser la mer de Chine méridionale et dit que la marine américaine ferait plus d’« opérations de liberté de navigation » et avec une plus grande complexité dans l’avenir.

    Dans un discours prononcé mardi, Carter a critiqué la Chine pour avoir « placé des systèmes ‘anti-accès’ et des avions militaires sur une île contestée » et averti que: « ces activités ont le potentiel d’augmenter le risque d’une erreur de calcul et les conflits entre États réclamant. » Pour souligner l’avertissement, il a carrément exigé que : « la Chine… ne poursuive pas la militarisation en mer de Chine méridionale, » et dit : « Les actions spécifiques auront des conséquences spécifiques. »

    À New Delhi le 2 mars, l’amiral Harris a proposé la formation d’une coalition stratégique quadrilatérale, impliquant les États-Unis, l’Inde, le Japon et l’Australie, pour contrer la Chine, et sauvegarder « l’ordre mondial fondé sur des règles qui a si bien servi cette région. » Le système international fondé sur des règles est devenu le slogan souvent répété d’un ordre mondial dominé par les États-Unis et dans lequel Washington fixe les règles.

    L’entrée du groupe d’attaque Stennis en mer de Chine méridionale devait aussi coïncider avec l’ouverture le 4 mars du Congrès annuel national du Peuple en Chine. Les responsables chinois ont rejeté l’assertion des États-Unis que la Chine était en train de militariser. La porte-parole du Congrès Fu Ying a déclaré : « L’accusation peut conduire à une mauvaise estimation de la situation. Si vous regardez la question de près, ce sont les États-Unis qui envoient les avions et les navires militaires les plus avancés dans la mer de Chine méridionale. »

    Un commentaire publié le 4 mars par l’agence de presse d’Etat Xinhua accuse les États-Unis de faire monter les tensions en mer de Chine méridionale et souligne cette évidence que la Chine dépend de la liberté de navigation dans ces eaux pour le commerce avec l’Afrique et le Moyen-Orient. « En tant que pays fortement tributaire de cette importante voie navigable, la Chine est le dernier pays au monde à souhaiter des turbulences en mer de Chine méridionale, » dit-il.

    La détermination de Washington à maintenir la « liberté de navigation » pour ses navires de guerre dans ces eaux est liée à ses préparatifs de guerre avec la Chine. La stratégie de combat « AirSea » du Pentagone envisage des frappes massives aériennes et de missiles sur le continent chinois à partir des navires de guerre, des sous-marins et des bases de l’ouest du Pacifique, complétés par un blocus économique coupant les importations vitales de matières premières et d’énergie de la Chine.

    Le contrôle de la mer de Chine méridionale est vital pour deux éléments de cette stratégie de guerre : elle est voisine des bases militaires clés du sud de la Chine comme les installations navales de l’île d’Hainan et en même temps elle se trouve à cheval sur les routes maritimes menant, via l’Asie du Sud-Est, vers l’Afrique et le Moyen-Orient.

    La réponse de la direction chinoise au « pivot » des États-Unis est conditionnée par les intérêts de classe qu’elle représente: ceux d’une élite super-riche qui s’est elle-même enrichie au détriment de la classe ouvrière à travers le processus de la restauration capitaliste. Tout en recherchant sans cesse un accommodement avec l’impérialisme américain, le Parti communiste chinois renforce sa propre armée et attise le nationalisme chinois qui divise et sépare les travailleurs de Chine de ceux du reste de l’Asie et du monde entier.

    Le caractère délibéré de l’intervention du Stennis en mer de Chine méridionale est souligné par le fait que le groupe a dévié, pour aller dans cette zone, de sa route de la côte ouest des États-Unis vers la Corée du Sud où il participera aux manœuvres conjointes Key Resolve/Foal Eagle. Les exercices de la Corée du Sud et des États-Unis, impliquent cette année des centaines de milliers de soldats appuyés par des blindés, de l’artillerie, des navires et des avions de guerre. Ils répéteront une nouvelle stratégie commune impliquant des frappes préventives de la Corée du Nord, dont l’assassinat de ses hauts dirigeants.

    Le passage du porte-avions d’une poudrière en Asie du Sud-Est à un autre en Asie du Nord-Est et d’une provocation à une autre, est une manifestation de l’envergure des préparatifs américains de guerre contre la Chine et de leur caractère irresponsable. Une erreur de calcul ou un faux pas a le potentiel de déclencher un conflit aux conséquences terribles pour toute l’humanité.

