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    La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ?

    La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? 

    16.2.2019

     

     

    Je vous retransmets aujourd’hui un article du colonel François-Régis LEGRIER qui termine un séjour opérationnel au levant (Irak, Syrie) où il dirigeait la Task Force Wagram.

     

    Cet article a été  publié il y a quelques jours sur la Revue de la Défense Nationale sous le titre : La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ?

     

    Les conclusions de cet article ne convenant pas à nos autorités politiques et militaires qui tiennent à verrouiller toutes les informations dans le cadre bien compris de la propagande et de la censure de guerre, cet article a été retiré de la Revue de la Défense Nationale. Toute vérité n’est pas bonne à dire……

     

    L’auteur de cette analyse lucide pourrait même avoir des ennuis avec sa hiérarchie, si l’on en croit le journal « Le Monde »

     

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/15/un-colonel-francais-risque-des-sanctions-pour-avoir-critique-la-strategie-de-la-coalition-en-syrie_5424183_3210.html?

     

    Cette affaire est riche en enseignements.

     

    J’en retiens d’abord les 6 dernières lignes de la conclusion:

     

    « Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate.

     

    Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? »

     

    J’en retiens aussi les réactions épidermiques de ceux qui, aujourd’hui, souhaitent conserver le monopole de « l’information/désinformation » afin de continuer à manipuler le « bon peuple français » et de justifier nos ingérences tous azimuts et tous prétextes au profit d’intérêts qui ne sont pas ceux de notre pays…..

     

    Bonne lecture à tous.

     

    DD

     

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    bataille d'Hahjin 20190216

     

    La bataille d’Hajin (septembre 2018 – janvier 2019) du nom d’une petite localité située sur la rive Est de l’Euphrate aux confins de la Syrie et de l’Irak mérite de laisser son nom dans l’histoire militaire à plus d’un titre. Elle est d’abord la dernière « bataille rangée » contre le pseudo État islamique et semble mettre un point final à sa volonté de contrôler un territoire. Elle est ensuite, pour nous Occidentaux, riche d’enseignements sur la guerre, et tout spécialement les limites de la guerre par procuration et de notre approche tournée vers la suprématie technologique.

     

    Au XIXe siècle, le sort d’une bataille mettant en jeu quelques milliers d’hommes était réglé en une journée – Austerlitz par exemple ; au XXe siècle, il faut compter en semaines – que l’on pense à la poche de Dunkerque en 1940 ; au XXIe siècle, il faut près de cinq mois et une accumulation de destructions pour venir à bout de 2 000 combattants ne disposant ni d’appui aérien, ni de moyens de guerre électronique, ni de forces spéciales, ni de satellites. Telle est la réalité de la guerre aujourd’hui qui doit nous conduire, décideurs politiques et chefs militaires à un examen critique salutaire sur notre façon de concevoir et faire la guerre.

     

    Certes, la bataille d’Hajin a été gagnée mais de façon très poussive, à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions. Certes, les Occidentaux, en refusant d’engager des troupes au sol, ont limité les risques et notamment celui d’avoir à s’expliquer devant l’opinion. Mais ce refus interroge : pourquoi entretenir une armée que l’on n’ose pas engager ? Si la réduction du dernier bastion de l’État islamique ne vaut pas la peine d’engager des troupes conventionnelles, quelle cause sera assez importante pour le faire ? Extrêmement à l’aise pour remplir les grands états-majors multinationaux d’une ribambelle d’officiers, les nations occidentales n’ont pas eu la volonté politique d’envoyer 1 000 combattants aguerris régler en quelques semaines le sort de la poche d’Hajin et épargner à la population plusieurs mois de guerre.

     

    Par ailleurs, en sous-traitant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), c’est à-dire à des proxys – des troupes soutenues par les Américains qui leur ont délégué le droit de se battre à leur place – la conduite des opérations au sol, la Coalition (1) a renoncé à sa liberté d’action et perdu la maîtrise du tempo stratégique. Prise en étau entre la décision de Donald Trump de se retirer du Nord-Est syrien et le bon vouloir des FDS, elle n’a pas trouvé de meilleure solution que d’intensifier les bombardements pour en finir au plus vite, compromettant ainsi durablement l’avenir de cette province.

     

    In fine, la question qui se pose est de savoir si la libération d’une région ne peut se faire qu’au prix de la destruction de ses infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). C’est là, l’approche assumée sans complexe, hier et aujourd’hui, par les Américains ; ce n’est pas la nôtre et nous souhaitons ici indiquer ce qui aurait pu être fait pour mettre l’ennemi hors de combat sans transformer la poche d’Hajin en champs de ruines.

     

    Les destructions dans le village d'Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe Etat islamique. © Radio France / Etienne Monin

    Les destructions dans le village d’Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe Etat islamique. © Radio France / Etienne Monin

     

    Caractéristiques de la bataille d’Hajin : un concentré de tous les types de guerre

     

    Située au cœur du « Grand Jeu » entre puissances régionales et grandes puissances, la poche d’Hajin regroupe en septembre 2018 environ 2 000 combattants islamistes dont une majorité d’étrangers. S’étirant sur une trentaine de kilomètres le long de l’Euphrate en territoire arabo-kurde syrien et large d’une dizaine de kilomètres, elle est le dernier bastion du soi-disant Califat « État islamique », autant dire pas grand-chose. En réalité, nous allons voir que la bataille déborde largement de son cadre géographique pour se répandre dans le champ des perceptions, autre enjeu essentiel du combat.

     

    La zone d’action est une bande de terrain en V coincée entre l’Euphrate à l’Ouest et la frontière irako-syrienne à l’Est avec une zone rurale (champs et villages) le long du fleuve et une zone désertique. Soulignons que la rive Ouest de l’Euphrate est plus ou moins sous contrôle du régime syrien et des milices irakiennes qui contrôlent également une partie de la frontière. La population est estimée à quelques milliers de personnes, surtout présente dans la partie Nord de la poche (localité d’Hajin).

     

    Au Sud de la poche (pointe du V) et au bord de l’Euphrate, en territoire irakien, la ville d’Al-Qaïm. Au Nord de cette ville, la frontière est tenue par l’armée irakienne et légèrement en retrait se trouve la position de tir des moyens feux sol-sol de la coalition. Au Sud, la frontière est tenue par une milice affiliée à l’Iran (Katiba Hesbollah), véritable petite armée avec ses chars et ses canons. Si la frontière est globalement étanche au Nord, elle est très poreuse au Sud, la milice se livrant à la contrebande.

     

    Le combat au sol a été confié à des proxys, les FDS, alliance arabo-kurde conseillée par les forces spéciales américaines et bénéficiant du soutien des moyens feux sol-sol et sol-air de la Coalition. D’un volume sensiblement équivalent à celui de Daech, leur valeur combative est toute relative sachant que les combattants kurdes viennent du Nord-Est syrien où ils sont régulièrement pris à partie par les Turcs, alliés des Américains au sein de l’Otan. Ainsi, fin octobre 2018, les FDS ont annoncé la suspension des opérations suite à des frappes turques et il a fallu plusieurs semaines de négociation pour qu’ils reprennent le combat. Le même scénario a failli se répéter mi-décembre et compromettre à nouveau la prise d’Hajin pourtant bien engagée.

     

    Au sol, les traits distinctifs de cette bataille sont assez proches de ceux des batailles de la Première Guerre mondiale : une ligne de front entre combattants où chaque gain de 500 mètres ou 1 kilomètre de territoire représente un succès ; des contre-attaques violentes et répétées de la part d’un ennemi cerné de toute part et qui cherche à desserrer l’étau des FDS ; un emploi massif de l’artillerie, seule capable de délivrer des feux par mauvaises conditions météorologiques et qui, à plusieurs reprises, a sauvé la mise aux FDS violemment prises à partie ; des pertes importantes au regard du volume de combattants (plusieurs centaines au total de part et d’autre).

     

    Sur un plan purement tactique, cette bataille a fait redécouvrir toutes les vertus d’un appui-feu sol-sol (2) alliant effets de saturation par obus explosif et effets de destruction par munition de précision et surtout opérationnel par tout temps. Ainsi, c’est le 3 décembre 2018 qu’ont été tirés avec succès pour la première fois en opération, les obus antichars à effet dirigé Bonus détruisant une colonne de pickup lancée à l’assaut des lignes de défense FDS.

     

    Dans les airs, la suprématie occidentale est évidemment totale. Comme dans le film de Gavin Hood, Eye in the Sky (3), c’est la quintessence de la haute technologie qui se déploie quasiment sans limite avec l’emploi massif de moyens de surveillance et de renseignement, et d’avions pour observer et frapper. En l’espace de six mois, plusieurs milliers de bombes ont été déversées sur quelques dizaines de kilomètres carrés avec comme résultat principal la destruction des infrastructures.

     

    L’ennemi a-t-il été détruit par ces frappes ? Oui, mais pas autant qu’on a bien voulu le faire croire dans les comptes rendus alignant un BDA (4) impressionnant calculé de façon statistique et non pas par observation visuelle.

     

    L’ennemi a-t-il été atteint dans son moral et sa volonté de combattre ? À l’évidence, non. Il a déployé jusqu’au bout une combativité inébranlable mettant à profit les périodes de mauvaise météo, le préservant de la menace aérienne, pour contre-attaquer violemment et infliger à plusieurs reprises de sérieux revers tactiques aux FDS. La défaite devenue inéluctable, il s’est exfiltré vers des zones refuges pour poursuivre la lutte en mode insurrectionnel ne laissant sur place qu’une poignée de combattants étrangers.

     

    Ainsi, cette bataille illustre à merveille les propos du général Desportes : « Des systèmes d’armes toujours plus performants produisent des résultats toujours plus décevants » (5). Entendons-nous bien. Ils ne sont pas décevants parce que performants mais parce que mal employés ; nous y reviendrons.

     

    Enfin, la bataille d’Hajin dépasse largement le cadre géographique pour s’inscrire plus largement dans le champ infini des perceptions.

     

    Force est de constater que dans ce domaine, Daech a su exploiter le moindre succès tactique pour le valoriser et en faire un succès stratégique. De même, les frappes occidentales et leurs dommages collatéraux réels ou fictifs ont aussi été largement médiatisés avec succès. En effet, à plusieurs reprises, la Coalition trop souvent en réaction sur le champ des perceptions, a dû renoncer à ses frappes face à la pression médiatique. Il y a ici tout un champ de réflexion à explorer et notamment le décalage des perspectives : là où Daech, dans une vision stratégique, s’adresse aux opinions publiques occidentales, la Coalition, outil militaire sans réelle pensée politique, est contrainte de rester au niveau tactique et ne peut exploiter ses succès dans le champ informationnel avec la même réactivité que l’ennemi.

     

    Les limites de la guerre par procuration et de notre approche techno-centrée

     

    La guerre par procuration ou comment perdre la main sur le plan stratégique

     

    En s’en remettant à des proxys pour conduire la bataille au sol, les Occidentaux en ont certes retiré un avantage politique à court terme : celui d’éviter des pertes et un mouvement d’opinion contre leur politique. En revanche, sur le moyen-long terme, ce choix s’est avéré désastreux.

     

    En affirmant que la poche était la Main Battle Area (6) tout en refusant d’y engager des moyens terrestres ou même des hélicoptères d’attaque, les Américains ont laissé planer un doute sur leurs intentions réelles d’en finir rapidement. Il est donc permis de penser que la poche d’Hajin constituait un excellent alibi pour maintenir une présence dans le Nord-Est syrien et surtout prévenir un éventuel délitement trop rapide de la Coalition. Ainsi, au fur et à mesure de la bataille, le discours s’est articulé de la façon suivante : « il faut détruire Daech » vers « oui, Daech est bientôt éliminé en Syrie mais il se reconstitue en Irak et reste tout aussi dangereux », ce qui pose la question de la pertinence de la stratégie suivie depuis des années. Où est le véritable enjeu ? Détruire Daech ou contenir l’Iran ?

     

    Par ailleurs, la conséquence la plus immédiate d’une telle approche est la perte de la maîtrise du temps : l’opération avance au gré de la volonté des proxys et selon leur propre agenda et elle traîne en longueur quelle que soit l’ampleur des moyens consentis. Cela s’appelle un enlisement.

     

    Pour compliquer les choses, est apparue au grand jour la divergence de vues entre Donald Trump et son état-major. Fidèle en cela à une promesse de campagne, le Président des États-Unis a saisi l’occasion de la reprise d’Hajin mi-décembre pour annoncer la victoire sur Daech et le retrait des forces américaines de Syrie montrant ainsi, certes de façon brutale, que c’est bien le tempo politique qui détermine la stratégie et non pas l’inverse.