    Peter Symonds

    Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 5 mars 2016

    Voir aussi :


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  • Guerres futures: A Munich, une avant-première effrayante de l'apparition des robots tueurs - France-Irak actualités  

    Droit, Drones:

    Etats-Unis: opacité sur l'élimination par drones (blog du Droit international)

    Guerre Syrie, voir aussi:

    Syrie : il est minuit, docteur Assad

    L’état actuel de l’armée arabe syrienne

    http://reseauinternational.net/letat-actuel-de-larmee-arabe-syrienne

    L’état actuel de l’armée arabe syrienne

    Après cinq mois de frappes aériennes des 70 avions russes en Syrie, de nombreux analystes militaires se demandent pourquoi l’armée arabe syrienne a été incapable de ne récupérer que 10-15% du territoire occupé par les islamistes. Ils font une comparaison, totalement inappropriée, avec l’armée américaine qui a réussi à occuper l’Irak en 42 jours, à l’aide de 1800 avions de combat et 380 000 soldats.

    Quelles sont les causes de la faible capacité de combat de l’armée arabe syrienne?

    Au cours des cinq années de guerre civile, les frontières avec la Turquie, la Jordanie et Israël ont été les lieux de passage de 100 000 mercenaires islamistes (recrutés et formés par l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Etats-Unis et la Turquie) qui ont ouvert plusieurs fronts, obligeant les unités de l’armée arabe syrienne à se disperser en petits groupes à travers le pays. Dans un premier temps, l’action des islamistes a consisté à mener des attaques surprises qui visaient les casernes de l’armée arabe syrienne et les sièges de la police. La réaction de l’armée arabe syrienne a été retardée et maladroite, n’utilisant que des troupes de la 104ème brigade de la garde républicaine et de la 4ème division mécanisée. Le succès de la première phase des attaques « rebelles » s’est étendu en cascade, en raison notamment de la parfaite connaissance des vulnérabilités de l’armée arabe syrienne. Leur planification a été prise en charge par les instructeurs militaires des forces spéciales de la Turquie (Bordo Bereliler) et l’Arabie Saoudite.

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    Au cours des trois premières années de la guerre, l’armée arabe syrienne n’a prouvé aucun sens tactique élémentaire, adoptant des dispositifs inadéquats sans espaces entre eux, sans feu de couverture entre les éléments des dispositifs, sans techniques d’identification ami-ennemi, etc. L’utilisation par les djihadistes des masses de manifestants comme boucliers humains ne pouvait pas être dépistée à l’avance, étant donné que l’armée arabe syrienne ne disposait pas d’avions de reconnaissance sans pilote prêt (drone). Des opérations ont été menées, surprenant les troupes syriennes, incapables de réagir face aux masses infiltrées par les terroristes, pour l’occupation de nombreuses bases et des entrepôts d’armes et de munitions. Par conséquent, l’armée arabe syrienne ne pouvait même pas assurer les mesures élémentaires de combat (et de prévention), et prévoir à l’avance la meilleure façon d’être en mesure de planifier la guerre.

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    Une amélioration des procédures tactiques des groupes d’assaut de l’armée arabe syrienne, ainsi que leur exploitation réussie, ayant eu pour résultat des manœuvres très rapides, a été obtenue grâce aux avions sans pilote de reconnaissance Shahed-129 fournis par l’Iran.

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    La Russie a soutenu dès le début le gouvernement d’Assad, politiquement et diplomatiquement, avec de sporadiques livraisons d’armes et des cours de formation, mais à l’automne 2015, l’aide russe a été faite « à la carte », augmentant de façon exponentielle. L’accumulation quantitative de ces armes enregistrée par l’armée arabe syrienne a nécessité un certain temps à maitriser, généraliser et transformer en saut qualitatif.

    Les armes individuelles et l’équipement de protection.

    Dans un premier temps, l’armée arabe syrienne n’était équipée qu’avec des casques chinois QGF-02. Des soldats de la Garde républicaine et les forces d’opérations spéciales possédaient gilets pare-balles TAT-BA-7. L’armement individuel se composait de fusils AK-47 automatiques (ou variante chinoise de type 56). L’absence d’appareils de vision nocturne et de jumelles avec des récepteurs d’intensification de la lumière résiduelle a constitué un sérieux handicap.

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    Bien que la Syrie ait opté en 2005 pour un projet d’équipement individuel moderne (Soldat du Futur), jusqu’au début de la guerre civile, il n’avait pas été acheté. C’était un dispositif d’observation de nuit russe (Baighiş 6) et le fusil d’assaut AK-74M. Avec l’arrivée des instructeurs russes, la plupart des unités de l’armée arabe syrienne ont été équipées de gilets de protection balistique 6B45, de casques en Kevlar 6B7 et de fusils automatiques AK-74M ou AK-104 avec lunette de visée et lance-grenade GP-30. Les Russes ont équipé l’armée arabe syrienne d’équipements modernes de vision nocturne, de lance-grenades thermobariques AGS-17, de lance-grenades 6G30 (calibre 40 mm).

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    Les réservistes.

    Au cours des cinq années de guerre civile, l’armée arabe syrienne a subi de lourdes pertes, beaucoup de matériels militaires ont été détruits ou capturés par les djihadistes et de nombreuses localités importantes sont tombées sous leur contrôle. Cela s’est caractérisé, dans 75% du territoire de la Syrie, par l’exécution cruelle de soldats capturés et de civils sympathisants du pouvoir de Bachar Al Assad. Par conséquent, le remplacement de ces pertes importantes par l’armée arabe syrienne (20 000 soldats, soit 35% du réel) s’est fait avec difficulté, plus difficilement que ce qui était prévu dans les plans de mobilisation en temps de paix.

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    Dans ces circonstances, l’armée arabe syrienne a eu recours à la mise en place de sous-unités composées de volontaires, la plupart du temps sur le principe de territorialité. Fondamentalement, dans les zones soumises à des attaques rebelles, il y avait des groupes de défense locale sans coordination avec les unités professionnalisées de l’armée, pauvrement armés, sans formation physique adéquate, sans entrainement au tir, sans commandants ayant été formés dans des écoles militaires avec un minimum de connaissances des principes à appliquer au combat. Ces groupes de défense locaux, animés que par l’enthousiasme patriotique ont subi des pertes significatives.

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    Avec le redressement de la situation et la transition vers l’armée offensive, l’armée arabe syrienne a introduit ces groupes de défense locale dans un programme intensif d’entraînement tactique, en se concentrant sur la guérilla urbaine avec tir réel, des marches, des notions de génie, de pyrotechnie, sous la direction d’officiers instructeurs iraniens dans les milices chiites irakiennes ou du Hezbollah Libanais.

    Opérations spéciales.

    Les forces spéciales syriennes ont été formées et entraînés par l’armée égyptienne dans les années 60, d’après un programme de commandos britanniques destiné aux militaires des unités d’infanterie légère qui ont été brevetées comme parachutistes. L’armée arabe syrienne avait au début de la guerre civile six bataillons indépendants de forces spéciales et un autre bataillon de parachutistes, qui était la 104ème Brigade de la Garde républicaine.

    En mai 2014, un groupe de commando appelé « Lions protecteurs » est créé, subordonné à la 4ème Division Mécanisée opérant dans le nord de la Syrie. Au début de la guerre civile, l’équipement des unités des forces spéciales syriennes était aussi inefficace que le reste de l’armée arabe syrienne, et les commandos syriens n’avaient pas la même expérience dans le combat urbain, anti-insurrectionnel, comme à Beyrouth en 1982. A cette époque, les unités de commandos syriens étaient équipées de lance-grenades anti-char RPG-7, de systèmes de missiles antichars 9K111 Fagot et Milan-1, qui avaient causé d’énormes ravages dans les blindés et les points de résistances israéliens.

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    La situation s’est améliorée avec l’arrivée en Syrie de formateurs iraniens Quds (bien équipés et bien formés) et les combattants du Hezbollah libanais avec une grande expérience dans la guerre urbaine. Rappelons que les forces spéciales iraniennes ont été créées et formées par les FOS américains et le SBU britannique au temps du Shah Mohammad Reza Pahlavi.

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    Les Commandos CQB et FIBUA du Hezbollah libanais armés de missiles antichars modernes (9M113 Konkurs, 9M131 Metis M, 9M133 Kornet) et de lance-grenades antichars (RPG 7V, RPG-29) ont acquis une solide expérience de combat dans des tactiques asymétriques et la guérilla urbaine en 2006, contre les chars Merkava de l’armée israélienne.

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    Tout a été analysé et revu sur la base des principes d’action et de règles claires, avec l’arrivée des instructeurs Spetsnaz russes. Bien que l’Iran ait investi beaucoup d’argent dans les équipements des forces spéciales, ils n’étaient pas de dernière génération, comme les russes. Des photos récentes de forces spéciales syriennes les présentent équipés exactement comme les Russes, en tenue de camouflage ignifugées type MultiCam, casques balistiques FAST Ops-Core, avec système optoélectronique intégré, des appareils de vision nocturne, cagoule, gilet pare-balles et bottes de qualité, fusils avec une lunette britannique Accuracy international AWM (avec silencieux) ou AK-74M équipé d’une lunette avec un télémètre laser Alpha 7115 et un lance-grenades automatique AGS-30, mitrailleuse Pecheneg etc. Les progrès dans la formation et l’équipement des commandos syriens avec des armes modernes ont été notés dans la récente opération, la récupération de la route Khanasser-Ithriyah, la seule voie d’approvisionnement pour les forces pro-gouvernementales dans la province d’Alep.

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    Les snipers.