     

    En refusant d’inscrire dans leur stratégie du Moyen-Orient cette volonté de retrait pourtant annoncée depuis deux ans, l’Administration américaine et les étatsmajors se sont mis d’eux-mêmes en porte à faux. Bousculés par le décideur politique d’un côté, ayant perdu la main sur le tempo des opérations au sol de l’autre, c’est-à-dire privés de toute marge de manœuvres, la seule réaction a été d’intensifier les frappes aériennes et donc d’augmenter encore le nombre de destructions. Hajin a subi le même sort que Mossoul et Raqqa : une destruction quasi complète.

     

    Ainsi, cette victoire tactique, par la façon dont elle a été acquise, a compromis l’avenir de cette province sans ouvrir de perspectives stratégiques intéressantes pour la Coalition. L’avenir du Nord-Est syrien est plus que jamais incertain et Daech, s’il a perdu son territoire, ne semble pas atteint dans sa volonté de continuer la lutte.

     

    La leçon est la suivante : il n’y a pas de stratégie et donc de victoire durable sans liberté de manœuvre. Celle-ci est au croisement du politique et du militaire. Le stratège doit impérativement inscrire son action dans une politique et doit garder la main sur les opérations dans tous les domaines, y compris les opérations terrestres s’il veut être en mesure de présenter plusieurs options stratégiques au décideur politique. Il n’y a pas d’autres solutions possibles.

     

    L’approche techno-centrée ou l’illusion de la puissance

     

    En s’en remettant principalement à des moyens air inopérants sur un plan tactique lorsque les conditions météo se dégradent et aux forces spéciales, la Coalition a perdu beaucoup de temps, d’énergie et de crédibilité, Daech ayant beau jeu de se vanter d’avoir tenu en échec la première puissance mondiale pendant des mois.

     

    Il faut être rentré dans une Strike Cell (7) par temps couvert pour comprendre toutes les limites de notre approche techno-centrée. En effet, en cas de pluie, de brouillard, de nuages, les écrans deviennent noirs, les gens jouent aux cartes ou regardent un film : la guerre s’arrête pour eux en attendant la prochaine fenêtre météo. Lors des violentes contre-attaques de Daech en octobre 2018 et le repli des FDS, le premier constat d’un officier général a été de dire : « C’est à cause de la météo, nous n’avions plus l’appui aérien. » Sous-entendu, Daech ne respecte pas les règles du jeu, il attaque par mauvais temps !

     

    Non, nous n’avons pas été tenus en échec par la météo mais par notre refus de nous adapter à notre ennemi et au réel. La guerre par procuration, c’est-à-dire ce refus d’engager des troupes au sol aptes au combat pour s’en remettre uniquement aux forces spéciales et à l’arme aérienne est l’un des facteurs principaux de nos échecs actuels. Les forces spéciales sont faites… pour les opérations spéciales et non le combat conventionnel en zone urbaine ou désertique.

     

    Encore une fois, ne nous y trompons pas, il ne s’agit nullement ici de critiquer l’apport indispensable aux opérations que constitue l’arme aérienne ou les forces spéciales mais de rappeler que c’est une erreur que de s’en remettre uniquement à elles pour gagner une bataille. Ce concept ultra-technologique conçu pour réduire le format des troupes conventionnelles et séduire le politique en lui faisant croire qu’on peut faire mieux avec moins est un leurre séduisant mais un leurre quand même.

     

    Alors que fallait-il faire ?

     

    La réponse est simple : comprendre que si la bataille se gagne au niveau tactique – adaptation au terrain et à l’ennemi – la guerre se gagne au niveau stratégique et politique, et qu’elle est une dialectique des volontés et non une éradication « des méchants » impossible à réaliser.

     

    En l’occurrence, il fallait resituer la bataille d’Hajin dans un cadre plus global : celui d’empêcher Daech de se reconstituer d’une part et de préserver l’avenir de la moyenne vallée de l’Euphrate en évitant des destructions inutiles d’autre part.

     

    Au niveau tactique, une bataille se gagne en disposant les moyens adéquats au bon endroit et au bon moment (principe d’économie des forces et de concentration des efforts) pour créer un rapport de force favorable. Ainsi, tout en s’appuyant sur les FDS, il fallait, en sus des moyens d’appui-feux, engager a minima un groupement tactique interarmes motorisé capable de s’emparer rapidement de la poche d’Hajin en limitant autant que faire se peut la destruction des infrastructures.

     

    En effet, une bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. C’est la combinaison de la manœuvre et du feu qui permet de disloquer le dispositif ennemi et de le mettre dans l’impossibilité de poursuivre la bataille par la conquête des points clés du terrain, et de ses moyens de commandement et logistique. La prise d’Hajin, en décembre, en est l’illustration tardive : l’ennemi, ayant perdu son centre de commandement, n’a plus été en mesure d’opposer une résistance coordonnée par la suite.

     

    Enfin, la bataille doit être menée en temps imminent dans le champ informationnel, c’est-à-dire avec un temps d’avance. Est cru par le plus grand nombre ce qui est affirmé en premier : c’est une loi immuable dont il faut tenir compte. Une plus grande réactivité aurait été nécessaire pour valoriser nos succès et disqualifier le comportement de l’adversaire quitte à assumer, et non pas justifier après coup, les dommages collatéraux.

     

    L’évocation de la bataille dans le champ des influences nous permet de faire la transition avec les parties hautes de la guerre, la stratégie et la politique.

     

    Au lieu de se focaliser de façon excessive sur la poche d’Hajin, la Coalition aurait dû l’intégrer dans une approche stratégique et ainsi découper son espace de bataille non pas en fonction de ses structures internes (répartition entre commandement des forces spéciales en Syrie et commandement conventionnel en Irak) mais en fonction de l’espace de bataille ennemi allant de Kirkuk au Nord-Est de l’Irak au désert d’Al-Anbar à l’Ouest, en passant par Hajin et Al-Qaïm.

     

    Seule une vue globale du problème aurait permis d’ébaucher une stratégie globale et d’éviter le constat amer de voir Daech resurgir là où on l’a chassé il y a deux ans. Seule une stratégie globale laissant entrevoir une résolution politique durable aurait permis au politique de comprendre la nécessité du temps long au lieu de brusquer les choses pour sortir de ce qui s’apparente à une impasse et un échec.

     

    Il faut donc rappeler avec le général Desportes que la victoire militaire doit toujours être pensée au prisme de son objectif politique et qu’elle ne peut se passer d’un engagement au contact : « La guerre à distance est un leurre : elle produit un effet militaire mais pas d’effet politique. La “projection de puissance”, c’est-à-dire la projection de destruction, sans “projection de forces”, de soldats sur le terrain ne fonctionne pas ; elle détruit sans maîtriser la reconstruction et crée le chaos. Il y a une vraie illusion de l’efficience aérienne : certes, elle permet quelques économies initiales mais elle ne conduit jamais au résultat espéré. À la fin des fins, il est toujours nécessaire, d’une manière ou d’une autre, de contrôler l’espace. » (8)

     

    Conclusion

     

    Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? w guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate.

     

    François-Régis Legrier

     

    Colonel. Chef de corps du 68e régiment d’artillerie d’Afrique. Commandant la Task Force Wagram au Levant d’octobre 2018 à février 2019. Auteur de Si tu veux la paix prépare la guerre aux Éditions Via Romana

     

    Courriel de l’auteur : frlegrier@gmail.com

     

    (1) Operation Inherent Resolve (OIR) : coalition dirigée par les Américains.

    (2) Il faut également souligner l’emploi massif par Daech de roquettes et de mortiers allant parfois à des consommations de 100 munitions par jour.

    (3) Sorti en 2016 : montre les ambiguïtés politico-juridiques d’une prise de décision d’une frappe aérienne.

    (4) Battle Damage Assessment : estimation des pertes ennemies.

    (5) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », Le Casoar n° 231, p 19.

    (6) L’espace de bataille prioritaire.

    (7) Centre d’opérations couvert d’écrans permettant une recopie des images fournies par les drones ou les avions. C’est à partir de là que s’effectuent les frappes aériennes et les tirs d’artillerie d’où son nom de Strike Cell.

    (8) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », op. cit.

     

    Photo: La Task Force Wagram dans la bataille d’Hajin

     

    https://reseauinternational.net/la-bataille-dhajin-victoire-tactique-defaite-strategique/


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    Les guerres modernes de « démocratisation » percées à jour – « Plus jamais …

     

    Les guerres modernes de « démocratisation » percées à jour – « Plus jamais …

     

    Quand en 2011 treize membres de sa famille ont été tués lors d’une attaque intentionnelle de l’OTAN contre sa maison en Libye, Khaled al-Hamedi président de l’OPCR, a demandé à l’OTAN de rendre compte de ce crime de guerre. L’OTAN, par contre, s’est référée à la Convention d’Ottawa de 1951, qui garantit l’immunité pour l’alliance militaire et le jugement a donné raison à l’OTAN… pour combien de temps encore ?

     

     

    Depuis la Seconde Guerre Mndiale jusqu’à aujourd’hui, d’innombrables guerres et crimes de guerre ont eu lieu. La plupart d’entre eux ont été initiés et dirigés par le gouvernement américain et l’OTAN. Le prétexte de l’intervention militaire était toujours le même : le peuple d’un pays devait être libéré d’un « dictateur brutal » ou d’un « système de gouvernement antidémocratique ». La prétendue démocratie et la liberté, basées sur le peuple et pour le bénéfice du peuple – comme on l’a prétendu – devaient être introduites. Des guerres ont été déclenchées et des pays bombardés au nom de la démocratie et de la liberté.

     

    Il existe un moyen simple de déterminer si même une seule de ces guerres qui ont été menées sous le couvert de la démocratisation, était justifiée : c’est de comparer la situation du pays touché par la guerre avant et après la guerre. Si la guerre et la soi-disant démocratisation étaient vraiment pour le bien du peuple, les conditions de vie dans le pays après la guerre devraient être bien meilleures qu’avant la guerre. En d’autres termes, les conditions de vie dans le pays ne devraient pas être pires APRÈS la guerre qu’elles ne l’étaient AVANT, du temps du prétendu dictateur – sinon une guerre doit être condamnée comme contraire au droit international.

     

    Mais jugez par vous-même sur la base des quatre exemples suivants, qui sont représentatifs de toutes les autres guerres dites de démocratisation : La mission militaire internationale en Libye en 2011.

     

    L’opération militaire internationale en Lybie 2011

     

    AVANT – La Libye sous Kadhafi : la Libye les revenus par habitant étaient parmi les plus élevés du continent africain. Une partie des ventes de pétrole libyen a été (était) créditée directement sur les comptes des citoyens libyens. Il n’y avait pratiquement pas d’impôts, même les entreprises n’étaient que très peu taxées. Avoir un logement était considéré comme un droit de l’homme, tous les nouveaux mariés recevaient de l’Etat libyen l’équivalent de 45 000 €. L’électricité, les traitements médicaux et l’éducation étaient gratuits. Avant Kadhafi, seulement 25 % des Libyens savaient lire, après lui, 83 %. Kadhafi a permis aux femmes de s’émanciper dans les années 1970. Aucun vêtement spécial n’est requis et toutes les femmes avaient accès à des cours de formation de haute qualité si elles le souhaitaient.

     

    Il y avait des (femmes) médecins, avocates, ministres, des femmes d’affaires ou même des femmes au foyer normales, peu importe (selon) ce qu’elles voulaient être. Kadhafi avait planifié pour l’Afrique la création d’une banque et l’introduction d’une monnaie adossée à (indexée sur) l’or, ce qui aurait conduit la Libye à la liberté – à l’abri des élites financières et des impérialistes qui contrôlent les pays pauvres et leurs possessions. Kadhafi était également sur le point d’achever le plus grand projet de canalisation d’eau potable au monde à travers le Sahara – le « Great-Man-Made-River-Project » – pour un meilleur approvisionnement en eau de la population et pour l’agriculture. La Libye était un pays indépendant et prospère. M. Kadhafi a également contribué à contrôler les flux de réfugiés en provenance des pays africains. Pour les accepter, il a appliqué les normes européennes pour limiter l’afflux en Europe.