    Les combats dans les zones urbaines sont impensables sans beaucoup de tireurs d’élite, formés, équipés d’armements modernes. Au début de la guerre, en l’absence de points d’observation sur les bâtiments et de tireurs d’élite, les auteurs d’attentat suicide pouvaient choisir des cibles et se faire exploser, ou entrer avec des voitures à l’intérieur des points de contrôle de l’armée arabe syrienne. L’armée arabe syrienne avait peu de tireurs d’élite et disposait de vieux modèles et de fusils à lunette : Dragunov et DMR (un Chinois de Norinco, copiés à partir de l’ancien M-14 américain).

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    Plus tard, les Iraniens ont doté l’armée arabe syrienne d’une copie locale de fusil à lunette autrichien Steyr HS.50, les Russes fournissant le fusil à lunette moderne Orsis T-5000 (calibre 7,62 mm) et la mitrailleuse à lunette KSVK (calibre 12,7 mm). A l’initiative des Iraniens et des Russes, une école de tireurs d’élite a été créée pour l’armée arabe syrienne, avec des instructeurs libanais (Hezbollah), iraniens et russes. Les snipers russes sont les meilleurs au monde dans l’expérience de combat, grâce à leurs armes, leur camouflage, et leurs centres de formation. Les mots-clés pour les tireurs d’élite syriens devront être « se rendre invisible et voir sans être vu par les autres. »

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    Les blindés.

    Au cours de la Première Guerre Mondiale, quand il a été inventé, le but du char était de forcer et d’enfoncer les barrages et les lignes de défense ennemies, grâce à un blindage de protection, une puissance de feu et une grande mobilité. De nos jours, les unités antichars équipées de systèmes de missiles sont beaucoup moins chères en comparaison avec les unités de chars, dont l’action devient difficile dans un environnement saturé avec des moyens antichars. Les blindés qui ont été envoyés pour rétablir l’ordre sans une recherche approfondie dans le périmètre d’action et sans le soutien de l’infanterie, ont été contraints d’opérer dans les centres des villages; ils ont été pris par surprise dans des embuscades, sous le feu de lance-grenades portable et de missiles anti-char. Des dizaines de milliers de systèmes de missiles antichars américains BGM-71 Tow, de Milan-2 et de lance-roquettes croates M 79 Osa, ont été introduits en secret en Syrie par les services de renseignement de la Turquie, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis.

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    Les blindé syriens ne disposent pas de plaques de protection de type ERA montées à l’avant et sur la tourelle, ni de systèmes permettant d’aveugler les capteurs de guidage des missiles antichars, ni de systèmes de protection de type actif, avec des capteurs d’interception des missiles antichars pour les faire exploser avant qu’ils n’atteignent le blindage. En raison de ces lacunes, les blindés syriens ont souvent été perforés avec un seul tir direct. Après avoir été détruits ou endommagés, des centaines de blindés de l’armée arabe syrienne ont dû s’adapter, soudant des plaques de protection, et, par la suite, montant des plaques de type ERA pour neutraliser les coups cumulatifs.

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    Avec l’arrivée des instructeurs militaires russes en Syrie, ils ont également constaté que l’une des principales erreurs commises par l’armée arabe syrienne est d’abandonner le blindé endommagé. Les Russes ont constaté que la majorité d’entre eux ont été réparés par des spécialistes militaires turcs infiltrés parmi les djihadistes, ou utilisés dans des fortifications, des batteries d’artillerie fixes. Par conséquent, l’armée arabe syrienne a multiplié les sous-unités de remorquage et d’évacuation de blindés endommagés, et d’ateliers de réparation.

    Au début de 2016, les Russes ont livré à l’armée arabe syrienne environ 20 chars T-72B3 et T-90 MS qui ont une protection réactive efficace contre les missiles antichars américains BGM-71 Tow. Le char T-90 MS a été utilisé dans la composition des détachements avancés pour percer les défenses des dispositifs des djihadistes, selon ce que l’on a noté en Février 2016, lors de l’offensive sur le village de Kuweira près d’Alep.

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    L’artillerie

    Outre les blindés capturés à l’armée arabe syrienne, les islamistes utilisent un grand nombre de camionnettes avec des plates-formes pour des mitrailleuses, des lance-roquettes, des canons et des armes de petit calibre, ce qui lui donne une grande mobilité et le bénéfice de l’effet de surprise. Pour neutraliser ces cibles disposées dans une zone limitée, il aurait fallu des munitions intelligentes dont l’armée arabe syrienne n’était pas dotée. Les Russes lui ont fourni des systèmes de reconnaissance de l’artillerie expéditionnaire « PRP-4A Argus » qui permet de déterminer les coordonnées de l’artillerie et des blindés ennemis, ainsi que des groupes isolés de tireurs qui ont ouvert le feu. La mesure de la distance est automatiquement effectuée par deux télémètres laser. En plus de cet équipement, l’armée arabe syrienne s’est vue dotée de lanceurs de projectiles thermobariques (calibre 220 mm) TOS-1 « Buratino. » Avec une cadence de lancement de 24 projectiles en 7-15 secondes. La surface couverte par une salve de projectiles de TOS 1 est de 200 x 400 m.