     

    APRÈS l’assassinat brutal de Kadhafi : sous prétexte de protéger le peuple libyen de son dirigeant Mouammar Kadhafi, la Libye a été bombardée pendant 7 mois par les forces de l’OTAN sous commandement américain. La guerre a coûté la vie à environ 50 000 civils libyens, et a fait au moins autant de blessés. L’infrastructure économique du pays a été détruite par les bombardements de l’OTAN. Les installations du grand réseau d’eau ont été attaquées et bombardées par l’OTAN, comme le montrent diverses vidéos sur YouTube. Selon « Global Research », un centre de recherche mondiale basé au Canada, la guerre de l’OTAN contre la Libye a mis en danger l’avenir du projet d’eau potable – et donc la prospérité du peuple libyen. Les réserves de liquidités de la Libye, qui s’élèvent à 150 milliards de dollars, sont maintenant gelées dans le monde entier et probablement perdues à jamais. Le pays a continué à être ébranlé par les luttes des milices rivales ; les attaques contre le gouvernement et le meurtre de fonctionnaires sont à l’ordre du jour (courants). Depuis 2014, il y a eu une guerre civile féroce. Après Kadhafi, la Libye est devenue un paradis pour les gangs de contrebandiers qui n’ont aucun obstacle pour faire passer des réfugiés en Europe.

     

    La 1ère guerre d’Irak (2ème guerre du Golfe) 1990/91 (www.kla.tv/7046)

     

    AVANT : En 1972, l’Irak a réussi à prendre le contrôle national sur ses réserves pétrolières, qui avaient été exploitées auparavant par des entreprises internationales. L’économie était en plein essor, ce qui a également profité à la population. En 1979, l’Irak avait des réserves d’argent d’une valeur de 35 milliards de dollars et était sur le point de devenir un pays industrialisé. Il a activement promu la modernisation de l’économie, de l’industrie, de l’administration, de la police, de l’agriculture et de l’éducation populaire. Avant 1990, le taux d’alphabétisation des filles dépassait 90 %. Entre autres choses, les recettes d’exportation provenant de la vente de pétrole ont contribué à la mise en place d’un système de santé irakien complet qui, jusqu’au début des années 1990, était considéré comme le meilleur du monde arabe. L’Irak était un pays en plein essor.

     

    APRÈS : Après que Saddam Hussein a occupé le Koweït suite à un conflit au sujet des champs de pétrole, l’armée irakienne a été presque complètement vaincue par une coalition dirigée par les Etats-Unis. Pour justifier la guerre, des atrocités qui se sont révélées par la suite être des mensonges ont été rapportées dans le monde entier par les médias de masse. Parmi ces mensonges se trouve ce qu’on appelle le mensonge des couveuses. Au moins 120 000 soldats irakiens et jusqu’à 55 000 civils ont été tués. Les dommages à long terme causés par les munitions à l’uranium appauvri sont dévastateurs. Depuis 1991, 1,5 million d’Irakiens, dont plus de 550 000 enfants de moins de cinq ans, sont morts à la suite des sanctions économiques imposées à l’Irak.

     

    La destruction des stations d’épuration a transformé le fleuve Tigre en un égout à ciel ouvert. De 1990 à 2003, les États-Unis ont empêché l’importation de pompes et de chlore pour le traitement de l’eau ; en conséquence, le taux de mortalité infantile est passé de 3,3 % à 12,5 % entre 1990 et 1997.

     

    La seconde guerre d’Irak (3ème guerre du Golfe) 2003

     

    Le 20 mars 2003, les troupes américaines et leurs alliés ont envahi l’Irak au motif que Saddam Hussein aurait possédé des armes de destruction massive et coopérait avec Al-Qaïda. Les deux accusations ont ensuite été réfutées par le comité des services secrets du Sénat américain.

     

    Selon l’étude indépendante du Lancet, 600 000 civils sont morts en 2006, ce qui représente 90 % de toutes les victimes. Rien qu’au cours d’une mission de trois semaines en 2003, entre 1 000 et 2 000 tonnes de munitions à l’uranium ont été utilisées par les États-Unis. A Falloudja, une ville située à 70 kilomètres de Bagdad, la contamination radioactive serait des dizaines de fois plus élevée qu’après la bombe d’Hiroshima. Depuis lors, un nombre croissant de bébés terriblement déformés naissent sans tête, avec deux têtes ou des membres manquants. D’innombrables crimes de guerre cruels commis par les troupes américaines ont été révélés au public et en partie par WikiLeaks. Depuis le retrait des dernières troupes américaines d’Irak en 2011, l’Irak est dans une situation similaire à une guerre civile.

     

    Guerre de Syrie depuis 2011

     

    AVANT : La Banque centrale syrienne était détenue et contrôlée par l’État et n’avait pas de dette envers le Fonds monétaire international (FMI). Bachar al-Assad, le président syrien, a initié la démocratie quelques années avant la guerre. Avant 2007, la Syrie était un pays tellement riche et prometteur qu’elle a pu accueillir deux millions de réfugiés irakiens. Le système de santé était gratuit. Pour protéger la population contre les risques sanitaires, les semences génétiquement modifiées (« OGM ») n’étaient pas autorisées. La Syrie, qui dispose (dans son sous-sol) d’énormes réserves de pétrole et de gaz participait à la construction d’un oléoduc avec l’Iran, sans la participation des géants pétroliers occidentaux. La population syrienne était très bien informée sur le NOUVEL ORDRE MONDIAL. Les médias et les universités débattaient de l’influence de l’élite du pouvoir global. La Syrie protégeait son identité politique, culturelle et nationale.

     

    APRÈS : Au cours du printemps arabe de mars 2011, il y a eu un conflit entre le gouvernement de Bachar al-Assad et divers groupes d’opposition. Peu après, des groupes lourdement armés sont entrés dans le pays et sont intervenus dans la guerre civile contre Assad. Selon les chiffres les plus récents des Nations Unies, plus de 250 000 personnes ont été tuées à ce jour – sans les chiffres non officiels. Un tiers d’entre eux étaient des victimes civiles. Plus de 3,8 millions de Syriens ont fui à l’étranger, dont plus de la moitié sont des enfants.

     

    Actuellement le plus grand nombre de réfugiés en Europe provient de Syrie. Toutes les sources de revenus ont été supprimées par les sanctions économiques occidentales. Les exportations de carburant, de pétrole et de technologie ont été interdites. Les marchandises importées comme le blé se font rares et il y a une pénurie de pain. La nourriture est deux fois plus chère qu’avant la guerre. Selon Joshua Landis, professeur à l’Université d’Oklahoma, c’est entre autres choses la stratégie des Etats-Unis pour affaiblir les Syriens et les forcer à se rendre. En prétendant que la Syrie avait utilisé des armes chimiques, les États-Unis avec les États membres de l’OTAN ont tenté d’entrer en guerre. Cependant, on n’a jamais pu prouver qu’Assad avait utilisé des armes chimiques. Au contraire, il les a même fait détruire.

     

    La guerre en Ukraine depuis 2014

     

    AVANT : Avant la guerre, l’Ukraine était un pays neutre dans le conflit Est-Ouest et un pont entre la Russie et l’UE. L’adhésion à l’OTAN n’était pas prévue. Grâce à l’accord de Kharkov d’avril 2010, qui a permis à la flotte russe de la mer Noire d’être stationnée en Crimée jusqu’en 2042 au moins, l’Ukraine a reçu du gaz naturel russe à prix réduit. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité de Jimmy Carter, décrit l’Ukraine comme le cœur de l’île du monde – c’est-à-dire l’Eurasie. Celui qui contrôle l’Ukraine gouverne le cœur du monde et donc le monde.

     

    APRÈS : Après la destitution anticonstitutionnelle du président Viktor Ianoukovitch à Kiev le 22 février 2014, le nouveau gouvernement a envoyé des troupes contre les régions orientales de Donetsk et Lugansk, qui n’avaient pas reconnu le changement de pouvoir et avaient proclamé des « républiques populaires » indépendantes. Victoria Nuland, secrétaire adjointe aux affaires étrangères des États-Unis, a involontairement témoigné lors d’une conversation téléphonique sur écoute que les États-Unis avaient investi cinq milliards de dollars pour amener au pouvoir en Ukraine un nouveau gouvernement dirigé par les États-Unis. Environ 6 000 personnes ont été tuées à ce jour – sans les chiffres non officiels ; 15 000 ont été blessés, et près de trois millions de personnes ont fui leur domicile.

     

    Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, plus de 150 000 personnes ont cherché protection en Russie. Des coups de feu sont tirés quotidiennement dans l’est de l’Ukraine, des maisons sont bombardées et l’infrastructure technique est gravement touchée : Dans de nombreuses villes, il n’y a de l’eau et de l’électricité que pendant quelques heures, et même maintenant plus du tout dans certaines villes. En Ukraine, le niveau de vie s’est considérablement détérioré depuis la destitution de Ianoukovitch : près de 80 % de la population ukrainienne vit autour du seuil de pauvreté. Avant que Ianoukovitch soit destitué, la pension retraite minimum était d’environ 120 euros par mois ; elle est maintenant de 40 euros ; le salaire minimum qui tournait autour de 90 euros par mois, est maintenant de 50 euros. Aujourd’hui, le salaire moyen est d’environ 120 euros par mois.

     

    Pour la période 2010-2013, l’inflation était de 3,5 % ; en 2015, elle était déjà de 40 %. Au cours des deux dernières années, l’inflation a été de 30 % pour les transports et de 200 % pour le carburant. Le prix des aliments a été multiplié ; les aliments de base – pain, viande, lait – ont augmenté de 40 % ; l’électricité et le gaz de 110 % ; Une nouvelle augmentation des prix est prévue tous les six mois. Les sociétés étrangères élargissent leur influence sur le secteur agricole ukrainien, comme les sociétés de biotechnologie telles que Monsanto, Cargill et DuPont. Selon des députés ukrainiens, le gouvernement de Kiev est sous le contrôle total du gouvernement américain. Selon le projet de loi 2953 de mai 2015, l’Occident doit être autorisé à stationner des armes nucléaires en Ukraine. Les Etats-Unis sont prêts à risquer une guerre en Europe pour maintenir leur présence militaire et leur suprématie.

     

    D’après ces faits – AVANT / APRÈS – une conclusion s’impose : Les guerres peuvent difficilement être justifiées – et certainement pas sous le prétexte de la démocratie et de la liberté. Toutes ces guerres et d’autres – comme les guerres en Yougoslavie, en Afghanistan depuis 2001, la guerre civile somalienne ou l’intervention militaire au Yémen en 2015 – toutes ces guerres n’ont été possibles qu’au moyen de mensonges délibérément répandus pour diffamer le pays cible. D’autres prétendues démocratisations et changements de régime – dans des pays comme l’ex-Yougoslavie, la Slovaquie, la Géorgie ou le printemps arabe, ainsi que dans tous les pays futurs – doivent également être envisagés sous cet angle. La question est maintenant de savoir si, au nom de la démocratie, une guerre ou une intervention militaire va à nouveau être justifiée par les politiciens et les médias, si le peuple écoutera cette argumentation ou s’il croira à nouveau à la propagande du mensonge et de la guerre. Aidez-nous à apprendre à tous comment comprendre à temps les mensonges et la propagande et comment dire d’une seule voix au moyen d’informations générales. « Plus jamais la guerre ! On n’y participera pas ! »

     

    de ct

     

    Liens : http://die-wahrheit-ueber-muammar-al-gaddafi.blogspot.de/2013/02/gaddafis-libyen-war-afrikas-reichste.html
    https://gegen-kapital-und-nation.org/muammar-al-gaddafi-%E2%80%93-von-wegen-verr%C3%BCckt
    http://www.luftpost-kl.de/luftpost-archiv/LP_11/LP20111_051111.pdf
    http://de.sputniknews.com/politik/20140825/269388155.html
    http://politik-im-spiegel.de/zwei-jahre-nach-kriegsende-in-libyen/
    https://de.wikipedia.org/wiki/Milizen_in_Libyen_seit_2011
    https://de.wikipedia.org/wiki/Krieg_in_Libyen_seit_2014
    https://de.wikipedia.org/wiki/Krieg_in_Libyen_seit_2014#cite_note-27
    http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/europa/gerhard-wisnewski/fluechtlingsstroeme-wie-die-nato-nordafrikas-entwicklung-zerbombte.html
    http://www.globalresearch.ca/libyas-water-wars-and-gaddafis-great-man-made-river-project/5334868
    http://www.gegenfrage.com/rueckblick-obamas-umgestaltung-im-nahen-osten/
    http://unsmil.unmissions.org/Default.aspx?tabid=3543&ctl=Details&mid=6187&ItemID=2099203&language=en-US
    http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-04/libyen-fluechtlinge-transitland
    http://www.rp-online.de/politik/ausland/fluechtlinge-libyen-ist-nach-gaddafi-ein-paradies-fuer-schlepperbanden-aid-1.5031640
    https://denkbonus.wordpress.com/2015/08/08/das-geheimnis-hinter-der-massenzuwanderung

     