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    Avec l’arrivée des instructeurs russes en Syrie, s’est posé le problème de la livraison à l’armée arabe syrienne de missiles Krasnopol KM-2 guidés par faisceau laser. Le système nécessite un opérateur du système d’éclairage de la cible LTD (laser target degsinator), sur un véhicule blindé, marquant l’objectif visé. Une fois dans la zone de 2 km de long et 1,6 km de large aux alentours de la cible, le système de guidage du missile Krasnopol est dirigé par faisceau laser vers le marquage de la cible.

    L’aviation.

    Jusqu’à l’arrivée du contingent russe, l’aviation syrienne n’était pas équipée d’armes à guidage de haute précision, pouvant assurer un soutien des troupes terrestres. Elle utilisait principalement des roquettes de calibre 57 mm et des bombes FAB 50, FAB-100, lancées en plongée de 1500 à 3000 m. De cette hauteur, les avions syriens étaient vulnérables aux tirs des pièces d’artillerie des islamistes, de calibre 23 et 30 mm, et aux missiles sol-air portables (MANPADS), ce qui explique les nombreuses pertes subies par l’aviation syrienne. Entre temps, 21 avions bombardiers Su-24MK de l’armée arabe syrienne ont été mis à niveau dans l’usine d’aéronautique russe N° 514 ARZ à Rzhev, et mis au standard des Su-24M2, dotés de systèmes intégrant de navigation et de guidage d’armes de précision (PNS-M), comme dans l’aviation russe de la base aérienne Hmeymim. En 2015, la Russie avait fourni à l’aviation syrienne des moteurs et de l’avionique de pointe pour amener 64 avions MiG-23BN/MLD au standard des MiG-23-98.

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    Les MiG-23 possèdent des équipements OLS-M, de la classe LANTIRN, pour la navigation de nuit, la détection infrarouge de cibles terrestres et le guidage de plusieurs armes intelligentes, dont celles qui sont utilisées par les bombardiers russes déployés en Syrie. Maintenant, les avions Su-24 et MiG-23 syriens peuvent exécuter des bombardements de précision, jour et nuit, à des altitudes hors de portée des missiles sol-air portable.

    Valentin Vasilescu

    Traduction Avic – Réseau International


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     Semaine 18 de l’intervention russe en Syrie : une escalade dramatique semble imminente

    Semaine 18 de l’intervention russe en Syrie : une escalade dramatique semble imminente

    La situation en Syrie est à un tournant et une escalade dramatique de la guerre semble imminente. Revenons sur la façon dont nous en sommes arrivés là.

    Au cours de la première phase de l’opération, les forces armées syriennes étaient hors d’état d’atteindre un succès stratégique immédiat. C’est assez peu surprenant. Il est important de se rappeler ici que pendant les premières semaines de l’opération, les Russes ne fournissaient pas de soutien aérien rapproché aux Syriens. Au lieu de quoi, ils ont choisi de démolir systématiquement toute l’infrastructure de Daech (Note : quand je dis Daech, je me réfère à tous les terroristes en Syrie), ce qui comprend les postes de commandements, les nœuds de communication, les dépôts de pétrole, les dépôts de munitions, les voies d’approvisionnement, etc. C’était un travail important, mais il n’a pas eu d’impact immédiat sur l’armée arabe syrienne. Ensuite, les Russes se sont consacrés à deux tâches importantes : repousser Daech dans la province de Lattaquié et frapper le commerce illégal de pétrole entre Daech et la Turquie. Le premier objectif était nécessaire pour protéger la force d’intervention russe et le second a frappé les finances de Daech. Ensuite, les Russes se sont mis sérieusement à fournir un soutien aérien rapproché. Non seulement cela, mais ils se sont impliqués directement dans les opérations au sol. 

    La seconde phase a été introduite graduellement, sans fanfare, mais elle a fait une grande différence sur le terrain : les Russes et les Syriens ont commencé à travailler étroitement ensemble et ils ont rapidement porté leur collaboration à un niveau quantitativement plus élevé, qui a permis aux commandants syriens d’utiliser la puissance de feu russe avec une grande efficacité. De plus, les Russes ont commencé à fournir de l’équipement moderne aux Syriens, y compris des chars T-90, des systèmes d’artillerie modernes, des radars de contre-batterie, des dispositifs de vision nocturne, etc. Enfin, selon divers rapports russes, les équipes russes d’opérations spéciales (le plus souvent des Tchétchènes) ont aussi été engagées dans des lieux-clés, y compris loin sur les arrières de Daech. Résultat, l’armée arabe syrienne est passée pour la première fois des succès tactiques aux victoires opérationnelles : pour la première fois, les Syriens ont commencé à libérer des villes d’importance stratégique.

    Enfin, les Russes ont lancé une puissance de feu incroyablement intense sur Daech le long de secteurs essentiels du front. Au nord de Homs, les Russes ont bombardé un secteur pendant 36 heures d’affilée. Selon le dernier rapport [vidéo en russe, NdT] du ministère russe de la Défense, entre le 4 et le 11 février, le groupe d’aviation russe en République arabe syrienne a accompli 510 sorties de combat et a visé 1888 cibles terroristes. Ce genre de pilonnage féroce a produit l’effet escompté et l’armée arabe syrienne a commencé à se déplacer lentement le long de la frontière turco-syrienne tout en menaçant en même temps les forces de Daech encore déployées dans la partie nord d’Alep. En pratiquant ainsi, les Russes et les Syriens ont menacé de couper la route de ravitaillement vitale qui relie Daech à la Turquie. Selon des sources russes, les forces de Daech étaient si démoralisées qu’elles ont forcé les populations locales à fuir vers la frontière turque et ont tenté de se dissimuler au sein de ce déplacement intérieur de civils.

    Cette victoire stratégique russe et syrienne a fait que tous les pays qui soutiennent Daech, dont la Turquie, l’Arabie Saoudite et les États-Unis, ont été confrontés à un échec total de leurs efforts pour renverser Assad et briser la Syrie et en transformer une partie en Djihadistan. Les Américains n’ont pas pu l’admettre, évidemment; quant aux Saoudiens, leurs menaces d’envahir la Syrie étaient assez risibles. Ce qui a laissé le rôle principal à Erdogan, qui était plus qu’heureux de fournir à l’Occident encore un autre allié délirant désireux d’agir de manière totalement irresponsable uniquement pour dénier à l’autre camp tout ce qui pourrait ressembler à une victoire.

    Erdogan semble envisager deux options. La première est une opération au sol en Syrie destinée à restaurer les lignes d’approvisionnement de Daech et empêcher l’armée arabe syrienne de contrôler la frontière. Voici une bonne illustration de ce à quoi cela pourrait ressembler (tiré d’une vidéo de SouthFront) :

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    Selon divers rapports, Erdogan a 18 000 soldats soutenus par l’aviation, les blindés et l’artillerie prêts à intervenir le long de la frontière pour mener une telle invasion.

    Le second plan est encore plus simple, du moins en théorie : créer une zone d’exclusion aérienne sur toute la Syrie. Erdogan a mentionné personnellement cette possibilité plusieurs fois, et la dernière jeudi 11 février.

    Inutile de le dire, les deux plans sont absolument illégaux selon le droit international et constitueraient un acte d’agression, le «crime international suprême», selon le tribunal de Nuremberg, «qui diffère des autres crimes du fait qu’il les contient tous». Rien qui dissuade un mégalomane comme Erdogan.

    Erdogan, et ses partisans à l’Ouest, clameront évidemment qu’un désastre humanitaire, ou même un génocide, se déroule à Alep, qu’il y a une responsabilité de protéger (R2P) et qu’aucun Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire pour entreprendre une telle action clairement humanitaire. Ce serait Sarajevo version 2 ou Kosovo version 2, une fois de plus. Les médias occidentaux sont aujourd’hui activement occupés à diaboliser Poutine et, tout récemment, ils ont offert les sujets suivants à la réflexion des pauvres âmes qui les écoutent encore :

    1. Poutine a probablement ordonné le meurtre de Litvinenko.
    2. Poutine a ordonné le meurtre de Litvinenko parce que celui-ci était sur le point de révéler que Poutine est pédophile (sérieusement, je ne blague pas, vérifiez par vous-même !).
    3. La Troisième Guerre mondiale pourrait commencer avec l’invasion de la Lettonie par la Russie.
    4. Selon le Trésor américain, Poutine est un homme corrompu.
    5. Selon George Soros, Poutine veut la désintégration de l’Union Européenne et la Russie représente une plus grande menace que les djihadistes.
    6. La Russie est si effrayante que le Pentagone veut quadrupler le budget pour la défense de l’Europe.
    7. Poutine est en train de renforcer État islamique en Syrie et de provoquer une vague de réfugiés.