    Irak 1 – https://de.wikipedia.org/wiki/Irak
    http://www.blz.bayern.de/blz/web/irak/geschichte.html
    http://www.blz.bayern.de/blz/web/irak/golfkriege.html#2
    http://www.materialien.org/migration/texte/Fantomas.html
    http://www.monde-diplomatique.de/pm/2010/09/10.mondeText1.artikel,a0008.idx,0
    https://de.wikipedia.org/wiki/Resolution_661_des_UN-Sicherheitsrates
    https://de.wikipedia.org/wiki/Zweiter_Golfkrieg#Wirtschaftssanktionen
    https://de.wikipedia.org/wiki/Zweiter_Golfkrieg
    http://www.unicef.at/news/einzelansicht/newsitem/irak-untersuchungen-weisen-auf-humanitaeren-notfall-hin/

     

    Irak 2 – https://de.wikipedia.org/wiki/Saddam_Hussein#Der_erste_Golfkrieg
    https://de.wikipedia.org/wiki/Irakkrieg
    http://www.kla.tv/1687
    http://www.kla.tv/5039
    https://www.youtube.com/watch?v=6x2F9Vzl13Y
    https://de.wikipedia.org/wiki/Uranmunition#cite_note-3
    http://www.seite3.ch/IrakDer%20verloreneKrieg/521711/detail.html
    http://nhzzs.blogspot.com/2010/08/hiroshima-im-iraq-falludscha.html
    https://www.youtube.com/watch?v=GTRaf23TCUI
    https://de.wikipedia.org/wiki/Besetzung_des_Irak_2003%E2%80%932011#Kriegsverbrechen_w.C3.A4hrend_der_Besatzung
    http://www.lpb-bw.de/irak_krieg.html
    http://www.srf.ch/news/international/der-irak-krieg-war-ein-komplott
    https://de.wikipedia.org/wiki/Irak#Abzug_der_US-Truppen
    http://www.gegenfrage.com/irak-krieg/
    http://www.gegenfrage.com/wie-viel-kosteten-acht-jahre-krieg-gegen-den-irak/

     

    Syrie – https://de.wikipedia.org/wiki/B%C3%BCrgerkrieg_in_Syrien
    http://www.gegenfrage.com/made-for-war-der-imperialismus-oder-das-taegliche-geschaeft-der-vereinigten-staaten/
    http://alles-schallundrauch.blogspot.ch/2012/03/gewaltsamer-regimewechsel-in-syrien-war.html
    https://de.wikipedia.org/wiki/B%C3%BCrgerkrieg_in_Syrien#Beteiligte
    http://www.gegenfrage.com/saudis-schicken-haeftlinge-zum-kampf-nach-syrien/
    http://www.n24.de/n24/Nachrichten/Politik/d/6495522/charlie-hebdo-war–nur-die-spitze-des-eisbergs-.html
    http://www.gegenfrage.com/rueckblick-obamas-umgestaltung-im-nahen-osten/
    http://globalfire.tv/nj/13de/globalismus/nja13_8_gruende_fuer_den_syrienhass.htm
    http://www.srf.ch/news/international/exodus-der-hoffnungslosen
    http://www.news.ch/Mehr+als+200+000+Opfer+im+syrischen+Buergerkrieg/646311/detail.htm
    http://www.srf.ch/news/international/80-tote-zivilisten-bei-us-angriff-in-syrien
    http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-05/kobane-syrien-luftangriff-usa-islamischer-staat-opfer-zivilisten
    http://www.n-tv.de/politik/Woher-kommen-all-die-Fluechtlinge-article15691606.html
    http://www.uno-fluechtlingshilfe.de/fluechtlinge/zahlen-fakten.html
    http://www.nachdenkseiten.de/?p=26356
    http://www.ag-friedensforschung.de/regionen/Syrien/leukefeld3.html
    https://www.youtube.com/watch?v=TK1TyizRoYo

     

    Ukraine – http://de.sputniknews.com/politik/20150104/300503051.html
    https://www.youtube.com/watch?v=SMP00Tto8DI
    http://www.pravda-tv.com/2015/06/ukraine-praesident-gibt-staatsstreich-zu/
    http://de.sputniknews.com/politik/20100902/257209336.html#ixzz3ij0edFnh
    https://theheartlandblog.wordpress.com/2012/06/21/geopolitischer-brennpunkt-ukraine/
    http://ukraine-nachrichten.de/bericht-%C3%BCber-diskussion-abend-ukrainischen-menschenrechtlern-%C3%BCber-verletzungen-menschenrechten-v%C3%B6lkerrechts-ostukraine-berlin-28-07-2015_4305
    http://www.welt.de/newsticker/news2/article136845897/Europarat-alarmiert-ueber-Verbrechen-gegen-Zivilisten-in-der-Ukraine.html
    http://www.gegenfrage.com/ukraine-80-prozent-unter-der-armutsgrenze/
    https://www.caritas.at/auslandshilfe/katastrophenhilfe-humanitaere-hilfe/laender-brennpunkte/ukraine/
    http://www.epochtimes.de/Land-Grabbing-in-der-Ukraine-Nationale-und-internationale-Konzerne-erhalten-EU-Kredite-a1224155.html
    http://www.neopresse.com/europa/ukraine-beschliesst-gesetz-westen-darf-atomwaffen-in-der-ukraine-stationieren/
    http://de.sputniknews.com/politik/20150205/300975896.html#ixzz3imA3Ni4F
    http://www.politaia.org/politik/europa/willy-wimmer-zu-waffenlieferungen-der-usa-in-die-ukraine/
    http://www.gegenfrage.com/ukrainische-regierung-zu-100-unter-us-kontrolle/

     

    source:https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

     

     

    https://reseauinternational.net/les-guerres-modernes-de-democratisation-percees-a-jour-plus-jamais/

     


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  • Israël, permis de tuer

     

    Israël, permis de tuer - 22 janvier 2019

     

    par Manlio Dinucci

     

    “Avec une action vraiment insolite, Israël a officialisé l’attaque contre des objectifs militaires iraniens en Syrie et intimé aux autorités syriennes de ne pas se venger contre Israël” : ainsi les médias italiens rapportent-ils l’attaque effectuée hier par Israël en Syrie avec des missiles de croisière et des bombes guidées. “C’est un message aux Russes, qui avec l’Iran permettent la survie au pouvoir de Assad”, commente le Corriere della Sera.

     

    Personne ne met en doute le “droit” d’Israël d’attaquer un État souverain pour imposer le gouvernement qu’il doit avoir, après que pendant huit années les USA, l’Otan et les monarchies du Golfe ont essayé avec Israël de le démolir, comme ils l’avaient fait en 2011 avec l’État libyen.

     

    Personne ne se scandalise que les attaques aériennes israéliennes, samedi et lundi, aient provoqué des dizaines de morts, dont au moins quatre enfants, et de graves dommages à l’aéroport international de Damas. Par contre on donne un large écho à la nouvelle que par prudence est restée fermée pendant une journée, au grand déplaisir des excursionnistes, la station de ski israélienne sur le Mont Hermon (entièrement occupé par Israël avec les hauteurs du Golan).

     

    Personne ne se préoccupe du fait que l’intensification des attaques israéliennes en Syrie, au prétexte que celle-ci sert de base de lancement de missiles iraniens, entre dans la préparation d’une guerre à vaste échelle contre l’Iran, planifiée avec le Pentagone, dont les effets seraient catastrophiques.

     

    La décision des États-Unis de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien -accord défini par Israël comme “la reddition de l’Occident à l’axe du mal dirigé par l’Iran”- a provoqué une situation d’extrême dangerosité pas seulement pour le Moyen-Orient. Israël, la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient -non adhérent au Traité de non-prolifération, souscrit par contre par l’Iran- tient pointées contre l’Iran 200 armes nucléaires (comme l’a spécifié l’ex-secrétaire d’État étasunien Colin Powell en mars 2015). Parmi les divers vecteurs d’armes nucléaires Israël possède une première escadre de chasseurs F-35A, déclarée opérationnelle en décembre 2017.

     

    Israël a non seulement été le premier pays à acheter le nouveau chasseur de cinquième génération de l’étasunien Lockheed Martin, mais avec ses propres industries militaires il joue un rôle important dans le développement de l’avion de chasse : les Israel Aerospace Industries ont commencé en décembre dernier la production de composants des ailes qui rendent les F-35 invisibles aux radars. Grâce à cette technologie, qui sera appliquée aussi aux F-35 italiens, Israël potentialise les capacités d’attaque de ses forces nucléaires, intégrées au système électronique Otan dans le cadre du “Programme de cooptation individuel avec Israël”.

     

    Mais de tout cela on ne trouvera pas d’information sur nos médias, comme on n’en trouve pas non plus sur le fait que, en plus des victimes provoquées par l’attaque israélienne en Syrie, il y a celles encore plus nombreuses provoquées chez les Palestiniens par l’embargo israélien dans la Bande de Gaza. Où – à cause du blocus, décrété par le gouvernement israélien, de fonds internationaux destinés aux structures sanitaires de la Bande- six hôpitaux sur treize, dont les deux hôpitaux pédiatriques Nasser et Rantissi, ont dû fermer le 20 janvier par manque du carburant nécessaire pour produire de l’énergie électrique (dans la Bande la distribution par réseau est extrêmement sporadique).

     

    On ne sait pas combien de victimes provoquera la fermeture délibérée des hôpitaux de Gaza. On ne trouvera de toutes façons pas d’information là-dessus sur nos médias, qui par contre ont largement diffusé ce qu’a déclaré le vice-premier ministre Matteo Salvini dans sa récente visite en Israël : “Tout mon engagement à soutenir le droit à la sécurité d’Israël, bastion de démocratie au Moyen-Orient”.

      

    Édition de il manifesto

     

    https://ilmanifesto.it/israele-licenza-di-uccidere/

     

    Traduit de l’italien par M-A P.

     

    https://reseauinternational.net/israel-permis-de-tuer/

     

     


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    La promesse nucléaire de Poutine – C’est le moment

    La promesse nucléaire de Poutine – C’est le moment

    par Joaquin Flores

    L’Armageddon nucléaire est à l’ordre du jour. Ne pas comprendre le moment présent serait basé sur une mauvaise interprétation de la situation actuelle dans le monde russe et américain. Ne pas comprendre ce que signifient certaines très grandes déclarations faites en ce moment, et ce à quoi elles répondent, laissera tout le monde dans la confusion. L’article suivant explique à la fois ce qui se passe en ce moment si important d’une part et pourquoi nous avons décidé de le couvrir de cette façon, d’autre part. Par mesure de précaution, cet article plonge dans une arène qui se situe hors de la méthode conventionnelle d’approche de ce sujet.

    « Il semble que nous vivons à une époque où la sénilité du grand public a atteint des proportions telles, où l’exceptionnalisme américain et le culte dévastateur de l’invincibilité sont devenus si importants que beaucoup ne savent pas que la Fédération russe possède le stock nucléaire en activité le plus important du monde, et toute attaque grave contre la Russie qui la menace existentiellement entraînerait la fin de la vie humaine sur cette planète« .

    Tout d’abord, le FRN peut confirmer que proche de notre travail, une partie du message de Lavrov est claire – quand il a parlé de contrer les médias avec les médias. Le FRN a noté une hausse, un pic si vous préférez, dans les campagnes des médias russes en matière de renseignement.

    Sur quelle base le savons-nous ? Les lecteurs savent peut-être qu’auparavant, les membres de l’équipe du FRN, en dehors de leurs fonctions au FRN, avaient pendant une longue période (….- phrase omise ici pour des raisons juridiques -…) avec le Chef Adjoint de la Commission des Affaires étrangères du Sénat russe, le Sénateur Andreï Klimov ; le politicien et économiste russe, conseiller de Poutine pour l’intégration économique régionale, membre du Conseil National Financier de la Banque de Russie et membre à part entière de l’Académie des Sciences russe, Sergey Glazyev ; L’agent des services secrets soviétiques et russes, le Lieutenant Général des services de renseignements étrangers, l’ancien directeur de l’Institut russe d’études Stratégiques, Leonid Petrovich Reshetnikov, et le philosophe russe, sociologue, initié du Kremlin et géostratège, dirigeant du Mouvement Eurasien, Alexander Dugin.

    Poutine à la conférence de Valdai

    Poutine à la conférence de Valdai

    Pourquoi en parler maintenant ? Bien que nous l’ayons déjà mentionné, il est important de rappeler aux lecteurs que le FRN n’est pas comme les autres sources d’information et d’analyse en ligne. Les évaluations suivantes, pour être claires, ne sont pas basées sur des déclarations particulières faites à FRN par l’un des hommes mentionnés ci-dessus, et nous ne pouvons pas confirmer ou nier toute interaction avec eux à ce sujet.