    Inutile de continuer la liste – vous voyez l’idée. C’est vraiment la Bosnie, le Kosovo, l’Irak, la Libye, une fois de plus, avec exactement les mêmes larmes de crocodile humanitaires et exactement les mêmes arguments en faveur d’une agression illégale. Et au lieu de Sarajevo, «ville martyre assiégée par les bouchers serbes», nous aurons Alep «ville martyre assiégée par les bouchers syriens». Je m’attends même à des séries d’actions sous fausse bannière prochainement à Alep, prouvant que le monde doit agir pour empêcher un génocide.

    La grande différence, bien sûr, est que la Yougoslavie, la Serbie, l’Irak et la Libye étaient presque sans défense face à l’Empire anglo-sioniste. Mais pas la Russie.

    En termes strictement militaires, la Russie a franchi un certain nombre d’étapes cruciales : elle a déclaré une vérification à grande échelle de la préparation au combat des districts militaires du sud et du centre. Pratiquement, cela signifie que toutes les forces russes sont en état d’alerte, en particulier les forces aérospatiales, les forces aéroportées, les forces de transport militaire aérien et, bien sûr, les forces russes en Crimée et la Flotte de la Mer Noire. Le premier effet pratique de tels exercices n’est pas seulement de rendre un grand nombre de forces disponibles immédiatement, mais cela rend aussi très difficile à l’ennemi de comprendre exactement ce qu’elles font. Il y a aussi des rapports faisant état du fait que les forces aéroportées d’alerte et de contrôle (AWACS) – A-50M – volent maintenant régulièrement au-dessus de la Syrie. Autrement dit, la Russie a fait les préparatifs nécessaires pour entrer en guerre avec la Turquie.

    Inutile de dire que les Turcs et les Saoudiens ont aussi annoncé des exercices militaires conjoints. Ils ont même annoncé que l’aviation saoudienne lancera des frappes aériennes depuis la base d’Incirlik en soutien à une invasion de la Syrie.

    Simultanément, les Russes ont aussi lancé une initiative de paix centrée sur un cessez-le-feu général débutant le 1er mars ou même, selon les dernières fuites, le 15 février. Le but est transparent : briser l’élan de la Turquie pour une invasion de la Syrie. Il est évident que les diplomates russes font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter une guerre avec la Turquie.

    Là encore, je dois répéter ce que j’ai déjà dit un million de fois dans le passé. Le petit contingent russe en Syrie est dans une position très précaire : très loin de la Russie et très près (45 km) de la Turquie. Non seulement cela, mais les Turcs ont plus de 200 avions de combat prêts à attaquer, alors que les Russes ont probablement moins de 20 SU-30/35/34 en tout. Oui, ce sont des avions très avancés, de la génération 4++, et ils seront soutenus par des systèmes S-400, mais le rapport des forces reste un terrible 1:10.

    La Russie a cependant un grand avantage sur la Turquie : elle a beaucoup de bombardiers longue portée, armés de bombes conventionnelles et de missiles de croisière, capables de frapper les Turcs partout, en Syrie et en Turquie proprement dite. En fait, la Russie a même la capacité de frapper les aérodromes turcs, quelque chose que les Turcs ne peuvent pas empêcher et à laquelle ils ne pourront pas répondre. Le grand risque pour la Russie, alors, serait que l’OTAN interprète cela comme une agression russe contre un État membre, en particulier si la (tristement) célèbre base d’Incirlik est frappée.

    Erdogan doit aussi envisager un autre risque réel : celui que les forces turques, quoique indubitablement compétentes, pourraient ne pas suffire face aux Kurdes et aux Syriens aguerris, en particulier si ces derniers sont soutenus par des forces iraniennes et du Hezbollah. Les Turcs ont obtenu des résultats plutôt irréguliers contre les Kurdes, qu’ils dominent habituellement en puissance de feu et en nombre, mais qu’ils ne sont jamais parvenus à neutraliser, à soumettre ou à éliminer. Enfin, il y a la possibilité que les Russes puissent utiliser leurs troupes au sol, en particulier si la force opérationnelle de Khmeimim est réellement menacée.

    À ce propos, permettez-moi de dire immédiatement que la projection, disons, d’une force aéroportée si loin de la frontière russe pour protéger un petit contingent comme celui de Khmeimim n’est pas quelque chose pour lequel les Forces aéroportées sont conçues, du moins pas selon le manuel. Pourtant, en théorie, s’ils étaient confrontés à une attaque possible sur le personnel russe à Khmeimin, les Russes pourraient décider de débarquer une force aéroportée de la taille d’un régiment, environ 1200 hommes, totalement mécanisés, avec blindés et artillerie. Cette force pourrait être complétée par un bataillon d’infanterie navale de plus de 600 hommes supplémentaires. Cela pourrait ne pas sembler beaucoup comparé aux supposés 18 000 hommes que Erdogan a massés à la frontière, mais gardez à l’esprit que seule une partie de ces 18 000 hommes serait disponible pour toute attaque terrestre de Khmeimin et que les Forces aéroportées russes modernes peuvent transformer même une force beaucoup plus importante en viande hachée (pour une vue sur les forces russes aéroportées modernes, regardez ici). Franchement, je ne vois pas les Turcs tenter d’envahir Khmeimin, mais toute opération terrestre turque importante rendra un tel scénario au moins possible et les commandants russes ne se paieront pas le luxe de supposer que Erdogan est sain d’esprit, pas après le tir qui a abattu le SU-24. Après cela, les Russes doivent tout simplement prévoir le pire.