    Mais l’ensemble de la sphère pro-russe du renseignement médiatique a beaucoup d’arguments avec lesquelles travailler, compte tenu du message de Poutine. C’est parce que nous vivons à une époque d’un autre grand changement de paradigme, où de plus en plus de couches de la société occidentale se réveillent du sommeil imposé par le cadre naïf-empiriciste.

    Tout ce qui se passe en ce moment est lié – l’augmentation des tensions dans le Donbass ; l’attaque terroriste en Crimée que les Russes semblent couvrir et transformer en incident de type Colombine ; la situation à Idlib et le rôle de la Turquie dans le non-respect de certaines dispositions par l’Armée syrienne libre (FSA) soutenue par la Turquie (TFSA) ; la déclaration du pape François selon laquelle « Je suis le diable » à la fin septembre ; la déclaration de Lavrov sur les puissances occidentales qui, espérons-le, ne sont pas assez folles pour commencer la troisième guerre mondiale, puis l’importante déclaration de Poutine sur l’Armageddon nucléaire, le martyre, le ciel et l’enfer.

    Pourquoi le FRN a-t-il adopté une approche axée sur l’interprétation des événements mondiaux sous un angle autre que strictement laïque ? Pendant un moment, il se peut que le FRN ait semblé manquer la cible et se soit engagé sur la voie de l’obscurantisme et de la mythopoièse. Puis l’approche du FRN a été justifiée, l’Eglise Orthodoxe (l’Eglise Orientale) a connu un schisme, aux mains des opérations de renseignement américaines et du Vatican, et le président russe Poutine – au Valdai – lâche la mère de toutes les déclarations sur les martyrs, les pêcheurs, la fin du monde, Armageddon, la repentance, le ciel et l’enfer.  Poutine a fustigé le « Grand Satan », l’a nommé comme tel « le vrai Ahmadinejad ».

    Alors décomposons tout cela.

    L’escalade des préparatifs, des provocations et de la violence en Ukraine et dans le Donbass est critique, comme elle l’est en Syrie. Les élections ukrainiennes et la violence qui les entoure, peut-être pour les empêcher d’avoir lieu, sont essentielles. Pendant des mois, le FRN a assuré une couverture exclusive en anglais du processus en Ukraine et de la façon dont il s’est intensifié. Cela implique un certain nombre de choses. Le Pravy Sektor fait de nouveau la une des journaux, avec l’entière bénédiction de Porochenko, de même que les autres bataillons dits volontaires, Azov, et d’autres qui sont maintenant entièrement intégrées aux mercenaires américains et de l’OTAN.

    La FRN a confirmé que Pravy Sektor a été retiré de la ligne de front pour suivre une formation avec des membres d’ISIS ou d’Al-Qaïda. Cela inclut les mercenaires du Moyen-Orient, et par défaut ou par extension si vous préférez, ISIS et Al Qaeda. Cela se produit juste avant l’attaque terroriste au Collège Kertch en Crimée, où le reportage officiel russe ne correspond pas aux témoignages d’étudiants et d’enseignants interrogés sur place quand c’est arrivé. Ce reportage montrait tout un groupe d’assaut portant des masques de ski noir qui semble être entré dans l’école par la salle de bain – l’explosion n’était pas la principale responsable de la plupart des décès, mais plutôt les balles tirées par ce groupe d’assaut. Il a été dit alors par un témoin, qu’ils parlaient une langue indéterminable, donc de nationalité inconnue.

    Entraînement du groupe islamiste Jamaat-e-Islami en Crimée

    Entraînement du groupe islamiste Jamaat-e-Islami en Crimée

    ISIS et Al-Qaïda opèrent désormais aux côtés des « Bataillons volontaires » nazies en Ukraine, soutenant les efforts des États-Unis. Trump a été extrêmement froid avec Poroshenko, la seule réunion qu’ils ont eue – elle a été révélé et fait maintenant l’objet d’une poursuite en diffamation contre la BBC de Poroshenko – que la marionnette installée par Obama-Nuland a dû payer pour rencontrer Trump, pour des séances photos, afin d’envoyer un message en Ukraine qui n’a aucune substance. Pendant ce temps, l’État Profond américain et le complexe militaro-industriel continuent de faire leurs opérations en Ukraine, indépendamment de ce que le président américain peut vouloir ou non.

    Le processus d’Idlib est essentiel – la Turquie est peut-être revenue aux hésitations et a peut-être beaucoup de mal à gérer le jonglage des forces américaines et britanniques et des mandataires qui travaillent contre toute résolution pacifique à Idlib, où la Turquie ne peut que parler au nom des forces dites rebelles (terroristes) qu’elle soutient directement – le TFSA (FSA soutenue par la Turquie). La tendance que nous avons historiquement observée avec ces conflits jumeaux – l’Ukraine et la Syrie – est que lorsqu’il y a un pic dans l’un, il y a un pic dans l’autre. Cela se produit pour de nombreuses raisons, allant des tentatives de rendre confuses les réponses russes à la création d’un brouillard de couverture médiatique de la guerre, où certains événements critiques sont éclipsés par d’autres.

    La Syrie possède actuellement les S-300 et Israël ne les a pas frappés, même si les renseignements militaires israéliens savent où ils se trouvent, et même si Israël a menacé de les frapper « à tout prix ». Et pourtant, ils ne sont pas encore opérationnels pour ce qui est de la formation du personnel syrien en matière d’armement. Ils sont donc là, installés, et Israël ne les a pas frappés « chirurgicalement ». Israël s’est révélé être une puissance militaire relativement inefficace, perdant des dizaines de chars d’assaut ultramodernes lors de la guerre de 2006 contre un acteur non étatique, le Hezbollah. Imaginez ce qu’ils feraient contre le Hezbollah plus l’Iran, plus l’Armée Arabe Syrienne (AAS) reconstruite ? Peuvent-ils compter sur l’Arabie Saoudite pour les soutenir ? Si l’on considère le bourbier saoudien dans le « petit » Yémen, il est difficile d’imaginer l’armée mercenaire manifestement déloyale qui comprend les forces saoudiennes rivaliser contre l’AAS. Rappelons qu’ils se voyaient nettement désavantagés face aux militaires irakiens sous Saddam Hussein, et rappelons que l’armée irakienne à ce moment-là n’était pas à 100% après sa guerre contre l’Iran soutenue par les Etats-Unis.

    2.38684057La déclaration du Pape François « Je suis le diable » du 22 septembre est décisive. C’était le lendemain de l’événement de l’équinoxe d’automne, dont la signification sera connue de ceux qui creusent plus profondément. C’était apparemment une « plaisanterie » au passage, comparant François à Jean-Paul II, qui était « aimé ». Nous sommes censés lire ceci comme « comparé à Jean-Paul II, les Polonais me voient comme un vrai méchant« . C’est une façon très banale et très « absurde » de comprendre cette affirmation. Il était en visite officielle et portait sa robe et « tout le toutim » – et il l’a dit, aussi clairement que le jour, « Je suis le diable ». Ce n’est pas « Je suis détesté », ce n’est pas « Je suis pieux », ce n’est pas « Ces gens me voient comme le mal » – non – c’était « JE SUIS LE DIABLE ». Pris seul, il serait très difficile d’ignorer ces mots. Si l’on considère l’ensemble des événements mondiaux qui se déroulent simultanément, nous serions aveugles de ne pas voir l’ensemble de la situation. La façon dont les confessions, les déclarations et les incantations importantes fonctionnent est simple – peu importe si elles semblent avoir été dites en plaisantant, l’impact, la véracité et le pouvoir de la déclaration ne sont pas moindres pour un sou. Cela ne signifie pas pour autant, bien sûr, que le Pape François est le diable. Cela signifie qu’il le croit lui-même, qu’il a besoin que cela soit connu publiquement et l’a dit le 22 septembre quand la période du 21 au 22 septembre pendant Halloween confère des pouvoirs particuliers (et bien connus) aux praticiens de la voie obscure.

    Rappelons aussi que le 26 janvier 2014, François se tenait sur son balcon avec deux enfants qui lâchaient des « colombes de paix » pour célébrer quelque chose. Les colombes ont immédiatement été attaquées par un corbeau et une mouette qui voulaient les tuer. Les critiques religieux du Pape ont interprété cet événement comme un présage de malheur, se pourrait-il qu’ils aient raison ? Le Saint-Esprit est bibliquement et historiquement représenté par une colombe et est le symbole de la paix de Dieu qui est une paix spirituelle. Le diable a été symbolisé par les corbeaux, et une mouette est un albatros qui symbolise un fardeau ou une punition pour un crime. Cela peut être interprété comme signifiant que la paix de Bergoglio n’est pas la vraie paix mais une paix mondaine, une fausse paix que Dieu permettra au Diable de mettre en pièces, et qui sera un fardeau autour de son cou, ce qui signifie que Bergoglio devra payer pour ses péchés profanes.

     

    Le monde est un endroit dangereux et chaotique, rempli de gens violents et de pulsions dangereuses. La libération de deux « colombes de la paix » qui représentent aussi le Saint-Esprit est censée représenter la présence de Dieu dans un monde autrement assailli de toutes parts par les forces du mal. Quand le pape les libère, c’est aussi pour renforcer l’autorité apostolique. Mais le Pape n’a aucune autorité, donc ses colombes étaient condamnées, et le présage est ici incroyablement sombre. Le 26 janvier fut aussi le jour où le premier Imam chiite fut assassiné par un Kharijite du nom d’Ibn Muljam en 661 à la Grande Mosquée de Kufa, en Irak actuelle.

    Compte tenu de ce que nous savons, ce que l’on appelle la pratique institutionnalisée satanique de la pédophilie de l’Église catholique forme apparemment un pilier de la doctrine organisationnelle de l’Église, étant donné la façon dont l’Église la traite. En même temps, la pédophilie dans l’église semble faire la une des journaux chaque fois que l’attention du public se tourne vers les pratiques pédophiles de l’élite politique américaine et de Hollywood.

    La scission, le schisme, dans l’église orthodoxe est énorme. Certains disent qu’elle peut être réparé – il y a de l’espoir qu’elle pourra l’être, une fois que Bartholomée mourra. D’autres disent que ce n’est pas vraiment un schisme au sens du 11e siècle parce que, bien que politique, il n’y a pas de composante doctrinale – c’est faux. Le Patriarche de Constantinople a essentiellement assumé les pouvoirs pontificaux et brisé la doctrine de « Primus inter pares » – premier parmi ses semblables. C’est un point critique en orthodoxie. De nombreux évêques et hauts responsables de l’Église ont déclaré publiquement que le schisme dans l’Église entraînera la mort de milliers et de milliers de personnes dans un avenir très proche. C’est une prévision très inquiétante, mais qui a été répétée au plus haut niveau de l’église orthodoxe en dehors des schismatiques de Fener et de Bartholomew qui occupaient Constantinople. « De milliers de personnes mourront« , étaient les mots du Métropolite Jonas.

    Sergey Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

    Sergey Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

    Lavrov a averti que la Russie était prête à répondre aux attaques des médias et à toutes les provocations, et il a ridiculisé l’Occident, se demandant vraiment s’il était réellement prêt à être assez stupide pour déclencher la Troisième Guerre Mondiale. Il est important de méditer sur la signification de cette déclaration. Lavrov vient de soulever le spectre de la Troisième Guerre Mondiale, pour la deuxième ou la troisième fois au cours des deux derniers mois seulement. Il s’agit d’un langage très différent de celui de la ligne standard de « nos partenaires », même si cette expression est toujours utilisée. Il est important de se rappeler que Poutine a déclaré que les « partenaires américains » étaient aussi des « adversaires géostratégiques » de la Fédération de Russie. Il semble que nous vivons à une époque où la sénilité du grand public a atteint des proportions telles, où l’exceptionnalisme américain et le culte dévastateur de l’invincibilité sont devenus si importants que beaucoup ne savent pas que la Fédération russe possède le stock nucléaire en activité le plus important du monde, et toute attaque grave contre la Russie qui la menace existentiellement entraînerait la fin de la vie humaine sur cette planète.

    Ensuite, il y a l’importante déclaration de Poutine, aux proportions qui change le paradigme. Lors de la conférence de Valdai, Poutine a renforcé les déclarations de Lavrov et a ajouté une dimension très sérieuse concernant la foi, la religion, l’âme et la destinée de l’homme, le concept et la pratique du katechon, et les délimitations catégoriques du bien et du mal, du ciel et de l’enfer, de la repentance. Cela exige une considération encore plus profonde que la déclaration de Lavrov, qui est aussi puissante, mais strictement laïque. La compréhension de cette déclaration est cruciale, car elle déplace les frontières du « discours civil » d’une manière paritaire à celle de l’Occident. Mais c’est extrêmement différent. En fait, elle reflète exactement les déclarations de Lavrov.

    Comment cela se fait-il ? Les forces atlantistes ont poussé leur public de masse, dont elles fabriquent le consentement, par le biais de l’abus des médias de masse, vers une direction très instable où les experts des médias de plus en plus mainstream salivent pour la guerre. Lavrov a déclaré :

    « Nous serons prêts pour des provocations à plus grande échelle, mais notre réponse est très simple – si vous nous parlez à travers les médias, nous répondrons de la même manière, mais d’une manière concrète et appropriée« .

    Ainsi, si les médias atlantistes « prêchent le mal chaotique », alors la Russie répondra, concrètement et correctement, dans le langage du « bien ordonné ».

    Poutine a déclaré, pour mémoire :

    « Tout agresseur doit savoir que le châtiment sera inévitable et qu’il sera détruit. Et puisque nous serons les victimes de son agression, nous irons au ciel en martyrs. Ils mourront tout simplement, n’auront même pas le temps de se repentir. »

    Bien que Poutine ait clairement indiqué que les forces nucléaires de la Russie ne sont pas conçues pour une frappe préventive et qu’elles existent comme une puissance de deuxième frappe destinée à dissuader une attaque par une nation étrangère, la Russie a changé sa doctrine pour permettre une attaque nucléaire même si elle n’est pas attaquée par des missiles nucléaires. La doctrine nucléaire russe prévoit en effet l’emploi d’armes nucléaires dans les conflits conventionnels, à condition que l’existence de la Russie soit en jeu. Il s’agit là d’un changement important par rapport à l’engagement de non-utilisation en premier lieu que Moscou s’était elle-même imposé et que l’agression américaine avait forcé Moscou à abandonner en 1993. Poutine a déclaré :

    « Cela signifie que nous ne sommes prêts à utiliser des armes nucléaires que si nous nous assurons qu’un agresseur potentiel attaque la Russie. Nous avons un système d’alerte précoce et nous l’améliorons. Il enregistre le lancement des missiles et la trajectoire de vol. Seulement quand nous nous assurerons que nos missiles voleront vers l’agresseur, il doit savoir que le châtiment est inévitable« .

    Washington a affirmé qu’il pourrait utiliser des armes nucléaires en réponse à une attaque non nucléaire contre lui-même ou ses alliés. Il y a ici une grande imprécision quant aux circonstances qui pourraient causer une telle action, et cela n’a fait qu’alimenter les spéculations selon lesquelles une cyber-attaque pourrait permettre une réponse nucléaire.

    essai nucléaire russe

    essai nucléaire russe

    Mais les paroles de Poutine ne sont pas aléatoires, elles ne le sont jamais, et il y a de nombreuses raisons de croire, à la lumière de tous les événements que nous devrions énumérer, que les événements en ce moment sont particulièrement tendus. Il est important de comprendre aussi que Poutine est, d’un point de vue philosophique, principalement un disciple du socialiste chrétien Nikolaï Berdyaev. Son ouvrage, « La philosophie de l’inégalité« , s’apparente à une lecture obligatoire pour les gouverneurs qui travaillent à proximité du président russe. « Le sens de l’histoire » est aussi un texte crucial nécessaire pour comprendre le sens complet de la déclaration superficiellement « inquiétante » de Poutine.

    Cela ne veut pas dire quelque chose comme « la fin est proche », mais plutôt ceci : Poutine montre que les méthodes et la rhétorique apocalyptiques latentes de l’Occident peuvent être comparées à d’autres. Il est important d’établir cette « parité du discours » et de rappeler aux gens ce qui est en jeu et dans quelle mesure les Russes sont déterminés, et d’où vient cette détermination. Les gens qui croient en l’au-delà n’ont pas peur de mourir, mais en même temps, s’accrocher à ces préceptes et principes religieux sacrés est l’opposé de la version de Reagan de l’Armageddon nucléaire. Au contraire, les gens de conscience ne doivent résolument pas vivre comme si c’était la fin des temps, et ne doivent pas se comporter de manière à provoquer de tels événements, « prématurément » pour ainsi dire.

    Source : PUTIN’S NUCLEAR PROMISE – THIS IS THE MOMENT

    traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International

    https://reseauinternational.net/la-promesse-nucleaire-de-poutine-cest-le-moment/

     

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    Psychologie tragique de Poutine

    Psychologie tragique de Poutine

    Le président russe Poutine est sans le moindre doute ni discussion nécessaire le seul dirigeant politique du triste temps présent à mesurer (notamment) l’ampleur et la gravité de la menace d’un conflit dévastateur, au niveau nucléairequi figure dans les menaces générales (pour tous les acteurs) pesant sur nous. Le nombre des interventions majeures où le président russe aborde cette question est élevé par rapport à l’indifférence, – ou la mention en passant, sans conviction, – où les autres dirigeants tiennent cette question. Cette indifférence, surtout dans le chef des dirigeants du bloc-BAO (USA et autres) est d’ailleurs un thème majeur accompagnant les interventions de Poutine sur le sujet. Ainsi PhG notait-il dans son Journal-dde.crisis, le 23 juin 2016, à propos d’une intervention de Poutine concernant la possibilité de l’évolution vers un conflit nucléaire planétaire, en présence d’une dizaine de journalistes de ces pays du bloc :

    « “C’est précisément à vous [journalistes] qu’ils disent tous ces bobards et vous les acceptez, et vous les répercutez auprès des concitoyens de vos pays ; et, de ce fait, vos concitoyens ne réalisent en rien le sentiment du danger imminent, – et c’est ce qui me préoccupe tant. Comment ne pouvez-vous ne pas comprendre que le monde est en train d’être poussé vers une direction irréversible, alors qu’ils prétendent que rien ne se passe. Je ne sais quoi faire de plus que ce que je fais pour vous pénétrer de cette réalité…” (J’ai choisi cette traduction de “vous pénétrer”, qui n’est pas la plus élégante, mais pour rendre compte de l’expression “how to get through you anymore”, qui rend bien compte que Poutine parle de quelque chose qui ressemble à une cuirasse psychologique interférant complètement sur la communication, qu’il ne parvient pas à percer.) »

    Il se trouve, évidemment très logiquement, que la tension et les possibilités de conflit ne cessent d’augmenter, à mesure de l’augmentation du paroxysme de la Grande Crise de l’Effondrement du Système. Cette montée de la tension ne cesse pas depuis plusieurs années et elle suit depuis trois ans une très profonde crise du système de l’américanisme que nous avons symbolisé sous l’expression de “D.C.-la-folle”.

    • Cette tension à cause de la possibilité d’une guerre, qui pourrait être nucléaire et d’annihilation réciproque, se retrouve dans les psychologies courantes des personnes les plus concernées à cet égard. Military Times du 17 octobre 2018, publie un sondage au sein des forces armées US en septembre 2018, suivant un autre en septembre 2017 sur le même sujet : « Pensez-vous que les États-Unis vont être entrainés dans un nouveau conflit l’année prochaine ? ». En septembre 2017, 5% des soldats interrogés répondaient positivement, “oui les USA vont être entraînés dans un nouveau conflit”, 46% en septembre 2018 ; 67% pensaient que ce ne serait pas le cas en septembre 2017, 50% pensent dans le même sens en septembre 2018. Ce sentiment est en accord avec celui des chefs lorsqu’il se laissent aller à la confidence ; en décembre 2017, le général Ropert Neller, Commandant du Marine Corps, cionfiait à un contingent de Marines qu’il visitait en Norvège : « J’espère me tromper mais je pense qu’une guerre arrive… »

    (L’expert militaire deGazeta.ru, Mikhail Khodarenok, ancien officier de l’Armée Rouge du temps de l’URSS, publie un article, repris par RT, où il analyse notamment à partir de ce sondage les possibilités de guerre USA-Russie pour 2019. Sa conclusion est “optimiste” : il met en doute la cohérence de ce sondage, tout comme la possibilité d’un tel conflit, selon les arguments rationnels qui ont prévalu dans la Guerre froide. Nous sommes nous-mêmes en profond désaccord avec cette analyse, parce que le rationnel en tant que dynamique positive de la pensée n’a aujourd’hui plus aucune pertinence, qu’il s’agit d’un rationnel-faussaire, du déterminisme-narrativiste, etc., et notamment à propos de la guerre nucléaire.)

    • Sur le “front intérieur”, alors que les crises courantes (l’affaire Khashoggi, l’affrontement démocrates-républicains, etc.) se poursuivent, le front antirusse est réactivé (dans WSWS.org, le 20 octobre 2018). Il conjugue autant la dénonciation d’un prétendu activisme russe aux USA, en connexion avec les prochaines élections selon la narrative désormais rodée du Russiagate, que des mesures effectives de type conflictuel cette fois sur le théâtre européen dans le sens de la désintégration des structures de sécurité mises en place entre les USA et l’URSS jusqu’à la fin de la Guerre froide. Il s’agit pour ce dernier cas d’une sortie possible imminente des USA du traité le plus important de la période des années 1980, et surtout du seul traité prévoyant la disparition complète d’une catégorie complète d’armes nucléaires, les armes nucléaires de moyenne portée.

    « Lançant une nouvelle escalade de la campagne anti-russe des agences de sécurité nationale, les procureurs fédéraux ont publié hier des accusations criminelles pour “ingérence” dans les élections de mi-mandat de 2018 contre un ressortissant russe. Le même jour, le directeur des services de renseignement nationaux, du FBI et du ministère de la Justice ont publié une déclaration commune qui met en garde contre les “campagnes en cours” non précisées de la Russie, de l’Iran et de la Chine – toutes les cibles principales de l’agression militaire américaine – pour saper et infiltrer la démocratie américaine. et influencer les prochaines élections.

    » Les deux déclarations ont été rendues publiques sans aucune justification, ni la moindre preuve, mais elles ont été immédiatement acceptées comme une vérité évangélique et amplifiées par [la presseSystème]. Le New York Times et le Washington Post ont publié en quelques heures quatre rapports en ligne sur les accusations. […]

    »  [Cette campagne médiatique] vise à présenter les États-Unis comme étant en état de siège et à préparer l’opinion publique à une nouvelle intensification des tensions militaires avec la Russie et à des préparatifs de guerre. Toujours hier après-midi, le New York Times, porte-parole central de la campagne anti-russe du groupe de sécurité nationale, a annoncé que le gouvernement Trump se retirerait du traité de 1987 sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) avec la Russie.

    » Le traité sur les FNI a été signé par le président américain Ronald Reagan avec l’Union Soviétique. Il interdit les missiles de moyenne portée lancés depuis le sol, capables de frapper des cibles situées entre 500 et 5 500 kilomètres. Washington a accusé à plusieurs reprises la Russie d’avoir violé le traité FNI, mais n’a fourni aucune preuve à l’appui des allégations. La Russie a nié avoir violé l’accord. Le retrait du traité marquerait une nouvelle étape dans la position de confrontation de l’armée américaine vis-à-vis la Russie et des préparatifs de la guerre nucléaire. »

    • C’est aussi en fonction de cette montée de la tension que la dernière sortie de Poutine sur la question de la menace d’une guerre nucléaire a, – du moins pour le ton, et nous verrons plus cet aspect plus en détails, plus loin, – un aspect un peu particulier qui peut être l’objet de sarcasmes. In petto, les sarcasmes ne doivent effectivement pas manquer chez les adversaires de Poutine mais ils marquent également une évolution psychologique très spécifique chez lui. Cela se passait avant-hier au 15ème Forum international de Valdaï, organisé chaque année par les Russes :

    « La Russie aura recours à l’arme nucléaire uniquement en cas de frappe nucléaire lancée contre son propre territoire, a déclaré Vladimir Poutine dans le cadre de la 15e édition du club de discussion Valdaï à Sotchi. La doctrine nucléaire russe ne comprend pas la notion de frappe préventive, a rappelé jeudi le chef du Kremlin.

    » “Notre doctrine ne prévoit pas de recours à l’arme nucléaire pour une frappe préventive, mais en réponse à une frappe ennemie. Cela veut dire que la Russie est prête à employer son arme nucléaire «uniquement si nous sommes persuadés qu’un agresseur potentiel a lancé une attaque contre la Russie”. […]

    » Selon Poutine, la doctrine militaire russe avertit l’éventuel ennemi de conséquences inévitables. “L’agresseur doit être conscient que la vengeance est imminente et qu’il sera détruit dans tous les cas”, a souligné le Président. “Nous, comme les victimes de l’agression, nous irons au Paradis comme les martyrs, alors qu’eux, ils crèveront sans suite [sans rédemption], car ils n’auront même pas le temps de se repentir”, a observé le président russe.” »

    Il est effectivement remarquable de trouver chez Poutine une considération qui ressemble soit à une sorte de plaisanterie macabre, soit à une remarque empreinte de naïveté pseudo-religieuse au premier degré : “nous mourrons mais nous irons au paradis tandis que nos adversaires mourront (crèveront)”, sans avoir le temps ni l’opportunité de sauver leurs âmes par le repentir (pas de paradis pour eux, plutôt l’enfer). A notre sens, cette remarque et l’état d’esprit qui y président, pour nous en tenir à l’évolution de la rhétorique “nucléaire” de Poutine, ne sont certainement pas dus au hasard. Ils sont la marque d’un complet désabusement catastrophiste coloré de dédain et de dérision pour “les adversaires”. Cela procède, selon nous, de plusieurs points.