    Ce qui est clair, c’est que dans toute guerre entre la Russie et la Turquie, l’OTAN devra prendre une décision essentielle : l’Alliance est-elle prête à entrer en guerre avec une puissance nucléaire comme la Russie pour protéger un cinglé comme Erdogan ? Il est difficile d’imaginer les États-Unis/OTAN faire quelque chose de si fou, mais malheureusement, les guerres ont toujours le potentiel pour échapper rapidement à tout contrôle. La théorie militaire moderne a développé beaucoup d’excellents modèles d’escalade mais, malheureusement, aucun bon modèle pour entamer une désescalade (du moins aucun dont je sois informé). Comment doit-on calmer le jeu sans avoir l’air de se rendre ou au moins d’admettre qu’on est le camp le plus faible ?

    La situation actuelle est pleine d’asymétries dangereuses et instables : la force d’intervention russe en Syrie est petite et isolée et elle ne peut pas protéger la Syrie de l’OTAN ou même de la Turquie, mais dans le cas d’une guerre de grande ampleur entre la Russie et la Turquie, cette dernière n’a aucune chance de gagner, pas la moindre. Dans une guerre conventionnelle opposant l’OTAN et la Russie, je ne vois personnellement pas un camp ou l’autre perdre (quoi que signifient perdre et gagner dans ce contexte) sans engager d’abord des armes nucléaires. Cela me suggère que les États-Unis ne peuvent pas permettre à Erdogan d’attaquer la force d’intervention russe en Syrie, pas lors d’une invasion au sol et, encore moins, au cours d’une tentative d’établir une zone d’exclusion aérienne.

    Le problème pour les États-Unis est qu’il n’y a pas de bon choix pour atteindre leur but primordial en Syrie : empêcher la Russie de gagner. Dans les esprits délirants des dirigeants anglo-sionistes, la Russie n’est qu’une puissance régionale qui ne peut pas être autorisée à défier la nation indispensable. Et pourtant, c’est exactement ce que fait la Russie à la fois en Syrie et en Ukraine, et toute la politique russe d’Obama est en ruines. Peut-il se permettre d’apparaître si faible en une année électorale ? L’État profond américain peut-il laisser humilier l’Empire et exposer sa faiblesse ?

    Les dernières informations me font fortement penser que la Maison Blanche a pris la décision de laisser la Turquie et l’Arabie Saoudite envahir la Syrie. Des dirigeants turcs disent ouvertement qu’une invasion est imminente et que le but d’une telle invasion serait d’inverser les avancées de l’Armée arabe syrienne le long de la frontière et près d’Alep. Les derniers rapports suggèrent aussi que les Turcs ont commencé à bombarder Alep. Rien de tout cela ne pourrait se passer sans le plein soutien du CENTCOM et de la Maison Blanche.

    L’Empire a apparemment conclu que Daech n’est pas assez fort pour renverser Assad, du moins pas lorsque les forces aérospatiales russes le soutiennent, donc il veut maintenant lâcher les Turcs et les Saoudiens dans l’espoir de changer l’issue de cette guerre ou, si ce n’est pas possible, de tailler la Syrie en zones de responsabilité – tout cela sous le prétexte de combattre Daech, bien sûr.

    La Force d’intervention russe en Syrie est sur le point d’être sérieusement menacée et je ne vois pas comment elle pourrait traiter cette menace seule. J’espère vraiment beaucoup avoir tort ici, mais je dois admettre qu’une véritable intervention russe en Syrie pourrait avoir lieu, après tout, avec des MiG-31 et tout. En fait, ces tous prochains jours, nous allons probablement assister à une escalade dramatique du conflit en Syrie.

    The Saker

    L’article original est paru sur Unz Review

    Traduit par Diane, vérifié par Ludovic, relu par Diane pour le Saker francophone

    source: http://lesakerfrancophone.fr/semaine-18-de-lintervention-russe-en-syrie-une-escalade-dramatique-semble-imminente

    http://reseauinternational.net/semaine-18-de-lintervention-russe-en-syrie-une-escalade-dramatique-semble-imminente/

     


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