    • Encore une fois, si nous nous en tenons à la rhétorique de Poutine nous observons qu’il semble bien en être arrivé à un stade où il lui paraîtrait extrêmement possible sinon probable (voire inévitable ?) qu’il y ait un conflit avec les USA, avec la quasi-certitude que ce conflit tournerait à l’affrontement nucléaire. Poutine lui-même est persuadé de cet enchaînement (conflit devenant nucléaire), comme le sont nombre de commentateurs.

    (La croyance des experts, surtout russes, est que la perspective d’un enchaînement vers un conflit nucléaire implique un effet dissuasif décisif pour le déclenchement de la guerre. Nous sommes très loin de partager cette appréciation en raison de la forme et de l’agitation de la psychologie actuellement en cours à “D.C.-la-folle”, et de moins en moins persuadés que les militaires US soient capables de jouer un rôle modérateur.)

    • Poutine a essayé vainement d’avertir ses “partenaires-adversaires” de ce danger depuis au moins 2014 et la crise ukrainienne, soit par la rhétorique raisonnable du danger commun du nucléaire, soit par la pression d’armements nouveaux rendant vain tout espoir d’échapper à une destruction complète en cas de guerre nucléaire. Tout cela, sans la moindre amorce du moindre résultat…

    • Désormais, pourrait-on croire, c’est le fatalisme qui prévaut chez Poutine, avec son discours de Valdaï, où s’expriment dérision, plaisanterie macabre, observations courantes du type populaire et religieux, etc. Notre appréciation est qu’il s’agit d’une évolution tragique du caractère/de la psychologie de Poutine : cet homme rationnel, plutôt modéré, qui place les arrangements diplomatiques au-dessus de tout, se heurte depuis quatre ans au moins à un mur infranchissable (“stonewalling”) d’irrationalité et de désordre. Qu’il réalise cet état de sa psychologie, qu’il veuille ou non le faire sentir, il reste que cette évolution tragique finit à notre sens par apparaître dans ses attitudes et ses interventions.

    • En fait, nous nous trouvons depuis quatre ans au moins avec cette perspective apparue d’une guerre nucléaire, dans une situation d’incertitude totale et de basculement très possible de la psychologie au sein du bloc-BAO. Cette remarque vaut aussi bien, et encore mieux comme on le comprend, pour “D.C.-la-folle” dans sa période actuelle. Cela rend la perspective d’une tension où soudain on réaliserait, à “D.C.-la-folle” et aux USA, la possibilité de la guerre nucléaire à sa juste “valeur”, extrêmement incontrôlable par le fait d’un paroxysme psychologique dont nul ne sait l’effetNous envisagions pour la première fois d’une façon aussi nette une telle possibilité dans l’immédiat effet du “coup de Kiev” du 21 février 2014, et ainsi l’observation ci-dessous est-elle nettement identifiée à cette crise, à la chronologie courte de cette crise, – mais l’idée fondamentale de l’évolution psychologique reste valable…

    « La crise ukrainienne, et la réalisation que les pressions du Système (du bloc BAO, son factotum) peuvent conduire à l’extrême catastrophique des affaires du monde, peuvent aussi bien, grâce au “formidable choc psychologique” dont nous parlons et à l’immense crainte qu’il recèle, déclencher une autre dynamique d’une puissance inouïe. Notre hypothèse à cet égard, rencontrant l’idée de la formidable puissance symbolique du centenaire de la Grande Guerre (voir le 2 janvier 2014), est que cette dynamique est celle de l’effondrement du Système dont rien, absolument rien ne réclame qu’il se fasse dans l’apocalypse nucléaire, parce qu’alors elle pourrait bien être, cette dynamique, le fruit de la panique psychologique totale naissant de la perspective soudain apparue que le risque de la guerre nucléaire existe plus que jamais. »

    source:http://www.dedefensa.org/article/psychologie-tragique-de-poutine

    https://reseauinternational.net/psychologie-tragique-de-poutine/

     

     

    Russie, quelle vision pour le XXIe siècle ?

    Russie, quelle vision pour le XXIe siècle ?

    Par Emmanuel Leroy

    el_colloqueAvant d’aborder ce que serait aujourd’hui la vision du monde des héritiers de Vladimir 1er, prince de Novgorod et Grand-Prince de la Rus’ de Kiev, je crois nécessaire d’essayer de comprendre pourquoi la Russie est l’objet de tant de haine de la part des élites qui gouvernent l’occident. Répondre à cette question me parait important car souvent, trop souvent de mon point de vue, depuis le règne de Pierre le Grand, le pouvoir en Russie a eu tendance parfois, à calquer sa politique en réaction ou à l’imitation de l’occident, sans percevoir toujours très clairement les forces véritables qui sont à l’œuvre dans la vision occidentale du monde. Cette tendance lourde a bien évidemment favorisé cette fameuse querelle opposant les slavophiles aux occidentalistes à laquelle l’URSS n’a pas échappé, et dans laquelle la Russie de Vladimir Poutine baigne encore, séparant deux visions du monde antagonistes qu’incarnent parfaitement aujourd’hui des personnalités comme Sergueï Glaziev pour le camp conservateur slavophile ou comme Alexeï Koudrine pour le camp libéral occidentaliste.  

    Note du Saker Francophone

     Ce discours a été prononcé lors d’un colloque intitulé « Réémergence de la Russie au XXIe siècle » organisé au Centre Culturel Russe de Paris, le 15 octobre 2018 par l’Académie de Géopolitique de Paris.

     Introduction

     

    Définir ce que souhaite le camp libéral n’est pas très difficile, il nous suffit de regarder à quoi ressemble l’occident aujourd’hui, à savoir des sociétés où toute notion de solidarité a disparu, où l’argent règne en maître, où l’homosexualité et le mariage pour tous sont promus comme une norme, et où l’on augmente l’âge de la retraite tout en ouvrant les vannes de l’immigration au lieu de promouvoir la natalité. La faction libérale en Russie est pratiquement absente du champ électoral comme on l’a vu ces dernières années avec les résultats du parti Iabloko mais elle est en revanche surreprésentée dans les médias – contrairement à ce que l’on pense en Occident – dans la sphère économique et au sein du gouvernement où aux côtés du Premier ministre siègent d’autres ministres qui ont parfaitement intégré la théorie de la « main invisible » dans leur vision du monde.

    Il est plus difficile de définir précisément ce que souhaitent les conservateurs russes car il y a plusieurs approches possibles du conservatisme : il y a celle incarnée par le club Stolypine de M. Glaziev qui, au rebours des idées libérales d’Adam Smith, souhaiterait un État interventionniste sur le modèle de l’Allemagne de Bismarck influencée par les idées de Friedrich List et de son « protectionnisme éducateur ». Il existe aussi un conservatisme slaviste que l’on pourrait qualifier de social-chrétien et qui s’inspire d’auteurs comme Berdiaev, Soloviev, Iline, Dostoïevski ou encore Soljenitsyne mais qui ne semble pas avoir trouvé de traduction politique dans le paysage russe contemporain. Et il existe enfin, grand paradoxe, un conservatisme communiste dont la permanence peut s’analyser non seulement comme une réaction aux dérives libérales de la Russie sous Boris Eltsine mais également comme un contrepoids à l’hégémonie du parti majoritaire – lorsque celui-ci est perçu comme trop libéral – comme on vient de le voir récemment à Vladivostok.

    L’autre paradoxe de la société russe contemporaine est celui incarné dans les plus hautes sphères de l’État où est promue une vision conservatrice et multipolaire du monde, en réaction à la vision unipolaire et totalitaire du l’Occident, tout en ayant conservé au plan institutionnel une Constitution occidentalo-compatible héritée des années Eltsine et permettant sur le plan économique la mise en place d’une praxis ultra-libérale que ne désavouerait pas l’École de Chicago. Il s’agit là d’une contradiction idéologique majeure que la Russie devra trancher tôt ou tard, et le plus tôt dans l’intérêt du peuple russe lui-même sera le mieux.

    Pour mieux comprendre en quoi la Russie d’aujourd’hui incarne, presque malgré elle, l’opposition absolue au système occidental, il faut se pencher sur les origines profondes de la russophobie et nous essayerons de répondre dans une deuxième partie à la question délicate « Que veut faire la Russie ? ».

    Les origines profondes de la russophobie

    Au fil du temps et de mes réflexions, j’ai acquis la conviction que l’on ne peut comprendre les événements géopolitiques sans avoir présent à l’esprit ce que le grand historien Fernand Braudel appelait l’histoire longue et qui renvoie en quelque sorte à l’aphorisme de Nietzsche selon lequel l’homme de l’avenir sera celui qui aura la plus longue mémoire.

    Si l’on refuse l’idée que la plupart des guerres, des coups d’État, des « révolutions de couleur » auxquels nous assistons relèvent d’une très ancienne vision du monde que j’appelle l’idéologie anglo-saxonne, on se trouve alors dans la situation d’un médecin traitant un cancer avec de l’aspirine.

    Qu’est-ce que l’idéologie anglo-saxonne ?

    C’est ce que Kipling a appelé Le Grand jeu lors de l’affrontement des empires russe et britannique dans ce qui n’était pas encore l’Afghanistan. Mais le Grand jeu c’était aussi l’éradication du catholicisme en Angleterre sous Cromwell, c’était la politique des William Pitt, père et fils, dans l’avènement de la Révolution française et de la prise de contrôle de la France après la défaite de Waterloo, c’était la politique impériale de Benjamin Disraeli, c’était la guerre du Japon contre la Russie en 1905 et la première révolution qui suivit, financée par les banques anglo-saxonnes, tout comme la révolution bolchevique de 1917, ce furent les deux guerres mondiales et ce jeu, car pour eux c’est un jeu, même s’il est souvent cruel, continue jusqu’à aujourd’hui avec l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, la Géorgie, l’Ukraine, le Yémen etc.

    Je n’aurai pas le temps en quelques minutes de vous résumer cinq siècles d’histoire européenne et a fortiori mondiale, aussi, je voudrais juste esquisser devant vous quelques pistes de réflexion afin que vous creusiez vous-même dans cette direction si vous l’estimez nécessaire.

    Le grand rêve de puissance et d’hégémonie mondiale de l’oligarchie anglaise est né, selon moi, au retour de l’expédition autour du monde du pirate Francis Drake le 26 septembre 1580 où la part du butin volé aux Espagnols et réservée à la reine Élisabeth représentait selon certaines sources une fois et demie le budget annuel du royaume. Francis Drake est probablement devenu après ses exploits le modèle à suivre et parmi ses nombreux admirateurs, un en particulier mérite d’être retenu, Walter Raleigh (cf. controverse de l’École de la nuit), car il est le premier, à avoir conceptualisé l’idée d’hégémonie anglo-saxonne sur le monde. En effet, ce gentilhomme, un peu pirate lui aussi, eut le temps d’écrire avant sa mort un ouvrage intitulé L’Histoire du monde et dans lequel il affirme : « Qui tient la mer tient le commerce du monde, qui tient le commerce tient la richesse, qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

    C’est là, à partir de cet exploit de piraterie exceptionnel qu’est née cette idée de parvenir à la suprématie mondiale par la puissance maritime et l’accaparement des richesses d’autrui.

    Mais ce qu’il faut bien comprendre – et c’est cela qui est véritablement révolutionnaire – c’est que cette idée s’est transmise de génération en génération à travers les siècles au sein des élites anglo-saxonnes notamment chez le Britannique Mackinder dont la formule maîtresse est « Qui tient l’Europe orientale tient le heartland, qui tient le heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde » – et qui s’est transformée chez l’Américain Spykman dans la formule plus ramassée « Qui contrôle le rimland gouverne l’Eurasie ; qui gouverne l’Eurasie contrôle les destinées du monde ».

    Ce qu’il faut retenir, c’est qu’à trois siècles de distance, ces trois personnages partagent tous l’idée de domination du monde et c’est là véritablement qu’il faut comprendre la nature profonde de cette idéologie.

    Mais alors en quoi cette idéologie anglo-saxonne serait-elle russophobe ?

    Elle n’est pas spécifiquement russophobe, elle a d’abord été francophobe, puis hispanophobe, puis à nouveau francophobe, puis germanophobe, mais il se trouve qu’après les défaites successives de l’Espagne à la fin du XVIIe siècle, de la France en 1815, des empires centraux en 1918 et du monde germanique en 1945, il ne reste plus qu’un protagoniste sur le continent eurasiatique à s’opposer aux Anglo-Saxons, et c’est le peuple russe.

    Voilà brièvement résumées, les causes profondes de la russophobie et tant que l’on n’a pas intégré cette vision de la longue histoire, on ne peut comprendre véritablement la nature des conflits qui sont en cours. Ces conflits sont des étapes, des épiphénomènes dans le Grand jeu de contrôle des destinées de l’humanité par la nomenklatura anglo-saxonne et la Russie est le dernier grand obstacle qui se dresse devant elle et voilà pourquoi elle doit disparaître. A n’importe quel prix.

    Et elle a bien failli disparaître en 1991 quand elle perdu un cinquième de son territoire et plus de 30 millions de ses concitoyens qui sont aujourd’hui, Kazakhes, Kirghizes, Ouzbeks ou Tadjiks. Elle a failli mourir aussi durant ces années 1990 où elle fut pillée et saccagée ignominieusement par des prédateurs travaillant en étroite relation avec la finance anglo-saxonne.

    Pour ceux qui voudraient un dessin explicite, je leur conseille de visiter l’académie Glazounov à Moscou où au premier étage se trouve un immense tableau de cet illustre peintre et résumant parfaitement le martyre que subi la Russie dans ces années terribles.

    russie 20181022

     

    Oui, je pense également que la fin de l’Union Soviétique a été la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle car elle a permis à l’Occident d’avancer jusqu’aux frontières de la Russie et même de mettre la main sur son cœur historique, la Rus’ de Kiev.

    À ce stade, que peut faire la Russie pour inverser le processus et mettre un terme à l’hégémonie totale de ceux qui veulent prendre en main les destinées du monde, car tout bien pesé, c’est bien de cela dont il s’agit : unipolaire ou multipolaire le monde de demain devra choisir et dans ce contexte d’antagonisme absolu, que pourra faire la Russie ?

    Et tout d’abord…

    Que veut faire la Russie ?

    Il peut paraître présomptueux, surtout ici, devant des citoyens russes, de poser cette question, mais si l’on se souvient de ce que disait Churchill lui-même à ce sujet, à savoir que « la Russie était un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme », il n’est peut-être pas inutile d’ouvrir la matriochka pour essayer de voir ce qu’il y a dedans.

    Je crois que la Russie a un rôle essentiel à jouer dans les années qui viennent pour restaurer un équilibre dans le monde mais c’est un message qui est difficile à faire passer car le tempérament russe est assurément peu porté à l’universel, du moins tel que le conçoivent les Français ou les Anglo-Saxons.

    Pourtant la Russie a déjà par deux fois dans son existence, proclamé sa vérité dans le monde. La première fois, c’était au nom de la Sainte Alliance quand le Tsar Alexandre 1er tentait d’élever une digue contre les idées destructrices de la Révolution française. La deuxième fois, et c’est un paradoxe, c’est au nom des idéaux de cette même Révolution française que les bolcheviques répandront sur la terre l’idéal prolétarien.

    On voit se dessiner en Russie, depuis le début des années 2000 une vision du monde multipolaire et qui semble vouloir s’afficher comme une altérité à l’idéologie occidentale.

    Pour bien comprendre la réorientation de la Russie en ce début de XXIe siècle, il faut relire le discours fondamental de Vladimir Poutine à Munich en février 2007 qui entend mettre un terme à l’unipolarité anglo-saxonne et qui réaffirme une certaine conception westphalienne d’équilibre du monde.

     

    Voilà ce que déclarait le Président de la Fédération de Russie : « J’estime que le monde unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (…) manquera de ressources militaro-politiques et économiques, mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur une base morale et éthique de la civilisation contemporaine. »

    Dans ce discours, Vladimir Poutine remettait également en cause la prétendue primauté du droit étasunien sur le droit international et dénonçait la volonté des États-Unis d’empiéter dans les domaines réservés des autres États, notamment à travers la sphère juridique.

    Mais contester le modèle occidental en lui opposant la multipolarité – qui n’est qu’un concept creux – n’est pas suffisant. Tant que l’économie et les institutions russes fonctionneront avec le moteur occidental de l’idéologie libérale, la Russie sera confrontée à une contradiction interne qui sera mortelle à terme.

    À l’idéologie des droits de l’homme, il faut opposer la primauté du droit des peuples.

    Au libéralisme égoïste et destructeur qui ne favorise que l’oligarchie mondiale, il faut opposer l’interventionnisme de l’État souverain protecteur des plus faibles.

    À la permissivité sans limite et à la destruction des valeurs fondamentales des sociétés humaines, il faut opposer la protection de la famille et des valeurs traditionnelles, y compris religieuses.

    Ces quelques exemples montrent bien que la nature de la guerre totale qui oppose aujourd’hui l’occident à la Russie est bien culturelle et idéologique avant d’être militaire et je redoute fort que les conflits chauds ou tièdes comme ceux de Syrie ou du Donbass et dans lesquels les Anglo-Saxons entraînent la Russie aujourd’hui, ne soient que des leurres pour dissimuler le cheval de Troie que jour après jour les occidentaux mettent en place dans tout l’espace de la CEI.

    Nous étions en Arménie la semaine dernière avec mon ami Jean-Michel Vernochet pour une série de conférences et de rencontres et nous avons pu mesurer la réalité de la présence étasunienne dans ce pays ex-soviétique où ils ont installé leur deuxième plus grande ambassade dans le monde aux confins de la Caspienne, de la Mer Noire et de la Méditerranée : Pas un programme culturel ou archéologique sans la présence du logo « USAID », pas un café qui n’arbore fièrement le sigle Coca-Cola et jusqu’à la Bibliothèque nationale d’Arménie qui abrite en son sein un « American Corner » où sont diffusées, entre autres, les œuvres de M. Brzezinski et de l’amiral Mahan. Même les Chinois sont présents à Erevan avec leur programme « China Aid ». Nous n’y avons pas vu de programme « Russia Aid » et dans ce pays qui comptait 100% de russophones il y a un quart de siècle, les jeunes générations ne parlent plus que l’anglais et dans moins d’un siècle, il n’y aura plus que quelques savants distingués qui parleront encore la langue de Pouchkine.

    Plus grave encore que ce que je viens de vous décrire en Arménie, est la reconnaissance de l’Église autocéphale d’Ukraine la semaine dernière par le patriarcat de Constantinople. Il s’agit là encore d’une catastrophe géopolitique ou géo-religieuse majeure pour le monde slave. À quoi sert de vaincre militairement le terrorisme manipulé par l’Occident en Syrie quand le monde orthodoxe est menacé d’un schisme majeur ?

    Je voudrais achever cette intervention en formulant le vœu que la Russie retrouve sa place, toute sa place dans le monde, notamment en reprenant la tête de file des pays non-alignés afin que se dresse contre la maladie occidentale une alliance de pays libres et souverains. La Russie pourrait proposer de remettre à jour la Charte de La Havane de 1948 et d’y entraîner tous les peuples qui veulent sortir de la spirale mortifère de l’idéologie anglo-saxonne. Quelques pays en Europe et dans le monde semblent aujourd’hui se réveiller et être prêts à sortir de l’état de vassalité et d’esclavage dans lequel ils sont plongés.

    La Russie non seulement s’honorerait à les y aider, mais ce faisant, j’en suis persuadé, elle se sauverait elle-même.

    Emmanuel Leroy

    Président de l’association humanitaire Urgence Enfants du Donbass

    Photo: La Rus’ : le point litigieux historique entre l’Ukraine et la Russie

    source:http://lesakerfrancophone.fr/russie-quelle-vision-pour-le-xxieme-siecle

    https://reseauinternational.net/russie-quelle-vision-pour-le-xxie-siecle/

     


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  • Thu Oct 11, 2018 3:21PM
    Le PM israélien, Benjamin Netanyahu, et le président français, Emmanuel Macron. ©AFP
    Le PM israélien, Benjamin Netanyahu, et le président français, Emmanuel Macron. ©AFP

    Incapable de défendre ses propres intérêts face à une Amérique qui lui impose taxes, sanctions extraterritoriales et frais d’entretien des troupes militaires, l’Europe s’acharne, impuissante, sur l’Iran.

    Ainsi le petit Royaume de Belgique vient d’accuser un diplomate iranien de tentative d’attentat contre le meeting du juin dernier à Villepinte des Moujahedines du peuple, une milice armée qui appelle à la guérilla en Iran et que la France accueille le plus tranquillement du monde sur son territoire. Une milice qui figurait jusqu’en 2009 sur la liste noire de l’UE et qui revendique des milliers d’assassinats aussi bien en Iran qu’en Irak.

    Seul hic : le dossier à charge que retient la Belgique contre le diplomate iranien ne contient aucune preuve digne de ce nom. Seulement quelques suppositions fournies à la police belge et à ses comparses français et allemand par le très fiable service du renseignement israélien, le Mossad ! La réaction iranienne n’a pas tardé : le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur allemand dont le pays, chose étrange, continue à résister du mieux qu’il peut au chantage US qui vise, comme on le sait, le commerce avec l’Iran. 

    Le diplomate Assadollah Assadi, en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne, avait été interpellé en Allemagne début juillet dans le cadre de l’enquête sur le prétendu projet d’attentat de Villepinte. Le mardi 9 octobre, l’intéressé a été remis à la Belgique qui n’a pas tardé à l’accuser, ouvrant ainsi la voie à son introduction en justice. La Belgique devient donc le deuxième pays européen pro-accord nucléaire à s’embrouiller avec l’Iran. Et ce n’est pas tout. 

    Peut-on croire en la bonne foi des autorités françaises quand elles disent vouloir préserver leurs relations avec l’Iran ?

    À peine une semaine après que la France a accusé l’Iran d’avoir tenté de mener des attentats terroristes sur son sol, quitte à geler les avoirs iraniens pour une durée de six mois, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, connu pourtant pour ses coups de colère anti-US et son indignation face à l’omnipotence économique de Washington, a pris la parole à Paris devant la Conférence des amis d’Israël et il a cru bon de lancer ceci : « Les États européens doivent soutenir Israël face à l’Iran. » Le Maire a également insisté sur le fait que Paris est contre le boycott des produits israéliens avant de souhaiter un renforcement des liens commerciaux avec Israël.

    Des propos de Le Maire, on croit comprendre ceci : défendre les intérêts israéliens face à l’Iran veut dire très clairement que la France, dirigée par le clan « Macron », cherche à s’impliquer davantage dans les conflits qui opposent Israël à l’axe de la Résistance : comme dans le cas de la destruction de l’Il-20 en Syrie où la participation française a été vaguement évoquée par des sources russes, mais tue par la suite pour cause de considérations géostratégiques. Défendre Israël face à l’Iran veut dire aussi que la France est prête, le cas échéant, à soutenir une action militaire israélienne contre l’axe de la Résistance en général et l’Iran en particulier. La France pourrait donc ainsi bombarder des « milices pro-iraniennes » en Irak, comme ne cesse de le promettre Netanyahu. 

    Reste à savoir dans quelle mesure un scénario aussi apocalyptique pourrait servir les intérêts du peuple français. Depuis que BP bénéficie, à la faveur du soutien US, des exemptions pour poursuivre ses activités dans le secteur du pétrole iranien, il devrait y avoir de nombreuse voix en France qui se demandent : pourquoi les Américains n’en ont-ils pas fait autant pour la France ? Cette question est aussi celle que se posent une bonne partie de l’opinion musulmane qui voit l’exécrable et aveugle alignement de la France sur Israël. À propos, le ministre Le Maire qui s’indignait il y a peu de la tyrannie économique des USA, vient de lancer : « Lorsque j’ai rencontré le Premier ministre Benyamin Netanyahu, nous avons convenu de doubler le volume des échanges commerciaux entre les deux pays. Cela signifie donc qu’il n’y aura pas de boycott français des produits israéliens », comme pour lancer un pied de nez à tous ces Français depuis si longtemps membres du mouvement BDS. 

    Le diplomate iranien en Allemagne est victime du complot des groupes terroristes, a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
     
     
     
    L'irresponsable, immature, impulsif, belliciste Macron pion d'USisraël, risque de mener directement à la guerre contre l'Iran, d'abord en Syrie et en Irak, puis à la confrontation avec la Russie; bref à la WW3 (3e guerre mondiale),
    eva R-sistons (Chantal Dupille)
     

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